Syrie: les crimes contre l'humanité sont une "réalité quotidienne" selon l'ONU

Vue de la ville de Qousseir, en Syrie, le 25 mai 2013 [ / AFP/Archives] Vue de la ville de Qousseir, en Syrie, le 25 mai 2013 [ / AFP/Archives]

Crimes de guerre et crimes contre l'humanité sont devenus une "réalité quotidienne" en Syrie, a dénoncé mardi la Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie, citant notamment le soupçon d'usage d'armes chimiques, les massacres et le recours à la torture dans son dernier rapport devant le Conseil des droits de l'Homme.

La Commission d'enquête estime qu'"il y a des motifs raisonnables de penser que des quantités limitées de produits chimiques ont été utilisés". Les enquêteurs font état de 4 événements (à Khan Al-Assal près d'Alep le 19 mars, à Uteibah près de Damas le 19 mars, dans le quartier de Cheikh Maqsoud à Alep 13 avril et dans la ville de Saraqeb le 29 avril) lors desquels ces agents auraient été utilisés, mais leurs enquêtes n'ont pour l'instant pas permis d'identifier la nature de ces agents chimiques, les systèmes d'armes employés ni ceux qui les ont utilisés.

"D'autres incidents font également l'objet d'enquêtes", écrivent les experts, dans leur rapport qui couvre la période allant du 15 janvier au 15 mai.

Agissant sous mandat du Conseil des droits de l'Homme, la Commission indépendante d'enquête internationale n'a toujours pas reçu le feu vert de Damas pour se rendre en Syrie. Depuis le début de son mandat, elle enquête sur 30 allégations de massacres, dont 17 auraient été commis depuis le 15 janvier.

"Je suis très surprise par la violence et la cruauté des actes criminels, surtout les actes de torture. Un autre élément qui m'a aussi perturbée, c'est l'utilisation des enfants dans les combats" et qui sont "tués, torturés", a raconté avec effroi Carla del Ponte, la célèbre magistrate suisse et membre de la Commission d'enquête.

Depuis le début du conflit, 86 enfants soldats auraient été tués durant les combats, dont la moitié depuis janvier.

Les enquêteurs accusent l'armée, aidée de milices et de combattants étrangers dont le Hezbollah, de commettre des meurtres, actes de torture, viols, déplacements forcés et autres actes inhumains. "Nombre d'entre eux commis dans le cadre d'attaques généralisées et systématiques contre les civils", a affirmé M. Paulo Pinheiro, le président de la Commission d'enquête.

La Commission accuse aussi les groupes armés de l'opposition d'avoir commis des crimes de guerre, dont des exécutions extrajudiciaires ou des actes de torture, et de mettre en danger la vie de la population en disposant des objectifs militaires près de zones civiles, mais elle note une fois de plus que ces exactions n'ont pas atteint l'intensité et l'ampleur de celles commises par les forces gouvernementales et les milices qui leur sont affiliées.

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