La Russie n'a pas encore livré de missiles S-300

Des missiles russes sol-air S-300 sont déployés en 1996 sur un terrain d'entraînement en Russie [Vladimir Mashatin / AFP/Archives] Des missiles russes sol-air S-300 sont déployés en 1996 sur un terrain d'entraînement en Russie [Vladimir Mashatin / AFP/Archives]

La Russie n'a pas encore livré de missiles sol-air S-300 à la Syrie contrairement à ce qu'a laissé entendre le président Bachar al-Assad et elle pourrait ne pas le faire cette année, ont rapporté vendredi plusieurs médias.

Dans une interview à la chaîne Al-Manar du Hezbollah libanais diffusée jeudi, M. Assad, interrogé sur la livraison de ces missiles promis par Moscou, a répondu: "tous les accords passés avec la Russie seront honorés et une partie l'a déjà été dernièrement".

Mais selon des sources au sein du complexe militaro-industriel russe, citées par les quotidiens Vedomosti et Kommersant, ces missiles n'ont pas encore été livrés.

Selon Vedomosti, il n'est pas certain que ces systèmes d'armes, objet d'un contrat signé en 2010 pour un milliard de dollars et portant sur quatre batteries de missiles d'après sa source, seront livrés cette année.

"La livraison de six batteries S-300, prévue dans un contrat signé en 2010, n'aura lieu qu'au deuxième trimestre 2014", écrit pour sa part Kommersant.

Il n'était pas possible d'expliquer la différence des chiffres avancés par les deux journaux.

Kommersant souligne qu'en outre six mois seront nécessaires pour former le personnel syrien et tester les missiles avant qu'ils ne soient opérationnels.

Une source a confirmé vendredi matin à l'agence Interfax que les délais de livraison n'étaient pas encore fixés.

"Nous avons avec nos partenaires syriens régulièrement des entretiens sur les contrats déjà signés. En ce qui concerne les livraisons de S-300, elles ne pourront pas commencer avant l'automne", a déclaré cette source au sein des structures chargées des exportations d'armes.

"Techniquement c'est possible, mais cela dépendra beaucoup de la situation dans la région et de la position des pays européens sur la question du règlement du conflit syrien", a-t-elle poursuivi.

Cette source n'a par ailleurs pas exclu que les livraisons soient suspendues comme cela avait été le cas en 2005 avec des missiles tactiques Iskander, après qu'Israël avait fait pression sur Moscou.

"La Syrie voulait vraiment recevoir ces systèmes, était prête à payer n'importe quel prix, mais la Russie avait décidé de renoncer à ces livraisons pour ne pas déstabiliser la situation dans la région", a dit cette source.

Moscou avait défendu mardi la livraison à Damas de S-300, des systèmes sol-air sophistiqués capables d'intercepter en vol des avions ou des missiles téléguidés, équivalents russes du Patriot américain, comme un facteur de dissuasion contre une intervention extérieure en Syrie.

La source citée par Vedomosti a toutefois indiqué que même si les autorités russes insistaient officiellement sur leur volonté d'honorer ce contrat, cela ne signifiait pas que les livraisons auraient forcément lieu.

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