Liban : trois chiites et un turc tués par des hommes armés

Des volontaires de la Croix rouge libanaise dans la vallée de la Békaa, le 8 juin 2013 [- / AFP/Archives] Des volontaires de la Croix rouge libanaise dans la vallée de la Békaa, le 8 juin 2013 [- / AFP/Archives]

Trois Libanais chiites et un Turc ont été tués par balle dimanche au Liban, dans l'est frontalier de la Syrie, selon un nouveau bilan d'un responsable des services de sécurité, dans un contexte de tensions confessionnelles exacerbées par le conflit syrien.

Le responsable avait auparavant indiqué que quatre Libanais chiites avaient été tués dans la région de Qaa dans la Békaa (est).

"Des hommes armés ont tué par balles deux membres du clan Jaafar, un membre du clan Amhaz et un Turc alors qu'ils faisaient de la contrebande de mazout dans cette région", a indiqué ce responsable à l'AFP sous le couvert de l'anonymat.

Les deux familles chiites Jaafar et Amhaz comptent parmi les clans les plus influents de la Békaa. Quant au ressortissant turc, dont la mère est Libanaise, il habitait dans la région, a précisé le responsable.

"Ils sont tombés dans une embuscade", a-t-il ajouté sans avancer de motifs.

L'incident s'est déroulé dans une zone agricole de Qaa, habitée et exploitée par des sunnites, et connue pour être un passage de contrebandiers.

Les habitants sunnites de cette zone sont originaires de la localité d'Aarsal, plus au sud, partisane de la rébellion syrienne.

Dans un communiqué parvenu à l'AFP, les habitants de cette localité ont "dénoncé fermement cette agression contre des membres honorables de la région (...) qui vise à semer la discorde confessionnelle entre les habitants d'Aarsal et ceux de la région (à majorité chiite)".

Point de passage

"Nous nous dissocions des auteurs de ce massacre quelle que soit leur identité", ont-ils souligné, appelant les forces de sécurité à les démasquer.

Des membres armés du clan Jaafar sont apparus près de la localité d'Aarsal à la suite de l'incident.

Le conflit en Syrie divise profondément les Libanais entre partisans et adversaires du régime syrien et exacerbe les tensions confessionnelles.

Les sunnites soutiennent la cause de l'opposition, tandis que la majorité des chiites au Liban, emmenée par le Hezbollah qui combat aux côtés de l'armée syrienne, est favorable au régime de Damas --dirigé par le clan Assad, membre de la minorité alaouite (branche du chiisme).

L'est du Liban, frontalier de la Syrie, est dominé par le puissant parti armé chiite, mais des localités à majorité sunnite comme Aarsal sont résolument hostiles au pouvoir à Damas.

Aarsal sert de point de passage entre les deux pays pour les réfugiés, les armes et les rebelles, selon des sources de la sécurité. Elle a été visée par plusieurs raids de l'armée de l'air syrienne.

Récemment, elle a accueilli des dizaines de blessés, notamment des insurgés, après la chute de Qousseir, bastion rebelle du centre-ouest de la Syrie conquis par l'armée avec l'aide déterminante du Hezbollah.

Cette implication du Hezbollah est un des facteurs ayant exacerbé les tensions entre chiites et sunnites.

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