Des milliers de manifestants à Moscou contre Poutine

Vladimir Poutine lors d'une cérémonie le 12 juin 2013 à Moscou [Michael Klimentyev / AFP] Vladimir Poutine lors d'une cérémonie le 12 juin 2013 à Moscou [Michael Klimentyev / AFP]

Plusieurs milliers de Russes manifestaient mercredi à l'appel de l'opposition pour réclamer la libération de personnes détenues après une manifestation contre Vladimir Poutine il y a un an et protester contre le tour de vis opéré par le Kremlin.

Un peu plus de 7.000 personnes, toutes générations confondues, ont commencé à défiler vers 09H00 GMT en ce jour férié en Russie, selon une estimation de l'AFP. La police estimait pour sa part le nombre de manifestants à 5.000 à la mi-journée.

L'opposant numéro un au président russe Alexeï Navalny, rentré dans la matinée de Kirov, une ville à 900 km à l'est de Moscou où il est jugé pour "détournement de fonds", menait le cortège, au côté des chefs des mouvements libéraux Solidarnost et Parnas, Ilia Iachine et Mikhaïl Kassianov.

Ils tenaient une longue banderole clamant "Liberté aux prisonniers du 6 mai" et "Pour votre et notre liberté".

Les manifestants, appartenant à divers courants politiques, brandissaient des drapeaux, ainsi que des affiches avec des slogans tels que "Poutine, la honte de la Russie" ou encore "A bas l'autocratie présidentielle". Ils scandaient "la Russie sans Poutine" ou "un, deux, trois, Poutine va-t-en!". Un groupe criait pour sa part "Lioudmila sans Poutine", référence humoristique à l'annonce cette semaine par le chef de l'Etat de son divorce.

Une dizaine de partisans du Front de Gauche, le mouvement de l'opposant Sergueï Oudaltsov poursuivi pour participation à des troubles massifs et actuellement assigné à résidence, ont été interpellés au début de la marche, a indiqué la police moscovite.

Alexeï Navalny lors de son procès le 22 mai 2013 à Kirov [Sergey Brovko / AFP/Archives]
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Alexeï Navalny lors de son procès le 22 mai 2013 à Kirov
 

Les manifestants doivent marcher jusqu'à la place Bolotnaïa, face au Kremlin, où avait dégénéré une manifestation le 6 mai 2012 contre l'investiture au Kremlin, le lendemain, de Vladimir Poutine pour un troisième mandat présidentiel. Des dizaines de protestataires et une trentaine de policiers avaient ce jour-là été blessés au cours d'affrontements.

Le déclenchement des ces heurts reste controversé, l'opposition accusant les forces de l'ordre de les avoir provoqués pour justifier un tour de vis contre toute contestation. Une trentaine de personnes ont depuis été inculpées, et le procès de douze d'entre elles, qui risquent jusqu'à huit ans de camp pour avoir notamment participé à des "troubles massifs", a commencé la semaine dernière.

Des portraits des juges et des enquêteurs impliqués dans cette affaire, barrés de l'inscription "Arrêtons les bourreaux", ont été installés au point final de la marche, sur la place Bolotnaïa.

"Je suis venue tout d'abord demander la libération des détenus de Bolotnaïa. Ils ne sont pas coupables et sont en prison", a déclaré à l'AFP Anastasia Ioureva, 21 ans, venue manifester. Pour Tatiana, une retraitée âgée de 70 ans, participer aux manifestations de l'opposition est "le seul moyen de dire quelque chose aux autorités". "Elles nous entendent, sinon il n'y aurait pas autant de policiers ici. Elle ont peur de nous", a-t-elle ajouté.

"Ce régime est criminel, Poutine n'est pas un président légitime", a pour sa part lancé Svetlana Makarova, 39 ans.

La contestation contre Vladimir Poutine, président de 2000 à 2008 et Premier ministre de 2008 à 2012 faute de pouvoir enchaîner un troisième mandat consécutif au Kremlin, avait commencé après des fraudes massives dénoncées par l'opposition aux législatives remportées par le parti au pouvoir fin 2011.

Les protestations anti-Poutine critiquant également la corruption endémique dans le pays s'étaient alors multipliées.

Mais le durcissement entrepris depuis par le régime - au moyen d'arrestations, d'inculpations, mais aussi de nouvelles lois jugées "répressives" par l'opposition - a contribué à dissuader de nombreuses personnes à descendre dans la rue.

De fait, le nombre de manifestants mercredi était bien loin des 30.000 personnes escomptées par les organisateurs du défilé. "Cela fait longtemps que je participe aux manifestations mais aujourd'hui, j'ai développé un certain pessimisme", a confié Kirill, 28 ans.

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