Afghanistan: assaut contre le QG du gouverneur du Panchir, 7 morts

Le siège du gouverneur du Panchir dans la ville de Bazark, le 29 mai 2013, attaqué par des talibans dont six ont été tués [Shah Marai / AFP] Le siège du gouverneur du Panchir dans la ville de Bazark, le 29 mai 2013, attaqué par des talibans dont six ont été tués [Shah Marai / AFP]

Six insurgés et un policier afghans ont été tués mercredi avant l'aube dans une attaque très symbolique contre le siège du gouverneur de la province du Panchir, fief historique de la résistance contre les talibans largement épargné jusqu'ici par les violences.

Six insurgés talibans vêtus en uniforme de police ont fait irruption vers 4H00 dans les bureaux du gouverneur à Bazarak, capitale provinciale sise à environ 90 km au nord de Kaboul. Cinq d'entre eux ont été abattus au terme d'un affrontement armé d'une heure avec la police et le sixième s'est fait exploser, tuant un policier, a déclaré à l'AFP Abdul Kabir Waseq, porte-parole du gouverneur.

Une voiture bourrée d'explosifs a été retrouvée sur les lieux avant qu'elle n'explose, selon la même source.

Les corps de quatre des assaillants étaient exposés dans la matinée devant le bâtiment en grande partie incendié, selon un photographe de l'AFP sur place.

Seuls des gardes de sécurité se trouvaient sur les lieux au moment de cette attaque nocturne, revendiquée par les talibans, dans une région montagneuse considérée comme l'une des plus stables d'Afghanistan.

Le mouvement essentiellement pachtoune des talibans n'est jamais parvenu à s'emparer de cette région du Panchir peuplée majoritairement de Tadjiks, même lorsqu'il était au pouvoir à Kaboul de 1996 à 2001.

Le fief de Massoud

Cette région était le fief du commandant Ahmed Shah Massoud, le "lion du Panchir", l'une des figures de proue de la résistance contre l'invasion soviétique (1979-1989) puis contre les intégristes talibans, assassiné en septembre 2001 par al-Qaïda.

La vallée du Panchir, dont l'entrée est placée sous étroite surveillance par des policiers, a connu sa première attaque suicide en octobre 2011. Quatre kamikazes avaient alors attaqué une petite base de l'Otan, tuant deux chauffeurs afghans.

L'attaque de mercredi intervient moins d'une semaine après celle menée en plein coeur de Kaboul contre le complexe d'une organisation internationale qui a fait au total sept morts, dont quatre insurgés talibans.

Les talibans avaient par ailleurs tué il y a dix jours dans un attentat suicide le chef du Conseil provincial de Baghlan, province voisine du Panchir, ainsi que 13 autres personnes.

Depuis le début du mois et de leur "offensive du printemps", les insurgés ont multiplié les attaques à travers le pays, causant la mort de 19 militaires de la force internationale de l'Otan (Isaf), pour la plupart Américains, et de dizaines d'Afghans.

L'essentiel de la force de l'Otan doit être rapatrié fin 2014, la même année où doit se dérouler, en avril, un scrutin présidentiel pour choisir un successeur à Hamid Karzaï qui ne peut briguer un troisième mandat selon la constitution.

Certains pays comme les Etats-Unis et l'Allemagne ont affiché leur intention de maintenir une présence militaire en Afghanistan après 2014.

Les talibans ont affirmé à maintes reprises que le retrait total des troupes étrangères était une condition sine qua non à des négociations de paix.

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