Afghanistan: des insurgés lancent une attaque contre l'aéroport de Kaboul

Les forces de sécurité prennent position le 10 juin 2013 autour de l'aéroport de Kaboul [Massoud Hossaini / AFP] Les forces de sécurité prennent position le 10 juin 2013 autour de l'aéroport de Kaboul [Massoud Hossaini / AFP]

Les talibans ont revendiqué une attaque toujours en cours lundi matin sur l'aéroport de Kaboul, qui a dû être fermé, et se sont emparés d'immeubles dans cette zone du nord-est de la capitale afghane que la police tentait de reprendre.

"Oui, nous en revendiquons la responsabilité. Un groupe de moudjahidine a attaqué ce matin la partie militaire de l'aéroport de Kaboul", a déclaré à l'AFP un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid.

"Ils ont pris position dans deux immeubles et tirent sur l'aéroport", a ajouté pour sa part Mohammad Ayoub Salangi, chef de la police de Kaboul. "On a désamorcé une bombe dans une voiture piégée qui avait été garée là", a-t-il ajouté auprès de l'AFP. "Les ennemis restant sont cernés de très près. Des personnes ont été évacuées des immeubles en construction où se trouvent les insurgés", a-t-il encore dit.

Trois insurgés ont été tués par les forces de sécurité, selon la police. "Il y en a peut-être deux ou trois encore là-dedans; Ils ont pris les immeubles et tirent de là", a précisé Sediq Sediqqi, porte-parole du ministère de l'Intérieur.

L'attaque a été lancée lundi matin à l'aube et se poursuivait près de trois heures plus tard. L'ambassade américaine a fait retentir son alarme accompagnée d'avertissements par haut-parleur qu'il ne s'agissait pas d'un exercice.

Les forces de sécurité prennent position le 10 juin 2013 autour de l'aéroport de Kaboul [Massoud Hossaini / AFP]
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Les forces de sécurité prennent position le 10 juin 2013 autour de l'aéroport de Kaboul

"L'échange de tirs est en cours, c'est une attaque suicide", a déclaré à l'AFP le chef de la police de Kaboul, Hashmat Stanikzai.Dans un communiqué, il a précisé qu'un groupe d'assaillants "est entré dans un immeuble de la rue Qasaba, à l'ouest de l'aéroport, et procède à des tirs sporadiques". "La zone est à présent interdite d'accès par les forces de sécurité et les affrontements se poursuivent entre les forces de sécurité et les attaquants", a ajouté la police.

Selon un responsable gouvernemental, plusieurs insurgés armés de lance-roquettes et de mitraillettes se sont réfugiés dans le bâtiment, un immeuble en construction. "Ils tirent partout, y compris sur l'aéroport. Ils ont des lance-roquettes et des mitraillettes. La police les affronte, ainsi que des unités de forces spéciales", a-t-il déclaré, sous couvert de l'anonymat.

L'aéroport de Kaboul, gardé par de nombreux hommes en armes, accueille des avions civils et militaires et une partie est réservée à la coalition de l'Otan menée par les Etats-Unis. Il a été fermé à tous les vols lundi matin. Un porte-parole de la coalition a indiqué que "des personnes de la Force internationale de l'Otan (Isaf) se trouvaient aux côtés des forces afghanes, mais que l'opération était menée par ces dernières".

La dernière attaque à Kaboul date du 24 mai, lorsque des rebelles taliban ont lancé une opération suicide, suivie de sept heures d'affrontements armés dans le centre de la capitale. Sept personnes avaient été tuées, dont les quatre insurgés menant l'opération.

Les forces de sécurité prennent position le 10 juin 2013 autour de l'aéroport de Kaboul [Massoud Hossaini / AFP]
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Les forces de sécurité prennent position le 10 juin 2013 autour de l'aéroport de Kaboul

Les attaquants s'étaient retranchés, les armes à la main, dans le bâtiment de l'Organisation internationale des migrations, situé dans une zone abritant des organisations internationales.

Le gouvernement avait alors loué l'efficacité des forces de sécurité, qui étaient parvenues, selon lui, à limiter le nombre de victimes.

La qualité du travail des forces de sécurité est en effet cruciale pour que le gouvernement puisse affronter les talibans lorsque les forces de l'Otan se retireront d'Afghanistan en 2014.

La police et l'armée sont entraînées par la coalition internationale mais beaucoup doutent de leur capacité à imposer la paix, dans un pays ravagé par 12 ans de guerre.

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