Le gouvernement turc menace de recourir à l'armée

Le vice-Premier ministre turc Bulent Arinç, le 4 juin 2013 à Ankara [- / AFP] Le vice-Premier ministre turc Bulent Arinç, le 4 juin 2013 à Ankara [- / AFP]

Le gouvernement turc a menacé vendredi de faire intervenir l'armée pour empêcher les éventuelles manifestations à Istanbul et dans toute la Turquie, a indiqué lundi le vice-Premier ministre Bulent Arinç.

"Tout d'abord, un policier n'est pas un vendeur de rue mais un membre des forces de l'ordre. Les policiers useront de tous les moyens qui leur sont conférés par la loi", a déclaré M. Arinç dans un entretien accordé à la télévision A Haber, ajoutant que "personne ne peut se plaindre de la police".

"Si cela ne suffit pas, même les forces armées turques peuvent être utilisées dans les villes sous l'autorité des gouverneurs" de régions, a-t-il ajouté.

Depuis le début de la contestation le 31 mai, le gouvernement turc a eu recours à la police antiémeute pour réprimer les manifestants à Istanbul et à Ankara.

Manifestants à l'assaut d'un canon à eau de la police le 16 juin 2013 à Ankara [Adem Altan / AFP]
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Manifestants à l'assaut d'un canon à eau de la police le 16 juin 2013 à Ankara
 

Cette utilisation de la police dans un pays qui a connu au XXe siècle quatre coups d'Etat militaires avait mis en lumière le lien privilégié entre le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et les forces de police.

Par contraste, elle avait souligné l'absence de l'armée, qui se considère comme la gardienne de l'héritage laïc de Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la Turquie moderne en 1923.

En onze ans au pouvoir, M. Erdogan a progressivement mis au pas l'armée, procédant à des purges régulières, tandis que la justice juge des centaines d'officiers pour des coups d'Etat passés ou pour complot visant à renverser son gouvernement islamo-conservateur.

Le gouvernement a déjà eu ponctuellement recours à la gendarmerie, un corps de militaires dépendant du ministère de l'Intérieur.

Dimanche, quelques heures après l'opération coup de poing visant à évacuer le parc Gezi à Istanbul, des unités de gendarmes avaient été déployées à l'entrée d'un des deux ponts enjambant le Bosphore pour protéger la rive européenne de tout rassemblement de manifestants venant de la partie asiatique d'Istanbul.

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