Grèce: quatrième journée de l'occupation de la télé publique après sa fermeture

Des employés de la radiotélévision publique grecque tiennent une assemblée générale dans son siège à Athènes, le 13 juin 2013 [Michalis Karagiannis / AFP] Des employés de la radiotélévision publique grecque tiennent une assemblée générale dans son siège à Athènes, le 13 juin 2013 [Michalis Karagiannis / AFP]

Des centaines d'employés de la radiotélévision publique grecque ERT, fermée abruptement par le parti de droite du Premier ministre, Antonis Samaras, sans l'accord des deux autres partenaires de la coalition gouvernementale, continuaient vendredi d'occuper le siège de l'organisme à Athènes pour la quatrième journée consécutive.

"Nous allons continuer l'occupation jusqu'à l'ouverture de l'ERT et le retrait de l'acte législatif ordonnant sa fermeture", a indiqué à l'AFP Nikos Tsimpidas, un représentant du syndicat des employés de la radiotélévision publique.

Depuis l'interruption des programmes de l'ERT mardi soir après l'extinction du signal par des forces de l'ordre qui ont pris acte de la décision gouvernementale, signée seulement par M. Samaras et le ministre de la Défense, Yannis Stournaras, les employés de l'ERT et des milliers de citoyens sont allés au siège de la station dans la banlieue nord d'Athènes pour tenter de la garder ouverte.

Les journalistes de l'ERT continuent depuis de produire des programmes concernant surtout les évolutions et les manifestations de soutien devant le siège de l'ERT, retransmis via des sites internet et l'Union européenne de radiotélévision (UER), qui a dénoncé la fermeture de l'organisme.

Une conférence de presse du président de l'UER, Jean-Paul Philippot, aura lieu à l'ERT vendredi après-midi, selon le syndicat de la station.

"La question est actuellement politique, il y a une crise gouvernementale et il faut la résoudre", a souligné M. Tsimpidas.

Les deux autres partis de la coalition gouvernementale, les socialistes Pasok et la gauche démocratique Dimar, ont exprimé ouvertement leur désaccord avec la fermeture de l'ERT, tout en affirmant "la nécessité de la restructuration" mais avec une "ERT ouverte".

Qualifiant l'ERT de "foyer de privilèges, d'opacité et de gaspillage", M. Samaras s'est lancé dans un bras de fer avec l'ERT après des mois d'arrêts de travail des employés de la station qui n'ont pas permis, selon lui, "une couverture" suffisante de ses déplacements à l'étranger ou ses rencontres à Athènes avec ses homologues européens.

Mais les syndicats ripostent que M. Samaras, lorsqu'il a accédé au pouvoir il y a un an, a nommé une nouvelle direction à l'ERT et embauché plusieurs employés, continuant la politique "de clientélisme" suivie par les gouvernements précédents depuis des décennies.

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