L'Otan sur le point d'achever le transfert de la sécurité aux Afghans

Des recrues de l'armée nationale afghane s'entraînent à déminer, au nord de Mazar-i-Sharif, le 12 juin 2013 [Benjamin Sheppard / AFP] Des recrues de l'armée nationale afghane s'entraînent à déminer, au nord de Mazar-i-Sharif, le 12 juin 2013 [Benjamin Sheppard / AFP]

La force internationale de l'Otan en Afghanistan (Isaf) va transférer prochainement à l'armée afghane le contrôle des dernières zones du pays dont elle assure encore la sécurité, ultime étape d'un processus entamé en 2011, a-t-on appris samedi de sources concordantes.

Ce transfert devrait être officialisé lors d'une cérémonie qui aura lieu dans les prochains jours en présence du président afghan Hamid Karzaï, ont indiqué des responsables afghans et de l'Otan, sous le couvert de l'anonymat.

"Pour des raisons de sécurité", la date et les modalités de ce transfert ne seront communiquées que "plus tard", a indiqué à l'AFP un responsable gouvernemental afghan.

Quelque "95 districts dans 11 provinces seront inclus dans la cinquième et dernière étape" du transfert de sécurité, a ajouté ce responsable.

Le processus avait commencé en juillet 2011 avec des provinces comptant parmi les plus paisibles d'Afghanistan et va s'achever à l'inverse avec des zones marquées par l'insurrection : 13 districts concernés se trouvent dans la province de Kandahar (sud), bastion des talibans, et 12 districts dans chacune des provinces de Nangarhar, Khost et Paktika, sanctuaires des rebelles le long de la frontière pakistanaise, dans l'est afghan.

A l'issue de ce transfert, l'Otan passera à un rôle de soutien et de formation jusqu'au retrait à la fin 2014 des quelque 100.000 soldats de l'Isaf encore présents en Afghanistan.

Des soldats de l'ISAF gardent une route près de Laghman, en Afghanistan, le 5 juin 2013 [Waseem Nikzad / AFP/Archives]
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Des soldats de l'ISAF gardent une route près de Laghman, en Afghanistan, le 5 juin 2013
 

La fin du transfert de la sécurité "est l'une des questions très importantes pour l'Afghanistan", a déclaré à des journalistes Masoom Stanikzaï, secrétaire du Haut Conseil de la paix (HPC), structure mise en place mi-2010 par le président Karzaï pour établir des contacts avec les responsables talibans.

"L'idée que l'Afghanistan était occupée par des troupes étrangères qui resteraient éternellement dans le pays était l'un des principaux prétextes qui a permis aux talibans et à d'autres groupes de recruter des combattants", a-t-il ajouté.

Mais des doutes persistent quant à la capacité d'une armée afghane minée par les problèmes, à commencer par un fort taux de désertion, à prendre le relais et à maintenir la stabilité du pays.

Vendredi, le commandant de l'Isaf, le général Joseph Dunford, a averti que les progrès accomplis depuis douze ans pourraient s'effondrer si la communauté internationale arrête de soutenir le pays après 2014.

"Les progrès que nous avons faits ne seront pas durables sans un engagement international pérenne", a-t-il déclaré à plusieurs journalistes étrangers.

Pour le général Dunford, il faudra davantage d'investissement étranger pour faire de la police et de l'armée afghane des forces de sécurité combattantes modernes, efficaces et aptes à protéger la population, notamment face à la rébellion menée par les talibans, chassés du pouvoir à la fin 2001 et qui combattent depuis le gouvernement de Kaboul appuyé par l'Isaf.

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