Obama et Xi en Californie pour un sommet informel

Le président Barack Obama et son homologue chinois Xi Jinping, le 14 février 2012 à Washington [Saul Loeb / AFP/Archives] Le président Barack Obama et son homologue chinois Xi Jinping, le 14 février 2012 à Washington [Saul Loeb / AFP/Archives]

Le président Barack Obama et son nouvel homologue Xi Jinping se retrouvent vendredi en Californie (ouest) pour un sommet informel, les Etats-Unis espérant ainsi lancer les bases de relations de confiance avec la Chine pour les années à venir.

A Rancho Mirage, oasis à 160 km à l'est de Los Angeles, MM. Obama et Xi devraient aborder plusieurs dossiers brûlants, aussi bien géopolitiques (Corée du Nord, disputes territoriales avec des alliés de Washington, redéploiement diplomatique et militaire américain en Asie-Pacifique) qu'économiques: contentieux commerciaux, cours du yuan et surtout cybersécurité.

Mais la Maison Blanche, trois mois après que M. Xi eut totalement pris les rênes du pouvoir à Pékin, mise moins sur les résultats immédiats de cette rencontre que ses effets à long terme pour les relations entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales, à la fois partenaires obligées et concurrentes opiniâtres.

MM. Obama et Xi, qui s'étaient vus à Washington début 2012 quand le dirigeant chinois n'était encore que vice-président, n'étaient pas censés se retrouver ès qualités avant le sommet du G20 en Russie en septembre, mais les deux parties ont jugé qu'il serait utile d'organiser une rencontre plus tôt.

M. Obama a entamé en janvier son deuxième et dernier bail de quatre ans à la Maison Blanche. "Au début des mandats des deux présidents, nous avons trouvé que ce genre de discussions informelles permettrait aux deux dirigeants de couvrir un programme le plus étendu possible", a expliqué un haut responsable américain.

Mais M. Obama veut aussi "établir une relation sur laquelle il pourra beaucoup compter dans les années à venir", selon la même source.

La partie américaine s'est dite agréablement surprise par le fait que les Chinois, réputés sensibles au décorum, n'aient pas exigé comme à leur habitude une visite d'Etat lourde en pompe.

Appel de défenseurs des droits de l'homme

Ils soulignent aussi que le nouveau dirigeant chinois, 59 ans, semble pratiquer un style détendu, aux antipodes de ses prédécesseurs, particulièrement Hu Jintao qui lui a passé la main.

Le programme de vendredi prévoit une rencontre à 17H00 (minuit GMT) entre MM. Obama et Xi dans la luxueuse demeure "Sunnylands", ancienne propriété d'un magnat de l'édition qui a accueilli des présidents américains et leurs hôtes depuis les années 1950.

Après des déclarations à la presse, les deux dirigeants partageront un dîner de travail, et d'autres discussions auront lieu samedi matin.

Rendez-vous manqué en revanche pour les "premières dames" Michelle Obama et Peng Liyuan, tous deux très populaires dans leurs pays: si Mme Peng accompagne d'habitude son mari à l'étranger, Mme Obama est restée à Washington, selon son bureau.

La cybersécurité s'est récemment imposée à l'agenda, Washington attribuant des vols massifs de données informatiques gouvernementales ou privées américaines à des pirates opérant depuis la Chine. Les industriels américains ont exhorté M. Obama à taper du poing sur la table face à son homologue.

Pékin s'est défendu d'être à l'origine de ces opérations et a assuré souffrir aussi de tels agissements. Coïncidence, M. Obama va défendre la sécurité informatique de son pays alors que sa propre administration est au coeur d'une controverse avec la révélation par des médias américains d'une récolte tous azimuts de relevés téléphoniques et de données numériques par le gouvernement au nom de la lutte contre la menace terroriste.

Les déclarations des leaders sur la Corée du Nord seront scrutées de près, alors que Pyongyang semble avoir mis en sourdine ses déclarations belliqueuses contre le Sud et Washington qui étaient encore son lot quotidien il y a quelques semaines, une accalmie qui a suivi des témoignages d'irritation de Pékin à son allié communiste.

En outre, alors que des manifestations hostiles au président chinois étaient prévues vendredi à Rancho Mirage malgré les 45°C à l'ombre attendus, des familles de prisonniers et des défenseurs des droits de l'homme ont appelé M. Obama à presser Pékin de libérer 16 détenus.

"Le président Obama devrait renoncer à la diplomatie centrée sur les affaires commerciales pour adopter la diplomatie centrée sur les droits de l'homme", a déclaré Chen Guangcheng, avocat autodidacte aveugle qui avait fui sa résidence surveillée l'an dernier pour se réfugier à l'ambassade des Etats-Unis à Pékin.

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