Le Hezbollah libanais va rester impliqué dans le conflit syrien

Le chef du Hezbollah chiite libanais Hassan Nasrallah sur un écran s'adresse à ses supporteurs, le 14 juin 2013 à Beyrouth [ / AFP] Le chef du Hezbollah chiite libanais Hassan Nasrallah sur un écran s'adresse à ses supporteurs, le 14 juin 2013 à Beyrouth [ / AFP]

Le Hezbollah chiite libanais, qui participe aux combats en Syrie auprès du régime du président Bachar al-Assad, va rester impliqué dans le conflit, a annoncé vendredi son chef Hassan Nasrallah.

"Avant Qousseir, c'est comme après Qousseir. Rien n'a changé", a-t-il dit, en référence à la ville syrienne reconquise le 5 juin par l'armée grâce à l'aide déterminante de son mouvement, allié indéfectible du régime.

"Le complot n'est-il pas le même? (...) Les faits ont-ils changé? Au contraire, de l'autre côté (pro-rébellion), il y a une tendance à attiser cette confrontation", a-t-il ajouté dans un discours retransmis sur grand écran.

"Pour faire tomber ce complot très très dangereux nous supporterons tous ces sacrifices et toutes ces conséquences", a-t-il lancé sur un ton de défi, après la condamnation de cette intervention par de nombreux pays arabes.

Damas qualifie de complot ourdi par l'étranger le conflit ayant fait au moins 94.000 morts selon une ONG depuis le début mi-mars 2011 d'un soulèvement populaire qui s'est militarisé face à la répression, jusqu'à dégénérer en guerre civile.

"Là où nous devons être, nous y serons. Là où nous avons commencé à assumer les responsabilités, nous continuerons d'assumer les responsabilités, sans entrer dans les détails", a poursuivi le chef du Hezbollah, qui vit et s'exprime depuis la guerre de 2006 contre Israël dans un endroit tenu secret pour des raisons de sécurité.

"Les détails dépendront des nécessités sur le terrain", a-t-il indiqué.

Le conflit en Syrie divise profondément les Libanais entre partisans et opposants du président Bachar al-Assad, et exacerbe les tensions confessionnelles. La majorité des chiites dans ce pays sont favorables au régime, tandis que les sunnites soutiennent la cause de l'opposition.

Image tirée de YouTube montrant le bombardement de Qousseir par le Hezbollah chiite libanais, le 24 mai 2013 [ / YouTube/AFP/Archives]
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Image tirée de YouTube montrant le bombardement de Qousseir par le Hezbollah chiite libanais, le 24 mai 2013
 

Le chef du Hezbollah a mis en garde contre les dissensions confessionnelles entre sunnites et chiites, alors que son parti est lui-même accusé d'avoir exacerbé ces tensions en soutenant le régime syrien, dirigé par la minorité alaouite (branche du chiisme) contre les rebelles, en très grande majorité sunnites.

"Guerre mondiale"

Il a défendu une nouvelle fois l'intervention du Hezbollah, arguant, comme le soutient Damas, qu'une "guerre mondiale" est menée contre la Syrie.

"Nous avons fait ce choix et nous y sommes engagés car nous étions convaincus que notre contribution serait efficace, et elle s'est révélée être efficace", a-t-il dit, en référence au succès militaire à Qousseir.

Le Hezbollah a été le fer de lance de la capture de cette ville stratégique proche de la frontière libanaise.

"Il y a un front visé par le projet américano-israélien et takfiri (extrémistes islamistes)", a-t-il poursuivi.

"L'alternative (au régime d'Assad) est le chaos et la gouvernance de ces groupes (takfiri)", a indiqué M. Nasrallah, qui s'exprimait à l'occasion de la "Journée des blessés" du parti.

"Si nous étions intervenus pour soutenir l'opposition, notre intervention aurait été bénie", a-t-il ironisé.

La Ligue arabe a dénoncé l'engagement du Hezbollah dans le conflit en Syrie et les monarchies pétrolières du Golfe, dans lesquelles habite une importante communauté libanaise, ont annoncé des sanctions contre "les membres" du Hezbollah en représailles à cette intervention.

Hassan Nasrallah a affirmé qu'il s'"attendait" à ces décisions et n'en était "pas surpris", tout en assurant "il n'y a pas de membres du Hezbollah dans le Golfe (...) nous n'avons pas de visées dans le Golfe ou ailleurs".

"Si quelqu'un pense nous menacer en nous inscrivant sur des listes de groupes terroristes ou à travers (la diaspora) libanaise, il se trompe. Cela renforcera notre conviction que nous sommes sur la bonne voie", a-t-il ajouté.

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