Cambodge: le premier ministre veut une loi contre le révisionnisme sur les Khmers rouges

Le premier ministre cambodgien Hun Sen, à Bandar Seri Begawan, dans le sultanat de Brunei, le 25 avril 2013 [Philippe Lopez / AFP/Archives] Le premier ministre cambodgien Hun Sen, à Bandar Seri Begawan, dans le sultanat de Brunei, le 25 avril 2013 [Philippe Lopez / AFP/Archives]

L'homme fort du Cambodge Hun Sen a appelé de ses voeux lundi une loi interdisant la négation des crimes commis par les Khmers rouges, sous lesquels jusqu'à deux millions de personnes sont mortes dans les années 70.

"Cela semble urgent (...). Je voudrais appeler les membres du parlement (...) à écrire une loi comme il en existe en Europe" sur la shoah, a-t-il déclaré lors d'une cérémonie à Phnom Penh. "En Europe, quiconque déclare que Hitler n'a tué personne est poursuivi".

Le Premier ministre, lui-même un ancien Khmer rouge qui avait fait défection, a jugé le texte nécessaire pour "s'assurer que le régime ne reviendrait pas et que quiconque affirme qu'il n'y a pas eu de régime génocidaire soit poursuivi".

Jusqu'à deux millions de personnes sont mortes d'épuisement, de maladie, sous la torture ou au gré des exécutions sous le régime marxiste totalitaire de Pol Pot (1975-79), qui a tenté de mettre en place une utopie agraire en abolissant les villes, la médecine, la monnaie, l'éducation.

Dans un enregistrement posté sur un site gouvernemental, un député de l'opposition affirme semble-t-il que la prison de Tuol Sleng, dont le directeur a été condamné à la perpétuité par le tribunal international de Phnom Penh, n'a jamais existé.

Le site, devenu un musée des crimes khmers rouges, est selon lui une invention des Vietnamiens qui ont renversé le régime.

L'homme politique n'a pu être joint par l'AFP mais sa formation, le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), a affirmé que les propos de son cadre avaient été sortis de leur contexte à des fins politiques.

"Lui même et sa famille sont aussi des victimes du régime des Khmers rouges", a précisé le parti dans un communiqué.

Chum Mey, un des rares survivants de Tuol Sleng, a pour sa part jugé que ces propos insultaient l'âme des morts. "Nous demandons que Kem Sokha vienne à Tuol Sleng pour s'excuser", a ajouté cet homme de 83 ans.

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