Des musulmans fuient les violences religieuses en Birmanie

Des soldats aident des familles musulmanes qui se réfugient dans un monastère le 30 mai 2013 à Lashio, en Birmanie [Ye Aung Thu / AFP] Des soldats aident des familles musulmanes qui se réfugient dans un monastère le 30 mai 2013 à Lashio, en Birmanie [Ye Aung Thu / AFP]

De nombreux soldats patrouillaient jeudi les rues de Lashio, une ville du nord-est de la Birmanie après deux jours de violences entre bouddhistes et musulmans, dont des centaines ont fui leurs habitations pour se réfugier dans un monastère.

"L'armée est désormais chargée de la sécurité ici", a déclaré un responsable du ministère de l'Information, Nang Hsai Li Kham, ajoutant que la situation était "calme" après deux jours de violences, qui ont fait au moins un mort.

"Quelques personnes faisaient le tour de la ville hier avec des couteaux et des bâtons, sur les mobylettes. Il n'y a rien de tout ça aujourd'hui. Les forces de sécurité ont été déployées partout", a-t-il ajouté.

Des magasins étaient à nouveau ouverts jeudi et la ville paraissait calme, selon un journaliste de l'AFP.

Pendant deux jours, Lashio, capitale de l'Etat shan, a été le théâtre d'une nouvelle flambée de violences entre bouddhistes et musulmans, causant un mort et cinq blessés, selon un bilan du gouvernement.

Un homme commence à déblayer un marché brûlé lors de violences religieuses à Lashio, le 30 mai 2013 [Ye Aung Thu / AFP]
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Un homme commence à déblayer un marché brûlé lors de violences religieuses à Lashio, le 30 mai 2013
 

Quelque 300 musulmans ont fui leurs habitations et se sont réfugiés dans un monastère de la ville, sous la protection de la police et de l'armée.

Win Ko, un vendeur de légumes de 32 ans, a déclaré que les six membres de sa famille, dont trois enfants, avaient été escortés vers ce bâtiment jeudi matin après la destruction de leur logement dans les violences.

"Ils ont attaqué tous les hommes musulmans qu'ils croisaient, avec des bâtons et des couteaux", a-t-il raconté à l'AFP. Sa famille s'est cachée chez un voisin d'origine chinoise lorsqu'elle a entendu la foule arriver dans la rue. Certains des attaquants portaient le vêtement des moines bouddhistes, a-t-il dit.

Selon lui, quelques uns de ses voisins bouddhistes montraient aux émeutiers les maisons habitées par des musulmans dans ce quartier peuplé de plusieurs ethnies. "J'ai vu nos voisins musulmans, un couple de personnes âgées, battus lorsqu'ils tentaient de s'échapper avec leur voiture", a ajouté le jeune homme.

Un responsable des secours, Kyaw Kyaw Tun, a indiqué que des musulmans avaient été escortés jusqu'au monastère "pour éviter de nouveaux affrontements". Il n'a pas précisé ce qui avait été prévu pour la suite.

Des familles musulmanes ont trouvé refuge dans un monastère le 30 mai 2013 à Lashio, en Birmanie [Ye Aung Thu / AFP]
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Des familles musulmanes ont trouvé refuge dans un monastère le 30 mai 2013 à Lashio, en Birmanie
 

Les forces de l'ordre avaient été accusées de réagir trop lentement lors des précédents affrontements inter-religieux, qui se sont déroulés à plusieurs reprises depuis un an.

A Lashio, trois bâtiments religieux (dont au moins une mosquée), des dizaines de magasins et plusieurs maisons ont été incendiés, selon le journal officiel anglophone New Light of Myanmar.

Le détonateur des émeutes - une attaque contre une femme bouddhiste - était un acte criminel et n'avait rien à voir avec la religion, a ajouté le quotidien. Selon la police birmane, neuf personnes ont été arrêtées.

Le pays est en proie à des tensions islamophobes de plus en plus graves au fur et à mesure que les réformes politiques libèrent la société d'un demi-siècle de dictature militaire.

En 2012, dans l'ouest, des affrontements entre bouddhistes de l'ethnie rakhine et musulmans de la minorité apatride des Rohingyas avaient fait environ 200 morts et provoqué le déplacement de 140.000 personnes.

 
 

Des événements qui ont mis en lumière une islamophobie latente dans un pays majoritairement bouddhiste où vivent officiellement 4% de musulmans, et dont le pouvoir a été accusé par des organisations étrangères d'agir trop lentement face aux émeutiers, voire de laisser faire.

Les violences de Lashio semblaient cependant concerner les deux communautés.

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