Slovénie : l'ancien Premier ministre condamné à de la prison ferme

L'ancien Premier ministre slovène Janez Jansa arrive au tribunal où se tient son procès pour corruption, à le 3 juin 2013 à Ljubljana [Jure Makovec / AFP] L'ancien Premier ministre slovène Janez Jansa arrive au tribunal où se tient son procès pour corruption, à le 3 juin 2013 à Ljubljana [Jure Makovec / AFP]

L'ancien Premier ministre conservateur slovène Janez Jansa (de 2004 à 2008, puis de 2012 à 2013) a été condamné mercredi par le Tribunal de Ljubljana à deux ans de prison ferme et 37.000 euros d'amende pour corruption dans le cadre du "procès Patria", un contrat d'armement de chars finlandais.

L'ancien chef du gouvernement, âgé de 54 ans, a fait appel, celui-ci étant suspensif de l'exécution de la peine.

Le Tribunal, présidé par Barbara Klajnsek, l'a reconnu coupable de corruption lors de la signature en 2006 du plus gros contrat d'armement du petit pays issu de l'ex-Yougoslavie avec l'entreprise finlandaise Patria, qui s'était élevé à 278 millions d'euros.

Les deux autres accusés, l'homme d'affaires Ivan Crnkovic et le général de l'armée slovène Tone Krkovic, ont été condamnés à 22 mois de prison ferme et à la même amende de 37.000 euros chacun.

La juge Barbara Klajnsek a conclu un procès-fleuve de 21 mois, en reconnaissant Janez Jansa "coupable d'avoir donné ou reçu des pots-de-vin ou d'avoir reçu et promis des pots-de-vin lors de l'acquisition de véhicules blindés" provenant de la société Patria.

Lors de l'énoncé du verdict, elle a expliqué que Janez Jansa avait accepté l'accord avec Patria, en échange de commissions qui seraient versées au parti conservateur slovène SDS de l'ancien Premier ministre.

Les trois hommes, présents dans le box des accusés, ont plaidé non-coupable.

Janez Jansa a dénoncé un "procès politique". A l'extérieur du tribunal, des centaines de manifestants s'étaient rassemblées, la majorité pour apporter leur soutien à l'ancien chef du gouvernement.

Le Procureur général, Andrej Ferlinc, avait estimé que l'ancien Premier ministre avait au minimum accepté de recevoir une récompense comme contrepartie de l'accord signé avec Patria.

L'avocat de Janez Jansa, dirigeant du parti conservateur slovène SDS, avait notamment mis en avant dans sa plaidoirie l'absence d'éléments concernant le crime reproché à son client, estimant qu'une condamnation sur la base "d'accusations abstraites" était impossible.

Le contrat d'armement signé par la Slovénie en 2006 avec Patria prévoyait la vente de 135 véhicules blindés pour moderniser l'armée slovène, après son intégration à l'Otan en 2004, la même année que son adhésion à l'Union européenne.

Début avril, un lobbyiste autrichien, Hans-Wolfgang Riedl, avait été condamné à trois ans de prison, dont un an ferme, pour corruption, toujours dans le cadre de la signature de ce contrat d'armement.

Il avait été revu fortement à la baisse en septembre 2012, la Slovénie, confrontée à la nécessité d'assainir ses finances publiques, s'était contenté des 30 véhicules déjà livrées d'une valeur de 74,5 millions d'euros.

En novembre et décembre 2012, des manifestations importantes contre la corruption étaient parties de Maribor, la seconde ville du pays, et avaient gagné l'ensemble du pays membre de la zone euro depuis 2007.

En janvier, un rapport de la Commission de lutte contre la corruption avait mis en lumière des erreurs dans la déclaration de patrimoine du Premier ministre Janez Jansa. Le dirigeant du parti d'opposition slovène de centre-gauche Slovénie Positive, Zoran Jankovic, avait également été épinglé par cette instance, pour les mêmes raisons que son rival.

Janez Jansa avait progressivement perdu le soutien de plusieurs partis de sa fragile majorité au Parlement, qui avait adopté une motion de défiance contre son gouvernement de centre-droit le 27 février.

Il avait dû laisser la place de chef du gouvernement à Alenka Bratusek, de Slovénie Positive, dont le cabinet a été investi fin mars par le parlement slovène.

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