Italie: second tour de municipales partielles, la gauche espère gagner à Rome

Ignazio Marino le 12 avril 2013 à Rome [Gabriel Bouys / AFP/Archives] Ignazio Marino le 12 avril 2013 à Rome [Gabriel Bouys / AFP/Archives]

Le deuxième tour des élections municipales partielles s'est ouvert dimanche matin dans 67 communes italiennes, dont surtout Rome, enjeu d'un ballotage entre un maire sortant de droite et un candidat du centre gauche.

Ce ballotage entre le candidat du Parti démocrate (PD), Ignazio Marino et l'ex-post-fasciste Gianni Alemanno, qui se présente pour le Peuple de la liberté (PDL) le parti de Silvio Berlusconi, représente le principal suspense de ce deuxième tour.

Les électeurs voteront également lundi jusqu'à 13H00 GMT. Les résultats seront publiés dans la soirée de lundi.

A la mi-journée, la participation était en baisse par rapport au premier tour: en ce jour ensoleillé de juin où les plages sont proches, 8,2% seulement des électeurs avaient voté à Rome, contre 9,3% il y a quinze jours.

M. Marino, peu connu sur la scène nationale, avait fait mieux qu'escompté en s'adjugeant 42,7% des voix lors du premier tour, il y a deux semaines. Il avait distancé largement M. Alemanno dont le compteur s'était arrêté à 30,2%.

L'enjeu est de taille aussi bien pour le Parti démocrate (PD), qui, après de nombreuses déconfitures, pourrait ainsi marquer un point en sa faveur, que pour le PDL de Silvio Berlusconi qui a perdu de nombreuses villes lors de ces élections partielles.

"J'ai le plein appui du PDL et Silvio Berlusconi est descendu dans l'arène avec le moyen qu'il préfère, la télévision", a constaté M. Alemanno qui a reçu un appui du Cavaliere sous forme de déclaration télévisée. "Tout le parti est au travail pour gagner ce ballotage. Il est possible de remonter la pente", a ajouté M. Alemanno, qui part cependant lourdement handicapé.

Gianni Alemanno eet Silvio Berlusconi le 24 mai 2013 à Rome [Filippo Monteforte / AFP/Archives]
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Gianni Alemanno eet Silvio Berlusconi le 24 mai 2013 à Rome

Marcello De Vito, candidat du Mouvement 5 Etoiles (M5S) de l'ancien comique Beppe Grillo, qui recueille le vote contestataire et s'est retrouvé troisième au premier tour, avec 12,4%, n'a pas donné de consignes de vote. L'électorat de ce mouvement est généralement plus proche de la gauche.

Alfio Marchini, candidat indépendant arrivé en quatrième position avec 9,5%, n'a pas donné de consignes non plus mais a ouvertement critiqué le maire sortant. M. Marino a intensifié ses rencontres avec les électeurs, clôturant vendredi soir sur une place du centre-ville, tandis que M. Alemanno a organisé carrément cinq meetings pour clore sa campagne.

Le premier tour, fin mai, dans 563 communes, s'était traduit par un nouveau record d'abstention, confirmant la désaffection à l'égard de la classe politique, et un premier coup d'arrêt au mouvement de Beppe Grillo, très divisé et déstabilisé par les attaques tous azimuts de son chef.

Dans une interview sur le site du quotidien du quotidien La Repubblica, le président Giorgio Napolitano a lancé un appel à la discipline: "Le problème est aujourd'hui de faire vivre ce gouvernement" de coalition gauche-droite d'Enrico Letta "pour une exigence minimale de stabilité institutionnelle et du pays. Et après chacun reprendra son propre chemin", a-t-il dit. Il a appelé notamment à la recherche d'un "consensus plus large" sur une nouvelle loi électorale, "sans agiter chacun des bannières au vent" ou "hurler sa propre vérité" dans les médias.

Beppe Grillo avait suscité des réactions particulièrement vives de tous côtés, y compris chez ses propres députés, en affirmant vendredi qu'il fallait "enterrer ou refonder" le parlement, qui ne serait plus qu'"une tombe malodorante, ne servant à rien". La Repubblica avait évoqué un discours de Mussolini de 1922, où le futur dictateur décrédibilisait le parlement...

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