Iran : l'économie, problème insoluble pour les candidats à la présidentielle

Des Iraniens marchent à côté de l'affiche de campagne du candidat Hassan Rowhani, le 1er juin 2013 à Téhéran [Atta Kenare / AFP] Des Iraniens marchent à côté de l'affiche de campagne du candidat Hassan Rowhani, le 1er juin 2013 à Téhéran [Atta Kenare / AFP]

Les candidats à la présidentielle iranienne n'ont pas proposé de solution claire contre l'inflation ou le chômage, regrettent samedi la presse et les experts au lendemain d'un débat télévisé sur la relance de l'économie frappée par les sanctions internationales.

"Depuis le début de la Révolution (de 1979), notre pays fait face à l'inflation. Tant que l'inflation n'est pas contrôlée, il n'y pas de création d'emplois", a lancé vendredi le conservateur Mohammad Gharazi, l'un des huit prétendants au scrutin du 14 juin.

Alors que l'inflation dépasse 30%, plusieurs candidats ont affirmé qu'il fallait créer un million d'emplois pour stabiliser le taux de chômage, qui touche plus de 3 millions de personnes. Selon le modéré Hassan Rohani, "800.000 jeunes diplômés sont "prêts à entrer sur le marché du travail mais ils n'ont aucun espoir".

D'autres ont affirmé que la chute de 70% de la valeur du rial face au dollar, a "appauvri l'ensemble de la population". L'embargo financier imposé par les pays occidentaux empêche de fait Téhéran de rapatrier une grande partie de ses pétrodollars.

Les sanctions ont provoqué un "choc monétaire" et une augmentation importante des prix des denrées importées, avait indiqué en avril le ministre des Finances Shamseddin Hosseini.

L'Iran, qui avait tiré plus de 100 milliards de dollars de la vente de son or noir en 2011/2012, a vu ses revenus pétroliers réduits de moitié depuis le début 2012 du fait de l'embargo qui vise à obliger Téhéran à infléchir son programme nucléaire controversé. Les sanctions ont fait plonger les exportations de brut aux alentours de 1 à 1,3 million de barils par jour fin 2012 selon l'Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep).

Les candidats à la présidence iranienne participent à un débat télévisé, le 31 mai 2013 à Téhéran [Mehdi Dehghan / AFP]
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Les candidats à la présidence iranienne participent à un débat télévisé, le 31 mai 2013 à Téhéran
 

Le candidat conservateur Mohsen Rezai a reconnu que l'Iran avait un surplus de production d'"un million de baril de pétrole (par jour) qui n'est pas vendu" à cause des sanctions.

"Les candidats ont tous dit qu'ils allaient régler les problèmes de l'inflation, du chômage, mais aucun n'a expliqué comment il allait le faire et quel était son programme", a commenté un téléspectateur iranien interrogé par la télévision d'Etat.

"On s'attendait à ce que les candidats présentent leurs solutions pour contrôler l'inflation, le chômage ou encore soutenir la production. Mais aucun n'a présenté de solution claire, ce qui veut dire qu'ils n'ont pas de programme établi", a affirmé l'expert économique Hossein Raghfar dans le quotidien Aftab (réformateur) par samedi.

"Dans ces conditions, nous ne pouvons pas espérer une amélioration de la situation du pays", a-t-il conclu.

Interrogé par l'AFP, l'analyste politique Mohammad Saleh Sedghian, a estimé de son côté que "le format du débat posait problème car il n'y a pas eu d'échanges sur les programmes économiques des candidats permettant d'aider les électeurs d'avoir une idée claire des propositions des chacun".

Dans son éditorial, le grand quotidien économique Donyaé Eghtessad affirme samedi que l'inflation est provoqué par "la hausse de la valeur du dollar (par rapport au rial) et la hausse des liquidités".

"La seule solution est d'injecter des devises en quantité suffisante dans l'économie", affirme le journal qui se demande "avec quel mécanisme les candidats veulent-ils le faire alors qu'à cause des sanctions pétrolières et bancaires, les revenus en devise du pays ont baissé considérablement".

"Les candidats doivent savoir que l'inflation ne peut être contrôlée par des ordres ou des slogans", ajoute le quotidien.

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