Aux Etats-Unis, il fait campagne pour devenir président... en Iran

Hooshang Amirahmadi, professeur d'économie à la Rutgers University, le 4 juin 2013 chez lui à Princeton, New Jersey [Guillaume Meyer / AFP] Hooshang Amirahmadi, professeur d'économie à la Rutgers University, le 4 juin 2013 chez lui à Princeton, New Jersey [Guillaume Meyer / AFP]

En décalage avec les candidats officiels à la présidentielle iranienne du 14 juin, Hooshang Amirahmadi, adepte de l'"American way of life" avec sa chic villa de banlieue et son petit bichon à poil frisé, fait campagne depuis son sous-sol aux Etats-Unis.

Cet ambitieux professeur d'économie de 64 ans, qui vit à Princeton, dans le New Jersey (est), et enseigne à la Rutgers University voisine, se voit déjà président de la république islamique d'Iran. A ceci près que sa candidature a été rejetée en mai par le Conseil des gardiens de la Constitution.

Cependant, les yeux tournés vers l'avenir, celui qui a obtenu la double nationalité américano-iranienne continue sa "Campagne pour un Iran meilleur", à la fois sur les réseaux sociaux et par de multiples rencontres. Son intérieur est décoré à profusion de photos de lui aux côtés de hauts responsables américains.

Car pour ce natif du nord de l'Iran arrivé sur le sol américain en 1975, soit quatre ans avant la révolution islamique, et donc avant le gel des relations diplomatiques entre les deux pays, il est crucial de réparer le lien rompu.

"La seule solution est que les deux parties soient capables de modifier leurs vues, de se regarder avec de nouvelles lunettes", explique-t-il.

Sur le nucléaire par exemple, sujet de frictions numéro un, "j'aurais résolu le problème lors de mes 100 premiers jours (au pouvoir), et hop, fini!", s'enflamme-t-il. "Si j'étais président iranien, je me rendrais à la Maison Blanche en moins de 100 jours, c'est comme ça qu'il faut procéder", ajoute-t-il.

A ses yeux, les sanctions américaines contre l'Iran, en affaiblissant sa monnaie et son économie largement assise sur le pétrole, risquent de renforcer les candidats les plus radicaux, au détriment des démocrates comme lui, qui se présente en outre comme un défenseur de l'égalité entre les sexes.

Persévérer pour changer l'image de l'Iran

Actuellement pourtant, estime-t-il, "80% des Iraniens, et 80% des gens travaillant pour le régime, souhaitent que les relations avec les Etats-Unis et la communauté internationale se normalisent".

"Oui, (le Guide suprême Ali) Khamenei a toujours le contrôle, mais combien de temps pouvez-vous le conserver quand un nombre croissant de personnes au sein de votre peuple et de votre administration, des gens qui travaillent pour vous, ne sont pas de votre côté?", s'interroge-t-il.

Venu pour étudier aux Etats-Unis, il a décroché un doctorat en développement international à l'université Cornell, où étudie aujourd'hui sa fille.

 
 

Hooshang Amirahmadi juge comme une "faute" les propos virulents du président actuel Mahmoud Ahmadinejad à l'encontre d'Israël, car "en fermant la porte à 100% aux Israéliens, on la ferme à 70% aux Américains". Mais selon lui, il ne faudra pas attendre un assouplissement des Etats-Unis pour changer le système en Iran.

"Quand on regarde Washington de Téhéran, tout ce qu'on voit est du négatif, des politiques faites pour vous heurter", constate-t-il.

S'il ne fait pas cette fois partie des huit candidats autorisés, il compte persévérer, pour changer l'image de l'Iran. "Tous les matins quand je me lève, l'Iran est dans l'actualité et, hélas, la plupart du temps pour de mauvaises raisons. Nous devons changer ça". Son prochain rendez-vous électoral est prévu, il l'espère, pour 2017.

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