90 Afghans détenus par les forces britanniques en Afghanistan

Le Premier ministre britannique David Cameron sur la base militaire de Camp Bastion en Afghanistan, le 4 juillet 2011 [Lefteris Pitarakis / Pool/AFP/Archives] Le Premier ministre britannique David Cameron sur la base militaire de Camp Bastion en Afghanistan, le 4 juillet 2011 [Lefteris Pitarakis / Pool/AFP/Archives]

Le gouvernement britannique a reconnu mercredi que quelque 90 Afghans, soupçonnés pour certains d'avoir "tué des soldats britanniques", étaient emprisonnés depuis des mois sur une base britannique en Afghanistan, tout en assurant que ces détentions étaient légitimes.

Cette mise au point intervient au moment où des avocats britanniques, représentant certains de ces détenus, ont saisi la justice à Londres pour qu'elle statue sur la légalité de ces détentions "totalement inconstitutionnelles", selon eux. Ils assurent que leurs clients sont "détenus sans avoir été inculpés".

Interrogé par la BBC qui a révélé l'affaire, le ministre de la Défense Philippe Hammond a évalué à "autour de 80-90" le nombre des Afghans détenus à Camp Bastion, la plus importante base militaire britannique en Afghanistan, située dans la province du Helmand (sud). Mais il a jugé "totalement ridicule" de dire qu'il s'agissait d'"un lieu de détention secret".

La base militaire britannique de Camp Bastion en Afghanistan, le 7 décembre 2010 [Leon Neal / Pool/AFP/Archives]
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La base militaire britannique de Camp Bastion en Afghanistan, le 7 décembre 2010
 

"La plupart (de ces prisonniers) sont soupçonnés d'avoir tué des soldats britanniques ou d'avoir préparé, facilité ou procédé à l'installation de bombes artisanales", a ensuite précisé son ministère.

"Ils sont détenus en attendant leur remise aux autorités afghanes pour un complément d'enquête, préalable à des poursuites", a-t-il poursuivi.

Selon les autorités britanniques, leur transfert a été stoppé en novembre en raison d'"un risque de mauvais traitement des détenus".

Le ministère de la Défense a expliqué travailler actuellement avec les autorités locales pour trouver "un moyen sûr de remettre ces détenus à la justice afghane".

Selon lui, les forces britanniques en Afghanistan ont le droit de garder en prison des suspects pendant 96 heures, une durée qui peut être prolongée dans certains "circonstances exceptionnelles".

Le "centre de détention provisoire" de Camp Bastion est "régulièrement inspecté" par la Croix-Rouge et il a été visité par une délégation parlementaire britannique qui a tenu informé le Parlement cette année, assure-t-il également.

Des soldats sur base militaire britannique de Camp Bastion en Afghanistan, le 10 mars 2010 [Behrouz Mehri / AFP/Archives]
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Des soldats sur base militaire britannique de Camp Bastion en Afghanistan, le 10 mars 2010
 

"Nos clients sont détenus depuis huit à 14 mois, sans avoir été inculpés et sans avoir accès à un avocat, en violation du droit britannique et international", affirme pour sa part le cabinet d'avocats Public Interest qui représente huit de ces détenus et qui a saisi la Haute-Cour de justice de Londres.

"C'est un centre de détention secret qui a été utilisé pour détenir illégalement ou interner jusqu'à 85 Afghans dont nul n'avait connaissance", a assuré Me Phil Shine, estimant que cette affaire n'était pas sans rappeler celle de la prison militaire américaine de Guantanamo.

Ces avocats "demandent à la justice de nous ordonner de relâcher ces gens, de les renvoyer sur le champ de bataille de telle sorte qu'ils puissent poursuivre les activités qui les ont conduits en prison, mettant la vie des soldats britanniques et de l'Isaf (la force internationale de l'Otan) en danger", a répondu M. Hammond.

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