Argentine : l'ex-dictateur Videla, répudié jusque dans sa ville natale

Des représentants de différents partis politiques se retrouvent le 20 mai 2013 dans la ville de Mercedes pour discuter du devenir de la sépulture de Videla [Daniel Garcia / AFP] Des représentants de différents partis politiques se retrouvent le 20 mai 2013 dans la ville de Mercedes pour discuter du devenir de la sépulture de Videla [Daniel Garcia / AFP]

Le lieu de l'enterrement de l'ex-dictateur Jorge Videla reste un mystère et des habitants de sa ville natale, Mercedès, s'opposaient à sa sépulture dans ce bourg tranquille de la Pampa argentine.

"Qu'ils le jettent à la mer, comme il l'a fait lui-même", lance Ayelen Mainery, une vendeuse de 26 ans, en référence aux corps d'opposants à la dictature militaire largués depuis des avions dans le Rio de la Plata, le fleuve qui sépare l'Argentine de l'Uruguay.

Depuis sa mort vendredi, plusieurs lieux ont été cités pour accueillir sa dépouille: Mercedès, la ville de Pilar, qui concentre de nombreux cimetières privés et gardés, ou la province de San Luis, d'où est originaire la famille paternelle de Videla.

"On ne veut pas des restes de Videla soient enterrés à Mercedès. On ne veut pas que la ville soit un lieu de passage et de recueillement de la droite fasciste argentine et qu'il soit enterré à côté de ceux qui ont perdu la vie pendant sa dictature", s'emporte José Luis Pisano, secrétaire local du Parti socialiste.

La plupart des Argentins exècrent Jorge Videla, artisan de la pire répression politique qu'ait connu l'Argentine et condamné à la prison à vie pour les crimes commis durant la dictature la plus violente d'Amérique latine. La junte militaire qu'il a conduite au pouvoir a fait disparaître 30.000 personnes selon les organismes de défense des droits de l'homme, 7.000 à 8.000 selon Videla.

A l'entrée du cimetière de Mercedès, des pancartes ont été dressées ce weekend pour rendre hommage aux disparus de la dictature (1976-1983). Sur chaque pancarte apparaît le nom, le prénom et les circonstances de la disparition.

"Nous avons tellement souffert pendant la dictature, je n'aimerais pas qu'il soit (enterré) dans ma ville", dit avec émotion Aida Ibaldi, employée administrative de 55 ans.

Le mouvement de protestation a débuté sur les réseaux sociaux et s'est vite étendu à la population, attisé par les partis de gauche, dont le Front pour la victoire, au pouvoir.

 
 

Pour Marcelo Melo, un designer de 48 ans, "le mal est fait, le fait qu'il soit de Mercedès est une tâche indélébile, cela ne change rien qu'il soit inhumé ici".

Jorge Videla est mort vendredi matin sur les WC de sa cellule à l'âge de 87 ans, trois jours après sa dernière comparution devant la justice. Condamné à trois reprises, il a été privé de liberté pendant près de vingt ans, la moitié en prison, l'autre partie assigné à résidence.

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