Liberty Reserve accusé de blanchiment massif

Vue prise le 25 février 2013 du tribunal fédéral de Manhattan, à New York [Stan Honda / AFP/Archives] Vue prise le 25 février 2013 du tribunal fédéral de Manhattan, à New York [Stan Honda / AFP/Archives]

La justice new-yorkaise a annoncé mardi la mise en accusation de l'émetteur de monnaie numérique Liberty Reserve et de sept de ses responsables, accusés d'avoir blanchi six milliards de dollars, à l'issue de ce qui pourrait être la plus vaste enquête internationale jamais menée en matière de blanchiment d'argent.

Installée au Costa Rica, Liberty Reserve, créée en 2006, était une plateforme de paiement électronique utilisant la monnaie numérique du même nom (LR), permettant à tout individu ayant accès à internet d'envoyer et de recevoir de l'argent de/à n'importe qui, n'importe où dans le monde, en dehors de toute réglementation.

Cinq personnes ont été arrêtées vendredi dernier en Espagne, au Costa Rica et à Brooklyn (New York), et sept sont mises en accusation à New York, dont le fondateur de la plateforme Arthur Budovsky, selon le procureur de Manhattan Preet Bharara.

Elles sont accusées d'avoir dirigé un "programme de blanchiment de 6 milliards de dollars (...) Liberty Reserve aurait mené au moins 55 millions de transactions illégales pour plus d'un million d'usagers dans le monde entier", dont 200.000 aux Etats-Unis, a-t-il précisé dans un communiqué.

Le procureur de Manhattan, Preet Bharara, pris en photo le 7 mai 2013 à New York [John Moore / Getty Images/AFP/Archives]
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Le procureur de Manhattan, Preet Bharara, pris en photo le 7 mai 2013 à New York
 

Les transactions étaient "anonymes et impossibles à tracer", les identités n'étaient pas vérifiées, selon l'acte d'accusation. Et "Liberty Reserve était devenue la plaque tournante financière de la cybercriminalité, facilitant un grand nombre d'activités criminelles en ligne, dont les fraudes à la carte bancaire, les vols d'identité, les investissements frauduleux, le piratage informatique, la pornographie infantile et les trafic de drogue".

Pour ajouter à l'opacité, les utilisateurs de la plateforme ne pouvaient pas y virer directement des fonds, mais devaient passer par un "tiers", baptisé "changeur", selon l'acte de mise en accusation.

Utilisé dans de nombreux pays

Liberty Reserve, dont les services étaient utilisés dans de nombreux pays dont le Vietnam, le Nigeria, la Chine et les Etats-Unis, prenait en honoraires 1% des transferts faits en LR.

Son fondateur, aussi connu sous les noms d'Arthur Belanchuk et Eric Paltz, avait déjà été condamné en 2006 à New York pour avoir tenté de lancer une opération similaire, "Gold age". Il avait en 2011 renoncé à sa nationalité américaine pour devenir Costaricien, "afin d'échapper aux lois américaines", selon l'acte d'accusation.

Vue prise le 25 février 2013 du tribunal fédéral de Manhattan, à New York [Stan Honda / AFP/Archives]
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Vue prise le 25 février 2013 du tribunal fédéral de Manhattan, à New York
 

Parmi les personnes inculpées figure aussi le co-fondateur de Liberty Reserve, Vladimir Kats, alias Ragnar, qui en était parti en 2009 suite à une dispute avec Budovsky, et Ahmed Yassine Abdelghani, alias Alex, qui gérait les opérations de Liberty Reserve au jour le jour jusqu'en 2009, avant d'en partir lui aussi en raison d'une dispute.

Il avait alors été remplacé par Allan Esteban Hidalgo Jimenez, alias Allan Garcia, également inculpé.

L'enquête, a encore poursuivi le procureur Preet Bharara, a impliqué les forces de l'ordre dans 17 pays et serait "la plus grande enquête internationale jamais menée en termes de blanchiment d'argent".

Les autorités ont également saisi cinq noms de domaine, dont celui de Liberty Reserve et de quatre sites "changeurs" contrôlés par certains des accusés. En outre, 45 comptes bancaires ont également été saisis ou gelés.

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