Le Premier ministre chinois pour "une confiance mutuelle" avec l'Inde

Le Premier ministre chinois, Li Keqiang et son homologue Manmohan Singh (d), le 20 mai 2013 à New Delhi [Roberto Schmidt / AFP] Le Premier ministre chinois, Li Keqiang et son homologue Manmohan Singh (d), le 20 mai 2013 à New Delhi [Roberto Schmidt / AFP]

Le Premier ministre chinois, Li Keqiang, a promis lundi de construire une "confiance mutuelle" avec l'Inde après un récent incident frontalier entre les deux géants asiatiques, en estimant que de bonnes relations bilatérales étaient la clé de la paix mondiale.

Arrivé dimanche dans la capitale indienne, Li a souligné que son choix de commencer par l'Inde son premier voyage à l'étranger révélait l'importance que Pékin accordait aux relations bilatérales.

"Ma visite a trois objectifs: la confiance mutuelle, une coopération renforcée et regarder vers l'avenir", a-t-il déclaré devant la presse, au côté de son homologue, Manmohan Singh.

"Sur la base d'une compréhension mutuelle plus profonde, nos deux pays peuvent approfondir notre compréhension mutuelle et construire un nouveau type de relations entre de grands pays, promouvoir un développement sain de la Chine et de l'Inde".

"Ce sera un réel bienfait pour l'Asie et le monde".

Le chef du gouvernement de la deuxième économie mondiale est arrivé à New Delhi quelques semaines après un regain de tension frontalière entre les deux pays, les Indiens accusant l'armée chinoise d'avoir pénétré le 15 avril dernier de près de 20 km dans un territoire qu'ils revendiquent dans l'Himalaya.

La "ligne de contrôle actuelle" (LAC) entre les deux puissances nucléaires n'a jamais été formellement délimitée, même si New Delhi et Pékin ont signé des accords pour maintenir la paix dans cette région, qui fut le théâtre d'une guerre éclair en 1962.

Sans mentionner directement les récentes tensions, Li a souligné que la coopération entre les deux pays les plus peuplés de la planète avait des conséquences mondiales: "La paix mondiale (...) ne peut être une réalité sans une confiance stratégique entre l'Inde et la Chine".

Le Premier ministre chinois, Li Keqiang et son homologue Manmohan Singh (d), le 20 mai 2013 à New Delhi [Roberto Schmidt / AFP]
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Le Premier ministre chinois, Li Keqiang et son homologue Manmohan Singh (d), le 20 mai 2013 à New Delhi
 

Les problèmes frontaliers empoisonnent depuis des années leurs relations.

En octobre 1962, l'armée indienne mal équipée fut humiliée en quatre semaines de combats le long de la frontière himalayenne, obligée de battre en retraite devant l'invasion des troupes chinoises avançant jusqu'aux plaines de l'Assam.

La Chine s'est ensuite retirée jusqu'à la frontière actuelle mais elle revendique toujours une grande partie de l'Etat indien de l'Arunachal Pradesh.

Au cours des 20 dernières années, la Chine et l'Inde ont tous deux connu un rapide développement mais la plus forte croissance économique de la Chine et son nouveau statut de puissance mondiale n'ont fait que renforcer les craintes indiennes liées à cette guerre éclair.

Depuis un quart de siècle, la question frontalière a fait l'objet de 14 cycles de négociations, en vain.

Après des discussions avec Manmohan Singh, Li devait rencontrer le ministre des Affaires étrangères, Salman Khurshid, et de hauts responsables du principal parti d'opposition, le Bharatiya Janata Party (BJP). Il se rendra mardi à Bombay, la capitale économique et financière de l'Inde.

La visite de Li a également pour but de doper les échanges entre ces deux pays, les plus peuplés de la planète, qui comptent à eux seuls pour plus d'un tiers de la population mondiale.

La Chine est devenue le deuxième partenaire commercial de l'Inde, avec des échanges estimés à 66,5 milliards de dollars l'an dernier, selon le vice-ministre chinois du Commerce Jiang Yaoping. Le but est de porter ce total à 100 milliards de dollars en 2015.

A titre de comparaison, les échanges entre la Chine et l'Union européenne se sont élevés l'an dernier à 546 milliards de dollars.

Pour son premier voyage à l'étranger depuis sa prise de fonctions en mars, le Premier ministre se rendra, après l'Inde, au Pakistan, allié traditionnel, et en Allemagne et en Suisse, où l'économie dominera les entretiens.

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