Syrie : le régime à l'assaut de Homs et d'Alep

Des soldats syriens patrouillent dans les rues de Dabaa, au nord de la ville de Qousseir, le 6 juin 2013 [- / AFP] Des soldats syriens patrouillent dans les rues de Dabaa, au nord de la ville de Qousseir, le 6 juin 2013 [- / AFP]

L'armée syrienne, forte de son succès à Qousseir, préparait vendredi de nouveaux assauts contre les rebelles dans les provinces de Homs et d'Alep, au moment où l'armée libanaise avertissait qu'elle recourait à la force pour empêcher tout débordement au Liban du conflit en Syrie voisine.

Sur le plan humanitaire, l'ONU a lancé un appel de fonds pour 5,2 milliards de dollars, un record historique, pour aider jusqu'en décembre plus de 10 millions de Syriens affectés par le conflit, soit près de la moitié de la population du pays dévasté par plus de deux ans de guerre.

Au lendemain de l'annonce par le journal italien La Stampa que son journaliste Domenico Quirico, disparu depuis le 9 avril, "est vivant et en Syrie", la radio Europe 1 a dit être sans nouvelles de deux de ses journalistes français en Syrie et Paris n'a pas exclu la thèse de l'enlèvement.

Après la conquête mercredi, avec l'aide cruciale du Hezbollah chiite libanais, de Qousseir dévastée par deux semaines de bataille féroce, puis du village voisin de Dabaa, les soldats avançaient vers le bastion rebelle de Boueida al-Charqiya, soumis à un violent pilonnage, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Des centaines de blessés et de civils se sont réfugiés dans cette localité après la chute de Qousseir, un carrefour des routes d'approvisionnement pour l'armée et les rebelles situé dans la province centrale de Homs et qui lie Damas au littoral, fief de la minorité alaouite du président Bachar al-Assad.

"Pas de porte de sortie"

"L'armée cherche à contrôler totalement Qousseir et sa région", a dit le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. "Elle ne laisse aucune porte de sortie aux rebelles, aux civils, ou aux blessés. Elle veut soit anéantir les rebelles soit les faire prisonniers".

Les analystes affirment que désormais l'objectif est de déloger les rebelles de la ville de Homs.

Un officier israélien observe dans le Golan le côté syrien de la frontière près de Qouneitra, le 6 juin 2013 [Jalaa Marey / AFP]
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Un officier israélien observe dans le Golan le côté syrien de la frontière près de Qouneitra, le 6 juin 2013
 

Plus au nord-est, l'armée a massé des "milliers de soldats" dans la région d'Alep pour tenter de reprendre les positions rebelles. "Ils veulent couper les approvisionnements en armes des rebelles" à partir de la Turquie, selon l'OSDH.

Le Hezbollah a "envoyé des dizaines de ses cadres pour former des centaines de Syriens chiites au combat", a dit l'ONG. Les alaouites sont une branche du chiisme alors que les rebelles sont dans leur grande majorité sunnites.

Au lendemain de la reprise par l'armée du point de passage de Qouneitra, le seul sur la zone de séparation entre la Syrie et Israël sur le Golan, des combats avaient lieu dans la ville, selon l'OSDH.

Israël, officiellement en état de guerre avec la Syrie, a renforcé son dispositif militaire sur la partie du Golan qu'il occupe depuis 1967 et s'est inquiété du retrait de l'Autriche de la force de l'ONU surveillant le cessez-le-feu disant craindre un débordement du conflit.

Des soldats syriens célèbrent leur victoire dans la ville de Qousseir, le 5 juin 2013 [ / AFP]
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Des soldats syriens célèbrent leur victoire dans la ville de Qousseir, le 5 juin 2013
 

Avec ses succès militaires, le pouvoir apparaît en position de force, surtout dans la perspective d'une conférence de paix internationale que Moscou et Washington cherchent, non sans grandes difficultés, à réunir en juillet.

L'armée libanaise exaspérée

Au Liban voisin, divisé entre un camp partisan du régime syrien mené par le Hezbollah et un autre appuyant la rébellion, l'armée a lancé un avertissement après la multiplication des violences frontalières, des combats entre Libanais et des attaques parfois meurtrières contre ses soldats.

Le commandement de l'armée y "appelle les citoyens à se méfier des complots visant à faire revenir le Liban en arrière et à l'entraîner dans une guerre absurde", et prévient qu'il répondrait "aux armes par les armes".

Il ajoute avoir "tenté d'oeuvrer avec fermeté et patience pour empêcher le Liban de se transformer en un champ de bataille pour les conflits régionaux et éviter le transfert des événements syriens", mais accuse "certains groupes" de continuer à créer des tensions.

 
 

Le conflit déclenché en mars 2011 par une révolte populaire réprimée par le régime a tué plus de 94.000 personnes selon l'OSDH.

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