Mandela toujours dans un état grave

Des messages déposés devant le domicile de Mandela le 9 juin 2013 à Johannesbourg [Alexander Joe / AFP] Des messages déposés devant le domicile de Mandela le 9 juin 2013 à Johannesbourg [Alexander Joe / AFP]

L'état de santé de l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, hospitalisé samedi matin pour une infection pulmonaire, est "inchangé", a indiqué lundi la présidence, qui l'avait auparavant qualifié de "grave".

"L'ancien président Nelson Mandela est toujours hospitalisé et son état est stable. Madiba a été admis le samedi 8 juin 2013 pour être soigné dans un hôpital de Pretoria pour une infection pulmonaire", a indiqué la présidence dans un très bref communiqué après quarante-huit heures de silence.

Selon des journalistes, Mandela aurait reçu deux fois de la visite de sa famille à l'hôpital de Pretoria où les médias supposent qu'il est soigné. Mais la présidence refuse catégoriquement de confirmer le lieu de son hospitalisation.

Le héros de la lutte anti-apartheid aura 95 ans le 18 juillet. En deux ans et demi, c'est sa quatrième hospitalisation pour un problème pulmonaire, sans compter une visite à l'hôpital pour des examens.

Des fidèles en prière pour Mandela le 9 juin 2013 dans une église de Soweto [Alexander Joe / AFP]
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Des fidèles en prière pour Mandela le 9 juin 2013 dans une église de Soweto
 

Si officiellement, l'heure est toujours aux voeux de prompts rétablissements, les voix se font inhabituellement fortes cette fois pour dire que même les héros ont le droit de mourir un jour. "Il est temps de le laisser partir", titrait en Une le grand journal Sunday Times au-dessus d'une photo d'archives d'un Mandela souriant et saluant de la main, comme pour un au revoir.

"Sa famille doit le laisser maintenant, de façon à ce que Dieu puisse faire à sa façon", dit dans le Sunday Time Andrew Mlangeni, un ami de longue date de Mandela, résumant une opinion assez largement exprimée depuis 24 heures, sur les réseaux sociaux notamment. "Ils doivent le libérer, spirituellement, et s'en remettre à leur foi en Dieu (...) Nous dirons merci, Dieu, de nous avoir donné cet homme, et nous le laisserons partir", poursuit M. Mlangeni.

"Il mérite de partir dans la dignité"

Sur Twitter, les appels à laisser Mandela finir sa vie paisiblement s'accumulaient.

"Faut-il prier pour que Tata Madiba aille bien ou pour que Dieu le délivre de ses souffrances? Je crois qu'il est temps que nous le laissions partir", écrit @_Porchez. "Il est temps pour nous de le laisser s'en aller calmement, paisiblement, avec élégance. Il mérite de partir dans la dignité", ajoute @Merryl4d. "Tata" (père) et "Madiba" (son nom de clan) sont deux façons respectueuses et affectueuses de s'adresser à Mandela en Afrique du Sud.

Nelson Mandela le 12 février 2010 dans sa résidence de Cape Town [Elmond Jiyane / GCIS/AFP/Archives]
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Nelson Mandela le 12 février 2010 dans sa résidence de Cape Town
 

A Qunu, le village natal de Mandela dans le sud de l'Afrique du Sud profonde, son petit-fils et chef du clan Mandla Mandela, 39 ans, a observé un mutisme inhabituel à l'égard des journalistes venus lui demander des nouvelles, a rapporté la chaîne d'information continue eNCA.

Mandela était apparu très affaibli sur les dernières images de lui qui ont filtré fin avril, à l'occasion d'une visite à son domicile des plus hauts dirigeants du pays. On y voyait le vieil homme assis sur un fauteuil, les jambes cachées par une couverture, posées à plat sur un repose-pieds. Son visage semblait de cire et n'exprimait aucune émotion, alors que ses visiteurs plaisantaient autour de lui. A un moment, il semblait prononcer un mot.

En mars, des proches avaient aussi laissé entendre qu'il commençait à perdre la mémoire.

Il avait été hospitalisé pour la dernière fois fin mars début avril, pendant dix jours, également pour une infection pulmonaire récurrente, probablement liée aux séquelles d'une tuberculose contractée pendant son séjour sur l'île-prison de Robben Island, au large du Cap.

 
 

Mandela, bien que totalement retiré de la vie publique depuis des années, reste le symbole d'une Afrique du Sud unie par delà ses divisions raciales encore obsédantes. Il incarne le miracle d'un pays passé du régime ségrégationniste à la démocratie en 1994. Cette transition réussie lui a valu le prix Nobel de la paix en 1993, partagé avec le dernier président de l'apartheid, Frederik De Klerk.

L'archevêque Desmond Tutu, autre figure majeure de la lutte anti-apartheid et lui aussi prix Nobel de la paix, l'a qualifié un jour d'"icône mondiale de la réconciliation".

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