Guatemala : condamnation de Rios Montt annulée

L'ancien président du Guatemala, Efrain Rios Montt, lors de son procès pour génocide, le 10 mai 2013 à Guatemala City [Johan Ordonez / AFP/Archives] L'ancien président du Guatemala, Efrain Rios Montt, lors de son procès pour génocide, le 10 mai 2013 à Guatemala City [Johan Ordonez / AFP/Archives]

La Cour constitutionnelle du Guatemala a annulé pour vice de procédure la condamnation historique de l'ex-dictateur Efrain Rios Montt, premier ancien autocrate latino-américain à avoir été reconnu coupable de génocide pour le massacre de communautés indiennes sous son régime (1982-1983).

Le 10 mai, M. Rios Montt, 86 ans, avait été reconnu coupable de génocide et crime contre l'humanité et condamné à un total de 80 ans de prison (50 pour le premier chef d'accusation, 30 pour le second).

Mais lundi en fin de journée, Martin Guzman, porte-parole de la Cour constitutionnelle (CC), a annoncé que "le jugement (était) annulé" à la suite d'un recours des avocats de M. Rios Montt pour vice de procédure.

Le tribunal qui l'a condamné avait refusé d'examiner une requête en récusation présentée par l'avocat de la défense, Francisco Garcia.

La décision annule toutes les étapes après l'interruption temporaire du procès le 19 avril pour vice de procédure, ainsi que la condamnation prononcée le 10 mai, sans pour autant mettre en cause la justification du procès et les témoignages.

La Cour constitutionnelle renvoie également l'accusé devant le tribunal qui l'a jugé, à une date non définie.

Politique de la terre brûlée

Le début du procès pour génocide le 19 mars avait été salué par les victimes de la dictature et les organisations mondiales de défense des droits de l'Homme comme une première victoire, en raison de la nature du chef d'accusation retenu.

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1982, en pleine guerre civile (1960-1996), M. Rios Montt est poursuivi pour sa responsabilité dans des massacres ayant causé la mort de 1.771 Indiens de l'ethnie maya des Ixiles dans le département de Quiche, dans le nord du Guatemala.

Des partisans d'Efrain Rios Montt réunis devant la Cour constitutionnelle, le 15 mai 2013 à Guatemala City [Johan Ordonez / AFP/Archives]
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Des partisans d'Efrain Rios Montt réunis devant la Cour constitutionnelle, le 15 mai 2013 à Guatemala City
 

Il a comparu avec son ancien chef du renseignement, Jose Rodriguez, qui,lui, a été acquitté, mais cette décision est également annulée.

La décision de la Cour constitutionnelle a été saluée par les partisans de l'ancien général, interné depuis une semaine à l'Hôpital Militaire, après avoir passé plus d'un an aux arrêts domiciliaires puis un week-end en prison après sa condamnation.

"Avec cette décision, ce sont tous les Guatémaltèques qui gagnent car le processus reprend son cours et les juges doivent émettre leurs décisions dans le respect de la Constitution et non pas au nom d'intérêt particuliers, idéologiques, dictés par des consignes internationales", a déclaré Me Moisés Galindo, un autre défenseur de M. Rios Montt.

A l'annonce de la décision de la CC, des dizaines de partisans de l'ancien dictateur se sont rassemblés aux abords de l'Hôpital Militaire.

"C'est une bonne nouvelle pour le pays parce que la CC a respecté le droit et demande à respecter la procédure", a expliqué Santiago Molina, président d'un organisme patronal.

Les associations de défense des droits l'Homme, parties civiles au procès, n'ont pas immédiatement réagi à cette annonce et devaient faire connaître leurs intentions mardi dans la journée.

La présidence de fait de M. Rios Montt a été l'une des périodes les plus sanglantes de la guerre civile au Guatemala, qui a fait selon l'ONU 200.000 morts et disparus en 36 ans.

Sous son régime, l'armée avait mené une politique de la terre brûlée contre les peuples autochtones, les accusant de soutenir les forces rebelles.

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