Rome repasse à gauche

Des partisans du candidat du Parti démocrate Ignazio Marino, le 10 juin 2013 à Rome [Alberto Pizzoli / AFP] Des partisans du candidat du Parti démocrate Ignazio Marino, le 10 juin 2013 à Rome [Alberto Pizzoli / AFP]

La ville de Rome est repassée à gauche lundi à l'issue d'un scrutin municipal, premier test depuis la formation d'un gouvernement de coalition gauche-droite, marqué par une forte désaffection des électeurs.

Selon les projections des instituts de sondage, le médecin Ignazio Marino, candidat du Parti démocrate (PD) a remporté la mairie avec quelque 62,6% des voix, écrasant son adversaire, le maire sortant Gianni Alemanno, du parti PDL de Silvio Berlusconi.

M. Alemanno a reconnu sa défaite. Les résultats "pour le centre droit globalement en Italie ne sont pas positifs. A Rome, il perd le dernier maire important dans la réalité italienne", a-t-il dit, expliquant ce résultat par une "désaffection" des Italiens à l'égard de la politique.

Selon des résultats partiels publiés autour de 14H30 GMT par le ministère de l'Intérieur et portant sur près d'un tiers des votes, M. Marino était crédité de 63,9% des voix.

L'ex-maire de Rome Walter Veltroni s'est félicité de ce résultat qu'il a qualifié d'"excellente nouvelle pour la ville". "Le vote des Romains clôt enfin un quinquennat d'incurie et d'erreurs qu'Alemanno et son équipe ont commises par incapacité, manque d'amour (pour la ville) et intérêts personnels", a-t-il poursuivi.

Ignazio Marino, candidat du Parti démocrate (PD), célèbre son élection le 10 juin 2013 à Rome [Alberto Pizzoli / AFP]
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Ignazio Marino, candidat du Parti démocrate (PD), célèbre son élection le 10 juin 2013 à Rome
 

La gauche a gouverné la Ville éternelle pendant près de vingt ans, de 1989 à 2008, avant de céder la place à l'ex-néofasciste Alemanno.

Les autres résultats semblent montrer un net avantage pour les candidats du PD, parti de l'actuel chef du gouvernement Enrico Letta, dans une majorité de la soixantaine de communes où avait lieu un deuxième tour. C'est le cas notamment à Sienne (centre) ainsi que Brescia et Trévise, deux villes du nord, tenues jusqu'ici par la Ligue du Nord (droite).

L'enjeu était de taille aussi bien pour le PD, qui, après de nombreuses déconfitures, pourrait ainsi marquer un point, que pour le Peuple de la Liberté (PDL) de Silvio Berlusconi qui a perdu de nombreuses villes lors de ces élections partielles. Les deux partis se sont retrouvés contraints de gouverner ensemble - faute de majorité suffisante au parlement - heurtant parfois la base de leurs électeurs.

Relation de cause à effet? Le scrutin a été marqué par un fort taux d'abstention par rapport aux habitudes des Italiens. A 15H00 (13H00 GMT), selon des chiffres non définitifs du ministère de l'intérieur, le taux de participation s'élevait à 52,48% (contre 67,47% au premier tour, lui-même marqué par une baisse de quinze points par rapport au scrutin précédent de 2008).

"Ce n'est pas une baisse, c'est un écroulement. Même l'esprit municipal ne passionne plus. C'est le désenchantement", note le Corriere della Sera lundi dans un éditorial.

L'ex-maire de Rome Walter Veltroni, le 21 décembre 2012 à Rome [Alberto Pizzoli / AFP/Archives]
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L'ex-maire de Rome Walter Veltroni, le 21 décembre 2012 à Rome
 

Pour Antonio Noto, directeur de l'institut de sondages Ipr Marketing, c'est un effet de la crise économique et de la récession dans laquelle le pays est plongé depuis près de deux ans.

"Les chiffres nous montrent que les administrateurs locaux, parmi lesquels les maires, perdent du poids en raison de la crise. Manquant de moyens financiers, ils ne peuvent ni faire des travaux ni améliorer les services", a-t-il déclaré dans une interview au quotidien La Repubblica (gauche).

Dans Le Messagero, le sociologue Piergiorgio Corbetta, voit plus généralement dans la montée de l'abstention "un signal d'alarme" que "les politiciens continuent d'ignorer".

Outre la désaffection à l'égard de la classe politique, le premier tour, fin mai, dans 563 communes, avait aussi donné un coup d'arrêt au mouvement de Beppe Grillo, qui avait jusqu'ici le vent en poupe et avait remporté l'importante mairie de Parme lors de municipales partielles à la même époque l'an passé.

Beppe Grillo en meeting le 24 mai 2013 à Rome [Tiziana Fabi / AFP/Archives]
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Beppe Grillo en meeting le 24 mai 2013 à Rome
 

Aujourd'hui, le Mouvement Cinq étoiles (M5S) est très divisé et déstabilisé par les attaques tous azimuts de son chef, particulièrement depuis son échec au premier tour des municipales où il n'avait réussi à placer aucun candidat au ballotage dans les grandes villes.

La semaine dernière, il a qualifié le Parlement de "tombe malodorante, ne servant à rien". Et à la présidente de la Chambre, Laura Boldrini, qui s'offusquait de ces propos, il a conseillé d'"apprendre la Constitution", suscitant un tollé dans la classe politique.

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