Attentat meurtrier à Damas, la bataille fait rage à Qousseir

Photo prise au téléphone portable le 2 juin 2013 et montrant des tanks syriens en route vers la ville de Qousseir [ / AFP] Photo prise au téléphone portable le 2 juin 2013 et montrant des tanks syriens en route vers la ville de Qousseir [ / AFP]

Un attentat à la voiture piégée a tué neuf policiers dimanche à Damas, selon une ONG, au moment où l'armée bombardait les positions rebelles à Qousseir, théâtre d'une bataille acharnée depuis deux semaines.

A New York, la Russie a bloqué ce week-end un projet de déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU proposé par le Royaume-Uni "s'inquiétant" de

la situation à Qousseir (centre de la Syrie), alors que Moscou et l'Union européenne s'apprêtaient à entamer de vives discussions sur la levée de l'embargo européen sur les armes à destination des rebelles syriens, lors d'un important sommet qui se tiendra lundi et mardi Ekaterinbourg (Russie).

Après quelques semaines de répit dans les attentats à Damas, une attaque à la voiture piégée a frappé dans la matinée de dimanche le quartier de Jobar, dans l'est de la capitale, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Photo transmise par l'agence syrienne Sana, de soldats près de l'aéroport militaire de Dabaa, dnas la région de Qousseir, le 30 mai 2013 [ / SANA/AFP/Archives]
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Photo transmise par l'agence syrienne Sana, de soldats près de l'aéroport militaire de Dabaa, dnas la région de Qousseir, le 30 mai 2013

"Au moins neuf membres des forces du régime ont été tués après une forte explosion provoquée par une voiture piégée près d'un commissariat de police", a déclaré à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

L'attentat n'a pas été revendiqué, mais de nombreuses attaques similaires ont été perpétrées par les jihadistes du Front al-Nosra, qui a fait allégeance à Al-Qaïda.

L'agence officielle syrienne Sana a confirmé l'explosion d'une voiture piégée, en évoquant un bilan de 10 civils blessés.

Le quartier était dimanche le théâtre de combats intenses entre armée et rebelles, a ajouté l'OSDH, qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales civiles et militaires.

Après avoir reçu de nouveaux renforts à Qousseir, les troupes du régime appuyées par des centaines de combattants du Hezbollah resserraient davantage l'étau autour des rebelles, désormais retranchés dans le nord de cette ville stratégique située près de la frontière libanaise, a précisé l'OSDH.

Les troupes du régime bombardaient par avion et à l'artillerie lourde les positions rebelles dans le nord de la ville et à la périphérie, selon la même source.

L'armée et le Hezbollah ont lancé le 19 mai l'assaut contre cette ville, longtemps place forte de la rébellion, qu'ils cherchent à prendre pour ouvrir un passage sûr entre Damas et le littoral syrien, base arrière du régime.

Situation "désespérée" à Qousseir

Devant le déluge de feu sur la cité, l'ONU s'est dite inquiète pour les civils pris au piège, évoquant une situation générale "désespérée" dans la ville.

L'OSDH a fait état de milliers de civils et d'un millier de blessés bloqués à Qousseir.

Lors d'une conversation téléphonique avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, cité par Sana, a affirmé que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) entrerait à Qousseir dès la fin des opérations militaires.

Dimanche, des diplomates à New York ont indiqué que Moscou avait bloqué un projet de déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU proposé par le Royaume-Uni. Le texte exprimait "la grave inquiétude" du Conseil sur le sort des civils bloqués dans cette ville. Il "demandait au gouvernement syrien d'autoriser un accès immédiat, total et sans entrave" aux organisations humanitaires pour qu'elles puissent les secourir.

La commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie doit en outre présenter mardi un rapport qualifié de "terrifiant", à la veille d'une réunion à Genève ONU-Russie-Etats-Unis pour préparer une conférence de paix qui pourrait avoir lieu en juillet selon Paris.

La magistrate suisse Carla Del Ponte à Genève le 18 février 2013 [Fabrice Coffrini / AFP/Archives]
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La magistrate suisse Carla Del Ponte à Genève le 18 février 2013

Paulo Pinheiro, président de la commission d'enquête internationale et indépendante de l'ONU, a prévenu que le rapport qu'il doit présenter mardi était "terrifiant".

La magistrate suisse Carla Del Ponte, membre de cette commission créée en 2011, a évoqué des crimes "d'une cruauté incroyable".

"Je n'ai jamais vu ça, y compris en Bosnie", a ajouté Mme Del Ponte, ancien procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, pour qui le rapport dénoncera, comme les précédents, des crimes "commis des deux côtés".

Dénonçant "la combinaison de sectarisme, de radicalisation, d'escalade des violations des droits de l'Homme", M. Pinheiro a estimé que la Syrie était désormais plongée dans "un confit régionalisé et même internationalisé".

Concernant les efforts pour tenir une conférence de paix, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a affirmé que cette réunion, initialement annoncée pour juin, serait celle de "la dernière chance" et pourrait se tenir "en juillet".

Et au Vatican, le pape François a lancé un appel pressant aux responsables de prises d'otages en Syrie pour qu'ils fassent preuve d'"humanité" et libèrent tous leurs prisonniers.

Par ailleurs, les monarchies du Golfe ont annoncé dimanche qu'elles envisageaient de prendre "des mesures contre les intérêts" du Hezbollah chiite libanais en représailles à son intervention armée dans le conflit syrien.

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