Damas participera à Genève 2, Beyrouth entraînée dans le conflit syrien

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem (d), et son homologue irakien le 26 mai 2013 à Bagdad [Hadi Mizban / Pool/AFP]

Damas a annoncé dimanche son intention de participer à la conférence internationale dite "Genève-2" censée réunir l'opposition et le régime syriens pour tenter de mettre fin à une guerre sanglante dans laquelle le Liban est désormais entraîné.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a déclaré avoir fait part à l'Irak où il se trouve "de notre décision de principe de participer à la conférence internationale qui doit avoir lieu à Genève".

"Nous pensons que cette conférence internationale sera une bonne occasion de trouver une solution politique à la crise en Syrie", a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse, en allusion à "Genève-2", qui a été initiée par Washington et Moscou pour tenter de mettre fin au conflit, et devrait en principe se tenir en juin.

Vendredi, la Coalition nationale de l'opposition syrienne, réunie à Istanbul, avait réclamé des "gestes de bonne volonté" de la part du président Bachar al-Assad avant d'envisager sa participation.

Dans le même temps, la Russie, principal soutien du régime, avait affirmé avoir obtenu l'accord de principe de Damas pour une participation.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius (c), le 26 mai 2013 à Abou Dabi [Marwan Naamani / AFP]
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Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius (c), le 26 mai 2013 à Abou Dabi
 

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a exprimé dimanche l'espoir de faire avancer le projet de conférence internationale sur la Syrie.

"Je vais accueillir lundi soir mes homologues américain et russe et nous allons discuter" de la préparation de la conférence internationale, a déclaré M. Fabius à des journalistes.

"Il semble que du côté du régime de Bachar al-Assad certains noms ont été avancés" pour représenter Damas à la table des négociations, a-t-il ajouté, indiquant attendre que la Coalition de l'opposition syrienne, réunie à Istanbul, "puisse faire de même".

Entre-temps, le Liban se retrouve de plus en plus entraîné dans la guerre en Syrie où le Hezbollah libanais s'est engagé depuis une semaine aux côtés des troupes du régime lors des combats pour reprendre la ville stratégique de Qousseir (ouest).

Ainsi, deux roquettes ont visé dimanche matin la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, faisant quatre blessés, selon une source de sécurité.

Véhicules détruits par des roquettes le 26 mai 2013 à Chiah dans la banlieue de Beyrouth [Anwar Amro / AFP]
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Véhicules détruits par des roquettes le 26 mai 2013 à Chiah dans la banlieue de Beyrouth
 

Une des roquettes a touché le parc d'un vendeur de voitures, blessant quatre ouvriers syriens, selon cette source, tandis que l'autre a atteint un appartement sans faire de victime, selon un photographe de l'AFP sur place.

"Cet incident est probablement lié au conflit syrien", a affirmé la source de sécurité.

"Les auteurs de cette attaque sont des terroristes et des vandales qui ne veulent pas la paix et la stabilité pour le Liban", a dénoncé le président libanais Michel Sleimane dans un communiqué.

Le ministre de l'Intérieur, Marwan Charbel, s'est immédiatement rendu sur les lieux, où il a dénoncé "un acte de sabotage visant à créer la zizanie".

Samedi, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait assuré que le Hezbollah se devait d'intervenir en Syrie car elle est "la protection arrière de la résistance" et "la résistance ne peut rester les bras croisés quand sa protection arrière est exposée".

Capture d'écran de la TV al-Manar montrant Hassan Nasrallah, pendant son discours le 25 mai 2013 [- / AFP]
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Capture d'écran de la TV al-Manar montrant Hassan Nasrallah, pendant son discours le 25 mai 2013
 

Des experts estiment que le Hezbollah libanais s'est investi totalement dans la guerre en Syrie à la demande de son mentor iranien qui veut maintenir M. Assad au pouvoir, mais soulignent que cet engagement ternit son image dans le monde arabe.

 

Combats à Tripoli

A Tripoli, la grande ville du nord du Liban, les combats entre partisans et opposants au président syrien Bachar al-Assad se sont poursuivis dans la nuit de samedi à dimanche. En six jours, 31 personnes, dont trois soldats, ont trouvé la mort dans ces affrontements, selon une source de sécurité libanaise.

Le Liban est profondément divisé entre les partisans du régime syrien et le camp hostile à Damas, ancienne puissance de tutelle.

Le Koweït a appelé dimanche ses ressortissants à éviter de se rendre au Liban et ceux qui s'y trouvent à quitter au plus vite ce pays.

A Istanbul, la réunion de la Coalition nationale de l'opposition syrienne, prévue jusqu'à samedi pour débattre en particulier de l'éventuelle conférence de "Genève-2", a été prolongée d'une journée.

 
 

Sur le terrain, 22 combattants du Hezbollah ont été tués samedi dans les combats à Qousseir, a affirmé dimanche une source proche du mouvement chiite.

Pour sa part, l'armée syrienne a annoncé avoir pénétré samedi dans l'aéroport militaire de Dabaa, une position rebelle clé au nord de Qousseir.

Sur sa page Facebook, la Tansikiyat (comité de coordination sur le terrain) de Qousseir a appelé à l'aide: "Si Qousseir tombe, nous ne nous relèverons plus. Aidez-nous, envoyez-nous de l'argent, de la nourriture et des médicaments".

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