Iran : dernier débat présidentiel salué par la presse

Photo de famille des candidats à la présidentielle avant le débat télévisé le 7 juin 2013 à Téhéran [Mehdi Dehghan / AFP] Photo de famille des candidats à la présidentielle avant le débat télévisé le 7 juin 2013 à Téhéran [Mehdi Dehghan / AFP]

La presse iranienne a salué samedi un débat télévisé enfin animé entre les candidats à la présidentielle en soulignant les échanges vifs à propos des négociations sur le dossier nucléaire mais également sur les libertés politiques.

"Les différences entre les candidats clarifiées. Début brûlant du sprint final", titre le très sérieux quotidien économique Donayé Eghtessad, alors que le quotidien réformateur Arman salue un débat, diffusé vendredi soir, qui "a montré les différences" entre les huit prétendants à la présidence.

"J'aurais aimé écrire que le vainqueur du débat d'hier soir était Hassan Rohani (modéré) ou Mohammad Reza Aref (réformateur), mais je dois dire que (le conservateur) Ali Akbar Velayati a été le véritable vainqueur", écrit l'analyste politique Sadegh Zibakalam dans l'éditorial du quotidien réformateur Etemad.

"D'une part parce qu'il a défendu la politique étrangère de (l'ex-président modéré Akbar) Hachemi Rafsandjani et d'autre part parce qu'il a critiqué ouvertement l'attitude de Saïd Jalili dans les négociations nucléaires", écrit-il, rappelant que "personne ne peut accuser Velayati de ne pas être informé, d'être lié à l'Occident (...) ou de ne pas faire partie du camp conservateur".

Lors du débat, l'ancien ministre des Affaires étrangères (1981-1997) et conseiller diplomatique du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a durement critiqué M. Jalili, représentant du guide aux négociations nucléaires, pour son intransigeance face aux puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne).

"L'art de la diplomatie, c'est sauver notre droit au nucléaire et, en même temps, réduire les sanctions", a-t-il déclaré.

Pour l'analyste politique proche des conservateurs Amir Mohebian, interrogé par l'AFP, "ce troisième débat a montré les divisions très profondes de sorte qu'il faudra redéfinir les clivages politiques après la présidentielle".

"Sur le nucléaire, deux logiques se sont opposées. Celle défendue par MM. Velayati, Rohani et Rezaïe, qui pensent que pour faire aboutir les négociations avec les pays du 5+1 il faut faire des concessions afin d'obtenir des avantages. De l'autre, Saïd Jalili et Gholam-Ali Hadad-Adel estiment que pour obtenir des résultats, il faut une position de fermeté et de résistance pour faire plier l'autre partie", a déclaré M. Mohebian.

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