Hollande reçoit Mekel pour l'adoption d'une motion sur la croissance et l'emploi

Angela Merkel et François Hollande le 22 mai 2013 à Bruxelles [Bertrand Langlois / AFP/Archives] Angela Merkel et François Hollande le 22 mai 2013 à Bruxelles [Bertrand Langlois / AFP/Archives]

La chancelière allemande Angela Merkel est attendue jeudi à Paris pour l'adoption d'une motion franco-allemande sur la croissance et l'emploi, toute première contribution formelle des deux capitales à un sommet européen depuis l'élection de François Hollande.

Le sommet des 27 et 28 juin portera sur les questions économiques, la croissance, la compétitivité et l'emploi et tout particulièrement l'emploi des jeunes. Et, dans cette perspective, la contribution de Paris et de Berlin sera rendue publique avant d'être soumise aux 25 autres capitales européennes.

Sur le chômage des jeunes qui frappe plus de la moitié d'entre eux en Espagne ou en Grèce et près d'un quart en France, François Hollande a donné dès mardi le coup d'envoi d'une initiative franco-allemande que les Vingt-Sept devraient parachever lors de ce même sommet. Elle sera officiellement lancée dans la foulée à Berlin, le 3 juillet, par une réunion des ministres du Travail européens présidée par la chancelière allemande, en présence du président français.

En attendant, Angela Merkel et François Hollande se retrouvent ce jeudi pour une visite de travail au programme particulièrement chargé. A 15H30, les deux dirigeants ont rendez-vous au Louvre. Ils y visiteront l'exposition "De l'Allemagne, 1800-1939". Celle-ci a suscité une vive polémique lancée par deux grands organes de presse allemands qui ont dénoncé une vision réductrice, établissant un lien direct avec l'émergence du national-socialisme.

Le Louvre "a bricolé sa propre histoire de l'Allemagne, et cette histoire confirme tous les clichés du voisin sombre et romantico-dangereux", a ainsi pesté le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ).

Dans la foulée, Angela Merkel et François Hollande s'entretiendront à l'Elysée pendant une heure avant de se voir remettre officiellement un rapport très attendu "sur la compétitivité et la croissance" en Europe, signé de deux grands industriels, Jean-Louis Beffa, président d'honneur de Saint-Gobain, et Gerhard Cromme, président du conseil de surveillance de Siemens.

La journée se poursuivra avec une conférence de presse et un dîner de travail.

A Paris, on jure ses grands dieux que les "éventuelles tensions, distances ou froid dans la relation franco-allemande" évoqués par la presse ne sont qu'un "écho artificiel" et que le baromètre de la relation est "stable".

"Quand l'Allemagne et la France ne sont pas d'accord, vous vous interrogez et quand l'Allemagne et la France sont d'accord, vous vous inquiétez, je ne sais pas comment faire", avait lui-même plaisanté François Hollande lors d'une conférence de presse mardi à l'Elysée. "L'essentiel est que sur ces questions-là, nous puissions, la France et l'Allemagne, avancer ensemble" pour "mobiliser l'ensemble des Européens", avait-il enchaîné.

Le "rapport Beffa-Cromme", indique-t-on à Paris, compte une trentaine de propositions en matière de politique énergétique, commerciale, d'investissement, de concurrence ou de fiscalité parmi lesquelles Paris et Berlin comptent faire leur marché d'ici au sommet européen de la fin juin.

Les mesures qui ont dès à présent retenu l'attention de la France, précise-t-on cependant de même source, concernent la concurrence avec l'idée de favoriser l'émergence de leaders industriels européens sur le marché mondial ou la politique de l'énergie.

Au menu de la rencontre de jeudi figureront aussi le pacte de croissance doté de 120 milliards d'euros et adopté un an plus tôt par le Conseil européen dont Paris voudrait bien qu'il se "traduise maintenant en termes concrets dans la réalité".

François Hollande et Angela Merkel évoqueront également l'approfondissement de l'union économique et monétaire lancée au même moment ou la coordination des politiques économiques à laquelle le président Hollande a donné une nouvelle dimension lors de sa conférence de presse du 16 mai à l'Elysée avec sa proposition d'un "gouvernement économique européen".

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