Union sacrée entre réformateurs et modérés pour la présidentielle

Des partisans du candidat à la présidentielle iranienne Saïd Jalil, chef des négociateurs nucléaires, brandissent le drapeau national lors d'un meeting à Téhéran le 12 juin 2013 [Behrouz Mehri / AFP] Des partisans du candidat à la présidentielle iranienne Saïd Jalil, chef des négociateurs nucléaires, brandissent le drapeau national lors d'un meeting à Téhéran le 12 juin 2013 [Behrouz Mehri / AFP]

Les réformateurs aspirent à prendre leur revanche vendredi lors de l'élection présidentielle iranienne, quatre ans après la victoire contestée de Mahmoud Ahmadinejad, en ayant réussi "l'union sacrée" avec les modérés face à un camp conservateur miné par les divisions.

Des six candidats encore en course, trois se sont détachés chez les conservateurs: l'ancien chef de la diplomatie Ali Akbar Velayati, le maire de Téhéran Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef des négociateurs nucléaires Saïd Jalili.

La campagne s'est terminée jeudi à 08H00 locales (03H30 GMT) mais les tractations se poursuivent en coulisse pour tenter d'empêcher le modéré Hassan Rohani d'être encore en lice le 21 juin.

Les camps modéré et réformateur partent unis derrière Hassan Rohani, après le retrait mardi du réformateur Mohammad Reza Aref.

Depuis, ses partisans se sont mobilisés sur les réseaux sociaux en appelant à un vote massif en sa faveur.

Il y a quatre ans, la réélection dès le premier tour de M. Ahmadinejad avait coupé court à tout espoir chez les réformateurs.

Les deux candidats malheureux, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, avaient dénoncé des fraudes massives et appelé leurs partisans à manifester. La contestation avait été sévèrement réprimée et les deux dirigeants réformateurs sont en résidence surveillée depuis 2011.

Hassan Rohani "est considéré désormais comme l'un des principaux candidats et ses chances d'être au second tour, s'il y en a un, sont plus importantes" après l'union des réformateurs et des modérés, a commenté à l'AFP Mehdi Fazayeli, un analyste politique conservateur basé à Téhéran.

Côté conservateurs, les appels se sont multipliés pour un désistement en faveur du mieux placé, alors que MM. Ghalibaf et Jalili semblent tenir la corde.

Mais les trois prétendants à la succession de Mahmoud Ahmadinejad ont écarté mercredi toute idée de retrait, assurant qu'ils resteraient en course jusqu'au bout.

En s'entêtant, les candidats "transforment le fleuve des votes conservateurs en une multitudes de petits ruisseaux", s'est alarmé jeudi Hossein Shariatmadari, éditorialiste du quotidien ultraconservateur Kayhan.

Des Iraniens devant des affiches électorales des candidats Hassan Rohani et Mohsen Rezai dans la ville de Qom, le 9 juin 2013 [Behrouz Mehri / AFP/Archives]
Photo
ci-dessus
Des Iraniens devant des affiches électorales des candidats Hassan Rohani et Mohsen Rezai dans la ville de Qom, le 9 juin 2013
 

"Jusqu'ici, l'alliance entre les réformateurs et les centristes a réussi là où les conservateurs ont échoué: bâtir une coalition et s'unir autour d'un candidat", a dit à l'AFP Reza Marashi, du Conseil national irano-américain, basé à Washington.

Hassan Rohani, un religieux modéré de 64 ans a reçu le soutien de poids des ex-présidents Akbar Hachémi Rafsandjani (modéré) et Mohammad Khatami (réformateur).

L'ancien négociateur en chef du dossier nucléaire entre 2003 et 2005 a également reçu le soutien de l'Association des religieux combattants, un groupe religieux réformateur lié à M. Khatami.

"Je demande à tout le monde, en particulier aux réformateurs" de voter pour M. Rohani, a annoncé mardi dans un message M. Khatami, président entre 1997 et 2005. Un peu plus tard, c'était au tour de M. Rafsandjani, un pilier du régime iranien au pouvoir entre 1989 et 1997, et écarté de la course cette année. Il a appelé mercredi les électeurs à participer au vote malgré "les doutes", assurant que "les sondages montrent que M. Rohani est en tête", selon l'agence Mehr.

La crise économique provoquée par les sanctions internationales décrétées contre le programme nucléaire de Téhéran a été au centre de la campagne. Les grandes puissances soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique, ce que Téhéran dément.

Un fossé est apparu entre les candidats sur l'attitude à adopter face aux Occidentaux. Saïd Jalili, représentant direct du guide suprême Ali Khamenei, est partisan d'une ligne dure, prônant une "économie de résistance" et un refus de toute "concession" aux grandes puissances.

 
 

Tous savent toutefois qu'ils n'auront que peu d'influence sur le dossier nucléaire car les questions stratégiques sont sous l'autorité directe de l'ayatollah Khamenei.

Le guide suprême, qui n'a pas fait de choix entre les candidats, a pour sa part appelé à une participation massive. "Certains ne veulent peut-être pas soutenir la République islamique pour une quelconque raison mais, pour leur pays, ils doivent aussi aller voter", a-t-il affirmé.

À suivre aussi

Le président français Emmanuel Macron s'adresse à la presse devant l'Elysée, le 22 août 2019. [GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP]
Diplomatie Nucléaire iranien : Macron tente une médiation avant le sommet du G7
Un drapeau iranien flotte à bord du pétrolier Adrian Darya, connu auparavant sous le nom de Grace 1, au large des côtes de Gibraltar le 18 août 2019 [Johnny BUGEJA / AFP]
Diplomatie L'Iran dit avoir mis en garde les Etats-Unis contre une saisie de son pétrolier
Le pétrolier iranien Grace 1 au large de Gibraltar, le 15 août 2019 [JORGE GUERRERO / AFP]
Iran Pétrolier à Gibraltar: Téhéran dément avoir donné des garanties sur sa destination

Ailleurs sur le web

Derniers articles