Combats acharnés à Qousseir

Bâtiments détruits par les combats le 23 mai 2013 à Qousseir [Sarkis Kassargian / AFP] Bâtiments détruits par les combats le 23 mai 2013 à Qousseir [Sarkis Kassargian / AFP]

Des combats sans merci se déroulaient samedi dans la ville syrienne de Qousseir, cible d'un assaut de l'armée épaulée par le Hezbollah libanais, alors qu'à Istanbul, l'opposition demandait des garanties avant d'accepter de négocier avec le régime.

Les chefs de la diplomatie américaine, russe et française doivent se rencontrer lundi à Paris pour préparer la conférence internationale visant à réunir autour d'une même table représentants du régime et de l'opposition, tandis que le même jour à Bruxelles, les Européens, profondément divisés, doivent discuter de la livraison d'armes aux rebelles syriens.

"Les combats et les bombardements, qui ont lieu samedi sur tous les axes à l'intérieur et à l'extérieur de Qousseir, sont les plus violents depuis le début de l'offensive", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un large réseau de militants et des sources médicales à travers le pays.

"La ville de Qousseir et les localités rebelles au nord de la ville comme Hamidiyé, l'ancien aéroport militaire de Dabaa et Aarjoune, sont soumises à de violents bombardements de la part des forces du régime qui utilisent des missiles sol-sol et l'aviation", a-t-il ajouté, en précisant qu'au moins cinq rebelles et deux civils avaient été tués samedi dans la ville.

Un combattant le 25 mai 2013 dans le quartier sunnite de Tripoli [Ghassan Sweidan / AFP]
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Un combattant le 25 mai 2013 dans le quartier sunnite de Tripoli
 

Selon M. Abdel Rahmane, la recrudescence des combats s'explique par le désir du Hezbollah de marquer des points avant le discours que doit prononcer dans la soirée son chef Hassan Nasrallah, à l'occasion du 13e anniversaire du retrait de l'armée israélienne du Liban-sud.

Pour Ghassan al-Azzi, professeur de sciences politiques à l'Université libanaise, "les Iraniens ont demandé au Hezbollah de s'engager une fois pour toute et de façon publique car cette guerre doit décider de l'avenir de l'alliance entre l'Iran et la Syrie et peut-être de toute la région".

"Le Hezbollah l'a fait, bien que ceci porte atteinte à son image au Liban et dans le monde arabe", a-t-il ajouté. Le mouvement chiite a dépêché 1.700 hommes pour la bataille de Qousseir, selon une source proche de l'organisation.

Le chef du mouvement chiite a été la cible des manifestants vendredi en Syrie. "Nasrallah, l'imposteur de la résistance", "Homs n'est pas Jérusalem", pouvait-on lire sur des pancartes, faisant allusion à la volonté affichée du Hezbollah de vouloir libérer Jérusalem. "Nos forces armées continuent de pourchasser les terroristes sur trois axes à Qousseir, à l'est, à l'ouest et au sud, et marquent un grand progrès en attaquant leurs repaires", a affirmé samedi la télévision syrienne.

Le contrôle de Qousseir est essentiel pour les rebelles, car cette ville de 25.000 habitants se trouve sur le principal point de passage des combattants et des armes en provenance et en direction du Liban. La ville est également stratégique pour le régime car elle est située sur la route reliant Damas au littoral, sa base arrière.

Ahmed Moaz al-Khatib, membre de la Coalition nationale de l'opposition, le 23 mai 2013 à Istanbul [Bulent Kilic / AFP]
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Ahmed Moaz al-Khatib, membre de la Coalition nationale de l'opposition, le 23 mai 2013 à Istanbul
 

Trois alliés de l'opposition, les Etats-Unis, la Turquie et le Qatar, ont demandé la tenue la semaine prochaine d'un débat au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU sur "les récentes tueries à Qousseir".

 

"Gestes de bonne volonté"

Si le régime a donné, selon la Russie, son "accord de principe" pour participer à la conférence internationale de paix dite "Genève 2", l'opposition est très hésitante à s'engager dans des négociations alors qu'elle est en perte de vitesse sur le terrain.

La Coalition de l'opposition syrienne a réclamé vendredi à Istanbul des "gestes de bonne volonté" du régime du président Bachar al-Assad.

"Nous voulons être sûrs que quand nous entrerons dans ces négociations, le bain de sang va s'arrêter en Syrie", a déclaré Khaled Saleh, un des porte-parole de la Coalition.

Photo fournie le 23 mai 22013 par l'agence syrienne SANA montrant Bachar al-Assad (G) entouré de dirigeants de partis tunisiens [- / AFP]
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Photo fournie le 23 mai 22013 par l'agence syrienne SANA montrant Bachar al-Assad (G) entouré de dirigeants de partis tunisiens
 

Malgré tout, les préparatifs de la conférence internationale se poursuivent. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le chef de la diplomatie française Laurent Fabius vont rencontrer lundi à Paris leur homologue russe Serguei Lavrov pour l'évoquer.

Lors d'un "dîner de travail", ils feront le point sur l'organisation de la conférence initiée par Washington et Moscou.

La rencontre interviendra après une réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'UE, qui doit se prononcer lundi sur une levée de l'embargo sur les armes à destination de l'opposition syrienne. Plusieurs pays, comme la Suède et l'Autriche, sont farouchement opposés à une telle décision.

Les Etats-Unis ont exprimé de leur côté leur inquiétude de voir le Liban entraîné dans le conflit syrien, après des violences entre partisans et opposants au régime syrien à Tripoli (nord), qui ont fait 28 morts en six jours.

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