Netanyahu récuse les "conditions" palestiniennes

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 9 juin 2013 à Jérusalem [Abir Sultan / AFP] Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 9 juin 2013 à Jérusalem [Abir Sultan / AFP]

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré lundi que les "conditions" palestiniennes de reprise des pourparlers de paix avec Israël rendaient impossible tout retour à la table de négociations.

"Pour moi, l'établissement de conditions préalables est un obstacle insurmontable", a déclaré M. Netanyahu devant la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, selon un communiqué du Parlement rapportant ses propos.

Pour renouer le dialogue, la direction palestinienne exige un gel total de la colonisation israélienne et une référence aux lignes d'avant l'occupation israélienne des Territoires palestiniens en juin 1967 comme base de discussions.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a également demandé la libération des prisonniers palestiniens les plus anciens détenus par Israël.

M. Netanyahu appelle, lui, à des négociations immédiates sans "conditions préalables", en allusion à ces revendications qu'il récuse.

Il veut de son côté que les Palestiniens reconnaissent Israël comme "l'État nation du peuple juif".

Il prône un "accord basé sur un État palestinien démilitarisé (...) et des mesures de sécurité fermes,assurées par l'armée israélienne".

Le Premier ministre israélien, qui s'est prononcé pour "une solution à deux États", est entouré dans son gouvernement de partisans de la colonisation et d'adversaires déclarés d'un État palestinien, jusque dans son propre parti, le Likoud (droite).

"Il est clair que le gouvernement israélien dirigé par Netanyahu fuit des négociations et une paix véritables en posant des conditions préalables à tout accord de paix, notamment le maintien de l'armée d'occupation israélienne sur le territoire de l'État palestinien occupés depuis 1967", a déclaré à l'AFP Nabil Abou Roudeina, conseiller de Mahmoud Abbas.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 9 juin 2013 à Jérusalem [Abir Sultan / AFP]
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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 9 juin 2013 à Jérusalem
 

Ce dernier "est attaché à une paix fondée sur le droit international, à commencer par l'arrêt de la colonisation qui est entièrement illégale et sur la base des frontières de 1967 comme référence des négociations et la libération de tous les prisonniers dans les prisons israéliennes", a souligné M. Abou Roudeina.

"Netanyahu sait pertinemment qu'il n'y a pas de conditions palestiniennes. Il faut qu'Israël respecte les engagements signés par les gouvernements israéliens précédents", a renchéri le négociateur palestinien Saëb Erakat.

Selon lui, "il est très clair que les paroles de Netanyahu et de son gouvernement révèlent qu'ils se préparent à faire porter la faute au président Mahmoud Abbas, et c'est le début d'une échappatoire pour faire porter au président et à la direction palestinienne la responsabilité de la non-reprise des négociations".

Devant la prévisible impasse, le secrétaire d'État américain John Kerry a dû reporter une nouvelle navette prévue cette semaine au Proche-Orient.

Un diplomate du département d'État a confirmé les rumeurs qui circulaient depuis dimanche selon lesquelles M. Kerry avait repoussé son départ lundi de Washington pour Jérusalem, puis la Cisjordanie et la Jordanie. Le chef de la diplomatie américaine doit être présent à des réunions dans la capitale fédérale cette semaine, a expliqué à l'AFP ce responsable ministériel.

Le département d'État américain n'avait jamais annoncé cette visite au Proche-Orient, se contentant de répéter que le secrétaire d'État retournerait dans la région, pour la cinquième fois depuis son entrée en fonctions, au moment où il le jugerait utile pour favoriser la reprise de négociations de paix.

John Kerry a averti au début du mois Israël qu'il serait bientôt trop tard pour faire la paix avec les Palestiniens.

"Le temps presse. Les occasions se font rares", a-t-il plaidé, en réaffirmant que "la solution à un État n'existe tout simplement pas pour aucune des deux parties" israélienne et palestinienne.

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