Syrie: l'Autriche retire son contingent de Casques bleus du Golan

Un véhicule des Casques bleus autrichiens contrôlé le 12 juin 2013 au passage de Qouneitra par des soldats israéliens [Menahem Kahana / AFP] Un véhicule des Casques bleus autrichiens contrôlé le 12 juin 2013 au passage de Qouneitra par des soldats israéliens [Menahem Kahana / AFP]

L'Autriche a entamé mercredi le retrait de son contingent de la force de l'ONU sur le Golan après l'extension à ce secteur du conflit syrien qui prend une tournure de plus en plus confessionnelle avec une nouvelle tuerie de chiites.

A Washington, le secrétaire d'Etat américain John Kerry doit s'entretenir de la Syrie avec son homologue britannique William Hague après que les Etats-Unis ont affirmé examiner "toutes les options" pour aider l'opposition, en perte de vitesse face aux forces du régime de Bachar al-Assad.

Environ une semaine après des heurts entre armée syrienne et rebelles au passage de Qouneitra, unique point de contact entre Israël et la Syrie, l'Autriche, présente au sein de la force de l'ONU sur le Golan (FNUOD) depuis 1974, a entamé mercredi le retrait de ses 378 Casques bleus.

Ce pays est le plus gros contributeur à la FNUOD, chargée de faire respecter le cessez-le-feu entre Israël et la Syrie, officiellement en état de guerre.

Vingt soldats de la paix autrichiens ont ainsi franchi le passage pour pénétrer du côté israélien du Golan occupé, a constaté l'AFP. L'Etat hébreu occupe depuis 1967 quelque 1.200 km2 du plateau du Golan, qu'il a annexés, une décision qui n'a jamais été reconnue par la communauté internationale, environ 510 km2 restant sous contrôle syrien.

La décision autrichienne fait craindre un retrait d'autres contingents de la FNUOD, qui compte près d'un millier de soldats, alors que le Canada, le Japon et la Croatie avaient également retiré leurs troupes il y a quelques mois.

Le président Vladimir Poutine a proposé une force de paix russe pour remplacer le contingent autrichien, mais cette offre a été jugée non recevable par l'ONU, les accords de désengagement n'autorisent pas aux cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU de participer à une telle force.

Un conflit de plus en plus confessionel

Des véhicules des Casques bleus autrichiens  le 12 juin 2013 au passage de Qouneitra [Menahem Kahana / AFP]
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Des véhicules des Casques bleus autrichiens le 12 juin 2013 au passage de Qouneitra

Les chefs de la diplomatie américaine et britannique se rencontrent pour discuter de la manière d'aider les rebelles, dont les revers compliquent la tenue de la conférence de paix de Genève-2 entre régime et opposition.

Une perspective de paix est d'autant plus fragile que le conflit est de plus en plus confessionnel, dans un pays à majorité sunnite dirigé depuis plus de quarante ans par le clan Assad issu de la minorité alaouite (branche du chiisme).

Mardi, une soixantaine de villageois chiites pro-régime ont été tués dans l'est de la Syrie, en représailles à la mort de deux rebelles sunnites, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ces tueries sont intervenus dans le village à majorité sunnite de Hatlah, dans la province de Deir Ezzor (est).

Le caractère confessionnel du conflit, qui a fait plus de 94.000 morts depuis mars 2011, a été exacerbé par la participation du Hezbollah chiite libanais aux côtés du régime, lui permettant de reprendre il y a une semaine le bastion stratégique rebelle de Qousseir (centre-ouest).

"Le conflit est à un tournant", a estimé Paris qui, comme Washington, réfléchit aux moyens de renforcer les rebelles.

Des Casques bleus autrichiens  le 12 juin 2013 au passage de Qouneitra [Menahem Kahana / AFP]
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Des Casques bleus autrichiens le 12 juin 2013 au passage de Qouneitra

Les derniers succès de l'armée n'aident guère l'ONU, les Etats-Unis et la Russie dans leur tentative d'organiser une conférence internationale de paix, dite "Genève-2", dont la date n'a d'ailleurs pas encore été fixée.

"L'affaiblissement durable et profond d'une des parties ne favorise pas la tenue de Genève-2", a estimé le porte-parole des Affaires étrangères françaises Philippe Lalliot, estimant que la décision e livrer des armes "fait l'objet de réflexions".

A Washington, le président Barack Obama a demandé à son "équipe de sécurité nationale" "d'examiner toutes les options possibles qui nous permettraient de remplir nos objectifs pour aider l'opposition", a expliqué à l'AFP la porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.

Son homologue russe Vladimir Poutine a regretté de son côté que le président Assad n'ait pas engagé de réformes politiques, estimant que cela aurait évité la guerre civile. "S'il avait agi différemment, tout cela ne serait pas arrivé", a-t-il déclaré à la chaîne de télévision d'Etat RT. M. Poutine, dont le pays livre des armes à Damas, a néanmoins affirmé qu'il restait absolument opposé à une intervention étrangère en Syrie.

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