Rohani engrange les soutiens pour la présidentielle

Le candidat modéré à la présidentielle iranienne, Hassan Rohani, le 24 avril 2006 à Téhéran [Atta Kenare / AFP/Archives] Le candidat modéré à la présidentielle iranienne, Hassan Rohani, le 24 avril 2006 à Téhéran [Atta Kenare / AFP/Archives]

Les chances du modéré Hassan Rohani à la présidentielle en Iran se sont renforcées mardi face aux conservateurs, après l'appui de taille obtenu par deux ex-présidents et le retrait de la course du candidat réformateur.

Mohammad Reza Aref s'est désisté au profit de M. Rohani après la multiplication des appels en ce sens de dirigeants et militants du camp réformateur, dont son chef, l'ancien président réformateur Mohammad Khatami.

Ce dernier et l'ex-président modéré Akbar Hachémi Rafsandjani, ont appelé tous deux à voter pour M. Rohani vendredi.

"Je demande à tout le monde, en particulier les réformateurs et (...) à tous ceux qui veulent la grandeur de notre nation de participer à l'élection" et de voter "pour M. Rohani", a indiqué M. Khatami dans un message.

"En raison du devoir que j'ai vis-à-vis de mon pays et de l'avenir du peuple, je voterai pour mon cher frère Rohani", a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tard, M. Rafsandjani, un pilier du régime écarté de la course à la présidentielle de vendredi, a lui aussi apporté son appui à M. Rohani.

Des Iraniens devant des affiches en faveur de Hassan Rohani (g) et Mohsen Rezai (c), le 9 juin 2013 à Téhéran [Behrouz Mehri / AFP]
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Des Iraniens devant des affiches en faveur de Hassan Rohani (g) et Mohsen Rezai (c), le 9 juin 2013 à Téhéran
 

"Je voterai pour le Dr Rohani, qui est entré dans la course après m'avoir consulté", a dit M. Rafsandjani, qui a accompli deux mandats présidentiels entre 1989 et 1997, cité par l'agence de presse ILNA.

"Je le considère comme plus qualifié (que les autres candidats) pour diriger l'exécutif", a-t-il ajouté.

M. Rohani, un religieux âgé de 64 ans, désormais seul candidat de poids du camp réformateur et modéré, aura pour principaux adversaires, les conservateurs Saïd Jalili, Ali Akbar Velayati et Mohammad Bagher Ghalibaf.

Les deux autres candidats, le conservateur Mohsan Rezaïe et le modéré Mohammad Gharazi, apparaissent distancés dans la course.

Dans un communiqué officiel, le Conseil consultatif (regroupant modérés et réformateurs) a annoncé que "désormais Hassan Rohani est le candidat du camp réformateur".

"Dans une lettre, Mohammed Khatami, a jugé que mon maintien dans la course à la présidentielle n'était pas dans l'intérêt (du mouvement réformateur). J'ai donc décidé de me retirer de la course", a écrit M. Aref dans un communiqué publié son site (draref.ir).

"Même voie"

Ce retrait est le deuxième en deux jours, après celui du conservateur Gholam-Ali Hadad-Adel qui s'est désisté pour "favoriser l'élection d'un conservateur".

"Je suivrai la même voie que celle de Khatami et Rafsandjani", a dit M. Rohani lundi lors d'un rassemblement électoral. "Je n'approuve pas la politique étrangère actuelle du pays. Nous chercherons à avoir une bonne entente (avec les pays étrangers) pour réduire pas à pas les sanctions et les supprimer totalement".

M. Rohani prône une politique de souplesse dans les négociations avec les grandes puissances pour régler la crise du nucléaire iranien.

L'ancien candidat iranien réformateur à la présidentielle, Mohammad Reza Aref, le 10 juin 2013 à Téhéran [Behrouz Mehri / AFP]
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L'ancien candidat iranien réformateur à la présidentielle, Mohammad Reza Aref, le 10 juin 2013 à Téhéran
 

Sous la présidence de M. Khatami, M. Rohani était le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, et à ce titre, dirigeait les négociations nucléaires avec Paris, Londres et Berlin, entre 2003 et 2005.

L'Iran avait alors accepté la suspension de son programme d'enrichissement d'uranium et l'application du protocole additionnel au Traité de non prolifération nucléaire (TNP), qui permet des inspections surprises des installations nucléaires du pays.

En 2005, après l'élection du Mahmoud Ahmadinejad, il avait quitté son poste et l'Iran avait alors repris ses activités d'enrichissement et suspendu l'application du protocole additionnel.

Les partisans de Saïd Jalili, actuel chef des négociateurs nucléaires iraniens, ont durement critiqué la politique de M. Rohani en affirmant qu'il avait tout cédé sans rien obtenir.

Avant le désistement de M. Aref, des voix s'étaient élevées dans le camp conservateur pour appeler à l'unité.

"En cas de dispersion des voix, un candidat conservateur sera élu avec peu d'écart face au candidat des réformateurs qui pourront utiliser (cet argument) pour faire de la propagande (...) Cette dispersion n'est pas raisonnable", a prévenu Hassan Shariatmadari, le directeur du quotidien ultraconservateur Kayhan.

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