Le pape reconnait la corruption et l'existence d'un lobby gay dans la Curie

Le pape François bénit la foule réunie sur la place Saint-Pierre au Vatican le 9 juin 2013 [Filippo Monteforte / AFP/Archives] Le pape François bénit la foule réunie sur la place Saint-Pierre au Vatican le 9 juin 2013 [Filippo Monteforte / AFP/Archives]

Le pape a reconnu la difficulté de réformer la Curie romaine, en évoquant un "courant de corruption" et l'existence d'un "lobby gay", selon des religieux latino-américains qui ont rendu compte de leur rencontre récente avec François.

Interrogé, le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi a souligné qu'il s'agissait d'un "entretien privé", auquel il n'était pas présent, et sur lequel il "n'avait aucun commentaire à faire" et ne pouvait "porter de jugement".

La réforme de la Curie (gouvernement de l'Eglise), voulue par "presque tous les cardinaux" lors des réunions préparatoires du dernier conclave, est une entreprise "difficile", a reconnu le pape lors d'une audience accordée le 6 juin aux responsables de la Confédération latino-américaine et des Caraïbes des religieux et religieuses (CLAR).

Selon une synthèse de cet échange de près d'une heure, rapportée le 11 juin par le site catholique progressiste Reflexión y Liberación et dévoilé mardi par des médias à Rome, le pape a ajouté : "Dans la Curie, il y a des gens saints, vraiment, mais il y a aussi un courant de corruption". "On parle de 'lobby gay', et c'est vrai, il existe. Il faut voir ce que nous pouvons faire", a-t-il encore affirmé selon ce compte-rendu.

"Je ne peux pas mener moi la réforme", poursuivait-il, reconnaissant être très "désorganisé". Ce sera le travail du groupe de huit cardinaux qu'il a nommés et qui doit se réunir pour la première fois de façon officielle à Rome au mois d'octobre.

Si ces propos sont authentiques, ce serait la première fois qu'un pape aura parlé aussi directement d'un problème si sensible à des hôtes extérieurs.

Avant l'élection du pape François, plusieurs journaux italiens avaient évoqué l'existence d'un "lobby gay" qui serait à la fois groupe de pression et victime de chantage de prélats au Vatican.

L'existence de ce réseau aurait bouleversé Benoît XVI et contribué à sa décision de démissionner. Mais le Saint-Siège avait démenti avec fermeté ces "médisances, désinformation et calomnies".

Mais, depuis très longtemps, des informations courent sur l'homosexualité de certains religieux, qui auraient des relations dans la plus grande discrétion à l'extérieur du petit Etat.

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