Syrie : les rebelles veulent des armes rapidement

Des rebelles syriens combattent le 27 mai 2013 à Alep [Ricardo Garcia Vilanova / AFP] Des rebelles syriens combattent le 27 mai 2013 à Alep [Ricardo Garcia Vilanova / AFP]

Les rebelles syriens ont accueilli mardi avec circonspection la décision de l'UE de lever l'embargo sur les armes, jugeant cette décision trop tardive, alors que le conflit montre des signes de contagion, notamment au Liban voisin.

De son côté, Moscou a justifié les livraisons prévues de systèmes sol-air sophistiqués S-300 au régime syrien en estimant que ces missiles russes sont un facteur de "stabilisation" voué à dissuader toute velléité d'intervention extérieure dans le conflit.

Mais Israël a immédiatement averti qu'il réagirait en cas de livraisons de ces missiles. "Si par malheur, ils (les S-300) arrivent en Syrie, nous saurons quoi faire", a affirmé le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon. Israël a mené début mai deux raids aériens sur des cibles militaires près de Damas disant vouloir empêcher un transfert d'armes au Hezbollah, mouvement libanais proche de Damas, et ennemi juré d'Israël.

La Russie et les Etats-Unis peinent à organiser une conférence internationale censée réunir régime et opposition en juin à Genève et le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a d'ores et déjà prévenu que son organisation ne "sera pas une mince affaire".

Sur le terrain, le conflit ne connaît aucun répit notamment autour de la ville stratégique de Qousseir, près de la frontière nord du Liban, que les forces du régime tentent de reconquérir. Les violents affrontements ont fait "des dizaines de tués parmi les terroristes d'al-Nosra" rapporte un quotidien proche du pouvoir syrien, en référence au Front jihadiste al-Nosra.

Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU va se pencher mercredi sur un projet de résolution condamnant "l'intervention de combattants étrangers" à Qousseir, un texte déposé par les Etats-Unis, la Turquie et le Qatar, et qui vise notamment le Hezbollah libanais, sans le nommer.

Des rebelles syriens installent une bombe, le 27 mai 2013 à Alep [Ricardo Garcia Vilanova / AFP]
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Des rebelles syriens installent une bombe, le 27 mai 2013 à Alep
 

Dans un contexte d'enlisement du conflit, qui a déjà fait plus de 94.000 morts depuis mars 2011 selon une ONG, l'Union européenne a décidé de lever l'embargo sur les armes pour les rebelles syriens, mais aucun pays n'a l'intention d'en envoyer à ce stade pour ne pas mettre en danger l'initiative de paix russo-américaine.

"L'UE a décidé de mettre fin à l'embargo sur les armes pour l'opposition syrienne et de maintenir les autres sanctions contre le régime syrien", a annoncé le ministre britannique William Hague dans la nuit à l'issue d'une réunion marathon.

"C'est une levée théorique de l'embargo. Concrètement, il n'y aura pas de décision de livraison avant au minimum le 1e août", a indiqué un haut responsable français, ayant requis l'anonymat.

Pour Moscou, allié du régime syrien, cette décision "porte un préjudice direct à la possibilité d'organiser une conférence internationale".

Istanbul a salué la levée de l'embargo, mais pour les rebelles cette décision, bien que positive, risque d'être trop tardive.

"Il s'agit certainement d'un pas positif mais nous craignons qu'il ne soit insuffisant et qu'il n'intervienne trop tard", a déclaré à l'AFP Louay Safi, un porte-parole de la Coalition nationale de l'opposition syrienne réunie à Istanbul.

Le Hezbollah libanais massivement impliqué

"On espère que ce sera une décision effective et non pas des paroles", a de son côté souhaité un porte-parole du commandement militaire supérieur de l'Armée syrienne libre (ASL), la principale formation de la Coalition, Kassem Saadeddine.

Alors que les craintes d'un débordement régional du conflit syrien sont de plus en plus vives, au Liban, trois militaires libanais ont été tués dans la nuit par des hommes armés à l'entrée d'Aarsal (est), une localité proche de la frontière avec la Syrie et favorable à la rébellion, a indiqué l'armée libanaise.

Le Liban subit le contre-coup de la guerre qui ravage son ancienne puissance de tutelle alors que le Hezbollah libanais est impliqué massivement dans les combats au côté du régime syrien.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry (d) et le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, le 27 mai 2013 à Paris [Frederic de la Mure / Pool/AFP]
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Le secrétaire d'Etat américain John Kerry (d) et le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, le 27 mai 2013 à Paris
 

Sur le plan diplomatique, Russes et Américains peinent à organiser la conférence dite de "Genève-2" prévue en juin afin de trouver un règlement politique au conflit.

De la composition des délégations syriennes à la liste des invités, en passant par le sort de Bachar al-Assad: l'organisation achoppe sur de nombreux désaccords.

Moscou souhaite de longue date que l'Iran, soutien du régime de Damas, participe aux négociations, ce que les Occidentaux refusent.

Un haut responsable du ministère français des Affaires étrangères a effectué une brève visite à Téhéran lundi pour discuter des "solutions" au conflit en Syrie.

L'Iran a annoncé accueillir mercredi d'une "conférence internationale" pour trouver une "solution politique" au conflit en Syrie.

Entre-temps, le sénateur américain républicain John McCain a rencontré lundi des chefs rebelles en Syrie qui ont demandé un plus grand soutien des Etats-Unis, notamment des armes lourdes et une zone d'exclusion aérienne, selon le site The Daily Beast.

La Maison Blanche s'est jusqu'ici refusée à franchir le pas de l'assistance létale alors que l'utilisation d'armes chimiques fait l'objet de soupçons depuis quelques semaines dans plusieurs endroits de Syrie, mais n'a pas été formellement prouvée.

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