Pays-Bas: démission du président du Sénat pour avoir écarté Geert Wilders

Le chef de file de l'extrême-droite Geert Wilders lors de la cérémonie d'intronisation du roi Willem-Alexander des Pays-Bas, le 30 avril 2013 à Amsterdam [Robin Utrecht / Pool/AFP/Archives] Le chef de file de l'extrême-droite Geert Wilders lors de la cérémonie d'intronisation du roi Willem-Alexander des Pays-Bas, le 30 avril 2013 à Amsterdam [Robin Utrecht / Pool/AFP/Archives]

Le président du Sénat néerlandais a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi sa démission suite à des accusations selon lesquelles il aurait tenu le chef de file de l'extrême-droite Geert Wilders à l'écart pendant la cérémonie d'intronisation du roi Willem-Alexander en avril, ont rapporté les médias néerlandais.

Le quotidien de centre-gauche De Volkskrant avait assuré mercredi que Fred de Graaf avait écarté Geert Wilders du petit groupe de députés qui devaient escorter le roi à son entrée dans l'ancienne église où se tenait la cérémonie d'intronisation, retransmise en direct à la télévision.

Bien que le président du Sénat nie toute faute dans la manière dont ont été choisis les députés, il a annoncé sa démission son "intégrité ayant été remise en cause", selon l'agence de presse néerlandaise ANP.

Maître de cérémonie lors de l'intronisation le 30 avril, Fred de Graaf, membre du parti libéral (VVD) du Premier ministre Mark Rutte, avait expliqué au journal comment les cinq députés escortant Willem-Alexander avait été choisis.

"Dans mon esprit, la pensée que l'image de Wilders à côté du roi aurait attiré beaucoup d'attention a certainement joué un rôle", avait alors déclaré M. de Graaf, cité par le quotidien.

Geert Wilders, reconnaissable à ses cheveux blonds décolorés soigneusement coiffés en arrière, a régulièrement été critique envers la famille royale.

Le président du Sénat néerlandais Fred de Graaf prononce un discours lors de la cérémonie d'intronisation du roi Willem-Alexander, à Amsterdam le 30 avril 2013 [Peter Dejong / Pool/AFP/Archives]
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Le président du Sénat néerlandais Fred de Graaf prononce un discours lors de la cérémonie d'intronisation du roi Willem-Alexander, à Amsterdam le 30 avril 2013

Il avait notamment vertement critiqué la reine Beatrix en janvier 2012, lui reprochant d'avoir porté un voile dans des mosquées au sultanat d'Oman et aux Émirats Arabes Unis. La reine avait alors qualifié ces critiques d'"absurdes".

En tant que l'un des plus anciens députés de la chambre basse du parlement néerlandais, Geert Wilders aurait pu être choisi pour le cortège royal.

"C'est tout à son honneur, il s'agit de la seule bonne décision", a réagi le chef de file de l'extrême-droite néerlandaise pendant la nuit, cité par l'agence de presse néerlandaise ANP : "l'impartialité d'un président du Sénat ne doit laisser aucune place au doute et cela n'était clairement pas le cas".

Selon le chef de file du parti socialiste Emile Roemer, la position de M. de Graaf est devenue "en tous les cas intenable" : "il est clair qu'il a attiré une apparence de partialité sur lui-même et cela est inacceptable de la part d'un président", a-t-il assuré à l'ANP.

Son parti soutenait le précédent gouvernement avant que celui-ci ne démissionne en avril 2012, Geert Wilders ayant fait échouer les négociations sur la réduction du déficit budgétaire.

Le parti pour la liberté (PVV) de M. Wilders, qui lors de la dernière campagne électorale, s'était attaqué à l'Union européenne, était passé de 24 sièges à 15 à la chambre basse du parlement.

Le chef de file de l'extrême-droite a brièvement rencontré le roi jeudi : "heureusement, le président du Sénat et maître-manipulateur du VVD n'a pas pu l'empêcher", avait-il alors écrit sur Twitter.

Geert Wilders, dont le procès s'était ouvert en octobre 2010, avait été relaxé en juin 2011 d'incitation à la haine et à la discrimination envers les musulmans, pour avoir notamment appelé les musulmans à se conformer à la "culture dominante" ou à s'en aller.

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