Grande-Bretagne : débat sur le projet de loi du mariage gay

Un homme avec une pancarte "Liberté pour tous les types de relations" manifeste en faveur du mariage pour les couples homosexuels, le 24 mars 2013 à Londres [Ben Stansall / AFP/Archives] Un homme avec une pancarte "Liberté pour tous les types de relations" manifeste en faveur du mariage pour les couples homosexuels, le 24 mars 2013 à Londres [Ben Stansall / AFP/Archives]

Le projet de loi sur le mariage gay était de retour lundi devant le Parlement britannique où un amendement conservateur étendant le partenariat civil aux couples hétérosexuels pourrait retarder l'adoption définitive du texte et affaiblir le Premier ministre David Cameron.

Une première version du projet de loi du mariage gay avait été adoptée en février à la Chambre des Communes par 400 voix contre 175. Parmi les opposants figuraient 136 des 303 députés conservateurs.

Lundi plusieurs amendements devaient être débattus avant un nouveau vote mardi sur le projet de loi éventuellement amendé.

L'un des amendements, déposé par un député conservateur, vise à étendre aux couples hétérosexuels le partenariat civil jusqu'alors réservé aux couples homosexuels.

Selon les services du Premier ministre, cet "amendement destructeur" coûterait quatre milliards de livres (4,7 milliards d'euros) en pesant sur les retraites et retarderait de deux ans le vote d'une loi sur le mariage homosexuel.

"Il va également soulever un certain nombre de questions politiques fondamentales qui doivent être étudiées et discutées de façon approfondie", a mis en garde la ministre conservatrice de la Culture Maria Miller.

Cependant, il est susceptible de recevoir lundi non seulement le soutien des conservateurs opposés au mariage gay, qui y voient un moyen de retarder le projet de loi, mais aussi celui de l'opposition travailliste, pour une question d'égalité.

S'il était adopté, cela constituerait un nouveau camouflet pour David Cameron, déjà sous la pression de l'aile droite de son parti à propos de la question européenne.

"Loin d'être une mesure de destruction, mon amendement visant à élargir les partenariats civils aux hétérosexuels est soutenu par les principaux partisans du mariage homosexuel au sein du parti travailliste et des Libéraux-Démocrates", a fait valoir le député conservateur à l'origine de l'amendement.

Une femme manifeste contre le mariage pour les couples homosexuels, le 24 mars 2013 à Londres [Ben Stansall / AFP/Archives]
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Une femme manifeste contre le mariage pour les couples homosexuels, le 24 mars 2013 à Londres
 

Un sondage ComRes effectué auprès de 159 députés, tous partis confondus, a également conclu que 73% d'entre eux souhaitaient que les partenariats civils soient étendus aux couples hétérosexuels "par souci d'égalité", dans le cas où le mariage gay serait légalisé.

Le groupe de travail sur les questions d'égalité du parti travailliste, dirigé par Yvette Cooper, devrait ainsi voter en faveur de l'amendement.

Le parti d'opposition accuse en effet les conservateurs d'exagérer l'impact et le coût qu'aurait l'élargissement des partenariats civils.

Le vice-Premier ministre, le libéral-démocrate Nick Clegg, s'est, lui, déclaré favorable à l'extention du partenariat civil aux hétérosexuels mais il ne soutiendra pas des amendements visant à "faire dérailler le projet de loi" sur le mariage gay.

"Je vais faire ce que j'estime le mieux pour préserver le projet de loi et pour m'assurer qu'il n'est pas pris en otage par ceux dont les arrière-pensées sont en fait de discréditer ou de le faire dérailler", a-t-il dit.

Le mariage gay est une promesse de campagne des libéraux-démocrates qui participent à la coalition gouvernementale avec les conservateurs.

Le projet de loi prévoit de permettre à des couples de même sexe de se marier civilement. Il laissera aussi aux diverses confessions la possibilité de célébrer ou non des unions homosexuelles religieuses, à l'exception de l'Eglise anglicane majoritaire dans le pays, au sein de laquelle le mariage homosexuel restera illégal.

Il est à l'origine de vives dissensions au sein du parti conservateur tandis qu'une majorité de l'opinion publique l'approuve.

Le Premier ministre britannique David Cameron, le 10 mai 2013 dans un hélicoptère en Russie [Alexey Nikolsky / Ria Novosti/AFP/Archives]
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Le Premier ministre britannique David Cameron, le 10 mai 2013 dans un hélicoptère en Russie
 

Selon un sondage YouGov publié lundi, 54% des Britanniques lui sont favorables.

Le projet de loi sera soumis mardi au vote de la Chambre des Communes avant de retourner une dernière fois devant la Chambre des Lords (chambre haute du parlement) qui pourra également voter des amendements, entraînant un nouveau retour devant la chambre basse.

S'il adopte définitivement le projet de loi, le Royaume-Uni deviendrait le 15e pays dans le monde, après la France samedi, à légaliser le mariage des homosexuels.

Les couples homosexuels britanniques ont déjà les mêmes droits parentaux que les couples hétérosexuels: ils peuvent adopter depuis 2005 et recourir à la procréation médicalement assistée et à une mère porteuse, pourvu qu'elle ne soit pas rémunérée. Ils peuvent également s'unir civilement depuis 2005, dans le cadre d'un partenariat civil.

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