Turquie: dizaines d'arrestations en lien avec les manifestations

Un homme arrêté le 18 juin 2013 place Taksin à Istanbul emmené dans une voiture de police [Marco Longari / AFP Photo] Un homme arrêté le 18 juin 2013 place Taksin à Istanbul emmené dans une voiture de police [Marco Longari / AFP Photo]

La police turque a procédé tôt mardi à des dizaines d'arrestations dans des milieux d'extrême-gauche en lien avec les manifestations antigouvernementales qui secouent le pays depuis depuis la fin mai, ont affirmé des sources concordantes.

A Istanbul, la police a arrêté à leurs domiciles quelque 90 membres du Parti socialiste des opprimés (ESP), une petite formation active dans les manifestations, a indiqué à l'AFP le barreau d'Istanbul.

Elle a également investi les locaux d'un quotidien, Atilim, et d'une agence de presse, Etkin, proches de ce parti, ont rapporté les chaînes d'information NTV et CNN-Türk.

Le député Sirri Sürreya Önder a confirmé sur Twitter l'arrestation à son domicile du vice-président de l'ESP, Alp Altinörs, à laquelle il a assisté.

Des camions de l'armée le 17 juin 2013 à Istanbul [Bulent Kilic  / AFP Photo]
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Des camions de l'armée le 17 juin 2013 à Istanbul
 

NTV mentionne également l'interpellation de 30 personnes à Ankara, de 13 autres à Eskisehir (nord-ouest) et des opérations de la police dans 18 autres provinces.

Le ministre turc de l'Intérieur, Muammer Güler, a pour sa part donné un bilan de 62 arrestations à Istanbul et 23 à Ankara, selon CNN-Türk.

"L'opération, préparée depuis un an par des procureurs antiterroristes, vise l'organisation terroriste MLKP (Parti communiste marxiste-léniniste), qui a également participé aux manifestations du parc Gezi", d'où est parti le mouvement national de contestation, a affirmé M. Güler, cité par la chaîne sur son site internet.

La police turque a déjà arrêté près de 600 personnes dimanche à Istanbul et Ankara dans les manifestations antigouvernementales, selon les barreaux de ces deux villes.

La police peut procéder à quatre jours de garde à vue, selon la loi turque, avant de présenter le suspect à un procureur qui décidera de son éventuelle inculpation, de son placement en détention préventive ou de sa remise en liberté.

 
 

"Nous évaluons les applications à l'étranger concernant cette question", a indiqué cette source, citée par le quotidien.

Le ministre de l'Intérieur a souligné mardi qu'il "n'est pas question de restrictions" d'accès aux médias sociaux, mais a fait état de travaux en cours "contre le cybercrime". "Une identification des gens qui échauffent le peuple et qui commettent des crimes est en cours", a-t-il dit.

Quelque 25 personnes avaient été arrêtées début juin à Izmir (ouest) pour avoir twitté des "informations fausses ou diffamatoires" relatives aux manifestations, avant d'être relâchées.

 

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