Syrie : violents combats à Qousseir, l'ONU s'inquiète pour les civils

Des soldats d'Assad à Dabaa, au nord de Qousseir, le 30 mai 2013 [ / Sana/AFP] Des soldats d'Assad à Dabaa, au nord de Qousseir, le 30 mai 2013 [ / Sana/AFP]

Les rebelles syriens luttaient avec acharnement samedi pour défendre leurs positions à Qousseir, soumises à un déluge de feu de l'armée, appuyée par le Hezbollah libanais, tandis que l'ONU s'inquiétait pour les civils pris au piège.

Malgré les efforts diplomatiques, la guerre en Syrie ne donnait aucun signe de répit, l'opposition exigeant une nouvelle fois le départ du président Bachar al-Assad et l'arrêt des combats pour participer à la conférence internationale de paix que Washington et Moscou cherchent à organiser.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales, les combats font rage à Qousseir (centre), longtemps place forte de la rébellion près de la frontière libanaise mais cible d'une offensive lancée le 19 mai.

Les rebelles sont désormais retranchés dans le nord de la ville, et leurs positions sont soumises à de violents bombardements à l'artillerie lourde de l'armée, qui cherche à ouvrir un passage sûr entre la capitale et le littoral, a précisé l'OSDH.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à Tokyo le 1er juin 2013 [Franck Robichon / Pool/AFP]
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Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à Tokyo le 1er juin 2013
 

Des milliers de civils se trouvent encore à l'intérieur de la ville, selon le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, qui a confirmé qu'un millier de blessés restaient bloqués.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé les combattants à laisser les civils quitter la ville et a rappelé qu'il était de la responsabilité du gouvernement de les protéger, "y compris de la menace de milices".

Dans un communiqué conjoint, la responsable de l'ONU pour l'humanitaire, Valerie Amos, et celle chargée des droits de l'Homme, Navi Pillay, se sont dites "extrêmement inquiètes" pour les civils de Qousseir.

"Nous comprenons qu'il pourrait y avoir jusqu'à 1.500 personnes blessées requérant une évacuation immédiate pour des soins médicaux d'urgence et que la situation générale à Qousseir est désespérée", insiste le texte.

Outres les civils piégés dans la ville, "plus de 10.000 habitants ont déjà fui dans les localités de la région (...). Ils ont besoin de toute urgence de nourriture, de couvertures, d'eau propre et de soins médicaux", ajoutent les deux responsables.

Plus au nord, l'armée a repris samedi le contrôle de deux localités à majorité alaouite dans la province de Hama (centre), après des combats contre les rebelles qui les occupaient depuis plusieurs semaines, selon l'OSDH, qui a recensé au moins 60 morts dans un bilan provisoire pour la journée de samedi.

Capture vidéo de la ville de Qousseir le 26 mai 2013 [ / Al-Qusayr Media Centre/AFP/Archives]
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Capture vidéo de la ville de Qousseir le 26 mai 2013
 

"Repousser les envahisseurs"

La Coalition nationale de l'opposition a salué dans un communiqué "le courage et la résistance" de la rébellion à Qousseir, où elle cherche "à repousser les envahisseurs", parmi lesquels les combattants du Hezbollah.

L'opposition a justifié les conditions posées pour sa participation à la conférence de paix: "Assad ne respectera pas les efforts en vue d'un accord et les utilisera pour gagner plus de temps en vue de détruire, tuer et terroriser".

Le régime syrien a donné son accord de principe à la conférence internationale de paix initiée par Moscou, un allié de M. Assad, et Washington qui soutient l'opposition, pour tenter de mettre fin aux violences qui ont fait plus de 94.000 morts, selon l'OSDH, depuis mars 2011.

Une réunion regroupant les Nations unies, les Etats-Unis et la Russie est prévue le 5 juin à Genève pour préparer la conférence.

Mais le gouvernement syrien, qui ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation en Syrie, n'a pas hésité à vivement critiquer les violences policières à Istanbul, accusant les autorités d'Ankara, très hostiles envers Damas, de réagir avec "sauvagerie" à des "manifestations pacifiques".

Au Liban voisin, six roquettes se sont écrasées près de la région du Hermel (est), un bastion du Hezbollah, selon une source de sécurité qui n'a pas fait état de victimes.

De tels engins s'abattent régulièrement au Liban, où les forces politiques sont divisées entre pro et anti-Assad, qui s'affrontent régulièrement à Tripoli (nord). De plus, des sunnites libanais se portent volontaires pour renforcer les rangs de la rébellion syrienne.

Dans ce contexte, l'influent prédicateur islamique Youssef al-Qaradaoui a appelé les musulmans sunnites à rejoindre les rangs des rebelles en Syrie en fustigeant le Hezbollah chiite, qualifié de "parti de Satan".

Alors que la communauté internationale s'inquiète du rôle croissant des groupes jihadistes au sein de la rébellion, le Conseil de sécurité de l'ONU a annoncé avoir ajouté le front Al-Nosra dans sa liste d'organisations "terroristes", en raison de liens avec Al-Qaïda.

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