La Birmanie va examiner la limite de deux enfants pour les Rohingyas

Des musulmans Rohingyas dans un camp pour personnes déplacées, le 11 octobre 2012 près de Sittwe, sur la côte birmane [Christophe Archambault / AFP/Archives] Des musulmans Rohingyas dans un camp pour personnes déplacées, le 11 octobre 2012 près de Sittwe, sur la côte birmane [Christophe Archambault / AFP/Archives]

L gouvernement birman va examiner la limite de deux enfants maximum imposée aux musulmans Rohingyas par les autorités de l'ouest du pays, a indiqué un porte-parole lundi, après des critiques de l'ONU et des défenseurs des droits de l'Homme sur cette mesure controversée.

Les autorités de l'Etat Rakhine (ouest) ont rappelé le mois dernier aux membres de cette minorité musulmane apatride de deux districts qu'ils ne pouvaient avoir plus de deux enfants.

Cette disposition avait été mise en place sous l'ancienne junte militaire à l'encontre d'une communauté considérée par l'ONU comme l'une des plus persécutées de la planète.

"Le gouvernement central n'a pas annoncé cette politique. Nous allons l'examiner", a indiqué à l'AFP Ye Htut, porte-parole du président. "La population dans cette zone est bien plus importante que dans d'autres régions alors il y a des problèmes sociaux et économiques pour chaque famille".

Le gouvernement prévoit de mettre en place une politique familiale qui prendrait en compte les normes internationales, a-t-il ajouté. Une façon de désamorcer les critiques alors que l'ONU a appelé à l'abolition de cette mesure, jugée contraire aux droits de l'Homme.

Des musulmans Rohingyas dans un camp pour personnes déplacées, le 11 octobre 2012 près de Sittwe, sur la côte birmane [Christophe Archambault / AFP/Archives]
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Des musulmans Rohingyas dans un camp pour personnes déplacées, le 11 octobre 2012 près de Sittwe, sur la côte birmane

La chef de l'opposition Aung San Suu Kyi, habituellement silencieuse sur le dossier rohingya, a elle aussi dénoncé une "discrimination". Signe de tensions au sein de son parti, huit antennes de sa Ligue nationale pour la démocratie (LND) en Etat Rakhine ont pourtant exprimé leur soutien à la politique de contrôle.

Des violences entre Rohingyas et bouddhistes de la minorité ethnique rakhine avaient fait environ 200 morts l'an dernier et déplacé plus de 140.000 personnes, mettant en lumière une tension à vif entre les deux communautés.

Alors que les Rakhines expriment la peur de se voir envahir par les musulmans, le rapport de la commission d'enquête officielle sur ces violences a plaidé pour un "planning familial" pour les musulmans, mais a rejeté des mesures "obligatoires qui pourraient être vues comme injustes et abusives".

Les quelque 800.000 Rohingyas confinés dans l'Etat Rakhine ont été privés de nationalité par la junte dissoute en 2011. Ils sont vus par beaucoup de Birmans comme des immigrés illégaux du Bangladesh.

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