Syrie: les rebelles marquent un point à Alep, réunions à Washington

Photo fournie le 6 juin 2013 par le Shaam News Network, prise dans une rue d'Alep [ / Shaam News Network/AFP] Photo fournie le 6 juin 2013 par le Shaam News Network, prise dans une rue d'Alep [ / Shaam News Network/AFP]

Les rebelles syriens ont partiellement pris un aéroport militaire dans la province d'Alep, où l'armée prépare un assaut majeur, au moment où Washington s'apprête à examiner "toutes les options possibles" pour aider l'opposition qui semble perdre du terrain face au régime.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a reporté un voyage prévu cette semaine au Proche-Orient, officiellement pour participer à des réunions importantes à la Maison Blanche sur la Syrie.

Le président Barack Obama a demandé à son "équipe de sécurité nationale" -- qui comprend M. Kerry -- "d'examiner toutes les options possibles qui nous permettraient de remplir nos objectifs pour aider l'opposition syrienne", a expliqué à l'AFP la porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.

Le président Obama est sous pression depuis des mois pour armer la rébellion syrienne. Il s'en est jusqu'à présent tenu à une aide conséquente, mais non létale, de 250 millions de dollars.

Sur le terrain, les rebelles ont pris le bâtiment du radar dans l'aéroport de Mennegh, où des combats violents se déroulent depuis dimanche, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ajoutant que l'armée avait bombardé le périmètre de cet aéroport situé dans la province d'Alep. Cette offensive rebelle semble destinée à neutraliser la puissance de feu aérienne, principal atout du régime, au lendemain de l'annonce que l'armée s'apprêtait à lancer une offensive majeure pour reprendre le contrôle de la province d'Alep (nord).

"Il est probable que la bataille d'Alep commence soit dans les heures, soit dans les jours qui viennent", avait déclaré un responsable des services syriens de sécurité à l'AFP dimanche, quatre jours après la conquête de Qousseir (centre-ouest) par l'armée avec l'appui du Hezbollah libanais.

Des rebelles syriens le 27 mai 2013 à Alep [Ricardo Garcia Vilanova / AFP/Archives]
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Des rebelles syriens le 27 mai 2013 à Alep

Un ministre israélien a estimé lundi que le président syrien Bachar al-Assad pourrait remporter la guerre grâce à l'aide du Hezbollah chiite et de son allié iranien. "Si l'opposition ne fait pas de progrès et le régime réussit à survivre et à obtenir un très fort soutien (...) à savoir de l'Iran et du Hezbollah (...) il pourrait en fin de compte survivre", a déclaré à la presse le ministre israélien des Affaires internationales et du Renseignement, Youval Steinitz.

Au Liban, pays déchiré au sujet de l'intervention du Hezbollah aux côtés du régime syrien, un engin a explosé près du principal poste-frontière avec la Syrie. L'explosion visait deux véhicules se dirigeant vers la Syrie, qui ont poursuivi leur route malgré l'explosion, a indiqué une source de la Sécurité qui n'a pas fait état de victime et n'a pas pu préciser qui se déplaçait à bord de ces véhicules. Cette explosion intervient dans un contexte de tensions grandissantes au Liban, au lendemain de manifestations contre l'intervention du Hezbollah en Syrie.

Des militaires libanais sur les lieux d'une explosion, à proximité du principal poste-frontière avec la Syrie, le 10 juin 2013 [ / AFP]
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Des militaires libanais sur les lieux d'une explosion, à proximité du principal poste-frontière avec la Syrie, le 10 juin 2013

Le président libanais Michel Sleimane a appelé le Hezbollah et l'ambassade d'Iran à Beyrouth à coopérer à l'enquête sur la mort dimanche d'un homme manifestant contre le puissant mouvement chiite.

De leur côté, les monarchies pétrolières du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont annoncé lundi des sanctions contre "les membres" du Hezbollah touchant à "leur séjour" et à leurs intérêts "financiers et commerciaux".

L'Arabie saoudite, qui soutient les rebelles syriens, a également dénoncé l'intervention armée du Hezbollah en Syrie.

Côté rebelle, l'exécution d'un adolescent devant ses parents dimanche à Alep par des combattants qui l'avaient accusé de blasphème, a été condamnée par la Coalition de l'opposition syrienne, qui a assuré que "quiconque (...) commet un crime de guerre sera jugé quelque soit le camp auquel il appartient".

Des jihadistes belges combattant le régime syrien sont soupçonnés d'avoir commis des crimes de guerre, a rapporté la presse belge, indiquant en outre qu'un jeune combattant belge a été tué en Syrie et son frère arrêté à son retour en Belgique. Depuis plusieurs mois, les autorités belges s'inquiètent du départ de dizaines de jeunes musulmans vers la Syrie, où ils rejoindraient pour la plupart des milices islamistes indépendantes de l'Armée syrienne libre (ASL).

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