Corée: reprise fragile des contacts entre le Nord et le Sud

Le leader nord-coréen Kim Jong-un le 25 avril 2013 à Pyongyang [Kcna Via Kns / KCNA/AFP/Archives] Le leader nord-coréen Kim Jong-un le 25 avril 2013 à Pyongyang [Kcna Via Kns / KCNA/AFP/Archives]

La Corée du Nord a annoncé vendredi la réouverture de la ligne téléphonique d'urgence entre le Nord et le Sud, coupée par Pyongyang en mars, mais semble plus réticente à une rencontre inter-ministérielle à Séoul pour la semaine prochaine, comme proposée par le Sud.

La ligne sera rétablie vendredi à 14H00 heure locale (05H00 GMT), a indiqué le Comité pour la réconciliation pacifique de la Corée, dans un communiqué cité par l'agence nord-coréenne KCNA.

Le Nord avait suspendu au printemps cette ligne rouge, dernier lien direct entre les deux voisins, alors que les tensions étaient au plus haut sur la péninsule.

La ligne de la Croix Rouge, utilisée en cas d'urgence par les deux gouvernements, sera rétablie vendredi à 14H00 heure locale (05H00 GMT), a indiqué le Comité pour la réconciliation.

Mais Pyongyang semble se montrer plus réticent face à la proposition de Séoul d'une rencontre interministérielle, à Séoul mercredi prochain. Le Nord souhaite qu'une première réunion, à un niveau moindre que ministériel, se tienne d'abord et sur son territoire, ce dimanche.

"Nous sommes d'avis que des contacts entre les autorités du Nord et du Sud sont nécessaires avant une rencontre ministérielle proposée par le Sud", a déclaré un porte-parole du Comité pour la réconciliation, qui propose le site de Kaesong, le site industriel inter-coréen, à 10 km de la frontière côté nord, et fermé depuis avril.

Le ministère sud-coréen de l'Unification, chargé des relations entre les deux Corées, a indiqué "étudier" la proposition du Nord.

Kaesong figure justement parmi les sujets qui pourraient être débattus par les responsables du Nord et du Sud. Ce complexe industriel, où travaillaient plus de 50.000 employés nord-coréens et des centaines de cadres sud-coréens, crucial pour l'obtention de devises étrangères pour le régime communiste, a été fermé d'autorité par Pyongyang début avril.

Ce site est né dans le sillage de "la diplomatie du rayon de soleil", menée par la Corée du Sud de 1998 à 2008 afin d'encourager les contacts entre les deux frères ennemis qui restent techniquement en guerre puisque la Guerre de Corée (1950-53) s'est terminée par un armistice et non par un traité de paix.

Jeudi, le Nord avait fait le premier pas en proposant d'engager pour la première fois depuis plusieurs années, des pourparlers officiels sur un certain nombre de sujets contentieux commerciaux et humanitaires.

Une main tendue peu avant la rencontre en Californie vendredi et samedi entre les présidents américain Barack Obama et chinois Xi Jinping, qui aborderont certainement le sujet de la Corée du Nord. La Chine est le seul allié de poids de Pyongyang, mais s'est montrée irritée de l'agressivité dont a fait preuve ces derniers mois le jeune dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

Le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, a salué jeudi dans un communiqué "un progrès encourageant en vue de réduire les tensions et pour la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne".

Mais les analystes sud-coréens restent prudents, soulignant que le contenu et le calendrier des négociations allaient certainement recéler des points de désaccord profonds, voire insurmontables.

Ces annonces interviennent alors que le ton avait fortement monté entre les pays occidentaux et le régime nord-coréen à la suite d'un troisième essai nucléaire de celui-ci en février, suivi de menaces d'attaque des Etats-Unis.

Les tensions s'étaient apaisées ces dernières semaines, les deux Corées semblant se rendre à l'idée de reprendre langue sous une forme ou une autre.

Les contacts officiels entre les deux Corées sont gelés depuis le naufrage d'une corvette torpillée, selon Séoul, par un sous-marin de poche nord-coréen le 26 mars 2010, causant la mort de 46 marins.

Outre la coopération économique, le Nord s'est dit enclin à évoquer, "si nécessaire", la reprise des efforts de réunion temporaire des milliers de familles séparées à la fin de la guerre.

Les dernières rencontres de ce type ont été organisées par le Comité international de la Croix-Rouge en 2010.

Vous aimerez aussi

Le président des Etats-Unis Donald Trump et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, à la Maison Blanche le 20 mars 2018. [MANDEL NGAN / AFP/Archives]
Diplomatie Dénoncer le prince ou préserver l'alliance avec Ryad : le dilemme de Trump
Réseaux sociaux Trump attaque Macron : Twitter réagit
Diplomatie «Make France great again» : Donald Trump s'en prend à Emmanuel Macron sur Twitter

Ailleurs sur le web

Derniers articles