L'opposition syrienne reste déterminée

Un rebelle syrien tire sur l'armée du régime de Bachar al-Assad depuis le village de Kfarruma en Syrie, le 14 juin 2013 [Daniel Leal Olivas / Daniel Leal Olivas/AFP/Archives] Un rebelle syrien tire sur l'armée du régime de Bachar al-Assad depuis le village de Kfarruma en Syrie, le 14 juin 2013 [Daniel Leal Olivas / Daniel Leal Olivas/AFP/Archives]

L'opposition syrienne a affirmé mercredi qu'elle poursuivrait la guerre pour renverser Bachar al-Assad faute d'une solution politique prévoyant son départ, au moment où les troupes du régime, appuyées par le Hezbollah libanais, renforcent la pression sur les rebelles près de Damas.

L'armée tente d'écraser la rébellion autour de la capitale afin de couper les lignes d'approvisionnement des poches insurgées dans Damas. Une stratégie qui menace 120.000 habitants du sud de la capitale, assure l'opposition.

Le régime empêche l'entrée de "nourriture et de médicaments" et "vise systématiquement médecins et humanitaires" dans ces zones où les civils vivent "dans la peur, sans électricité et aucun moyen de fuir ce massacre programmé", affirme-t-elle dans un communiqué, en appelant à la communauté internationale.

Sur place, le militant anti-régime Matar Ismaïl fait le même constat.

"La situation humanitaire est très grave. Selon nous, le régime essaye de tester la force des rebelles en vue d'avancer dans le sud de la capitale", dit-il via internet à l'AFP.

Soldat de l'armée du régime de Bachar al-Assad à à Qousseir en Syrie, le 8 juin 2013 [- / AFP]
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Soldat de l'armée du régime de Bachar al-Assad à à Qousseir en Syrie, le 8 juin 2013
 

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a fait état de combats et bombardements à Zayabiya et Babila, deux localités rebelles où cohabitent sunnites et chiites situées non loin de Sayeda Zeinab, lieu saint chiite dans le sud-est de la capitale où "les combattants du Hezbollah sont présents en force", selon l'ONG.

Le Hezbollah, allié indéfectible de Damas, affirme combattre en Syrie pour empêcher la chute du régime de Bachar al-Assad et défendre les lieux saints chiites.

Il a joué un rôle déterminant dans la capture le 5 juin de Qousseir, ville stratégique proche de la frontière libanaise et son chef, Hassan Nasrallah, a affirmé vendredi que sa formation resterait impliquée dans le conflit.

Ses hommes et ceux de la brigade Abou al-Fadel Abbas, une milice pro-régime composée en majorité de chiites syriens rejoints par des combattants étrangers également chiites, jouent désormais un rôle clé dans les combats autour de Damas, selon la Coalition de l'opposition.

Photo fournie par l'agence officielle syrienne Sana de Bachar al-Assad, le 17 juin 2013 à Damas [- / SANA/AFP]
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Photo fournie par l'agence officielle syrienne Sana de Bachar al-Assad, le 17 juin 2013 à Damas
 

Al-Manar, la télévision du Hezbollah, a d'ailleurs rapporté que l'armée avançait vers Zayabiya.

Mais le président américain Barack Obama a refusé de préciser la nature de la nouvelle aide américaine aux insurgés syriens, après que des responsables américains ont évoqué de possibles livraisons d'armes légères.

Cette aide sera toutefois discutée samedi par les "Amis de la Syrie" réunis à Doha pour répondre aux besoins exprimés par le plus important chef militaire de la rébellion, qui souhaite notamment obtenir des armes sophistiquées comme des missiles antichars et des missiles antiaériens.

 

"Tous les moyens, y compris militaire"

Après plus de deux ans d'un conflit qui a fait selon l'ONU 93.000 morts et plus d'1,6 million de réfugiés, l'opposition a exprimé ses réserves quant à sa participation à la conférence Genève-2 à laquelle le G8 a appelé mardi, préférant poursuivre l'option militaire jusqu'au départ de M. Assad.

Barack Obama et Vladimir Poutine, le 17 juin 2013 à Enniskillen en Irlande du Nord  [Jewel Samad / AFP]
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Barack Obama et Vladimir Poutine, le 17 juin 2013 à Enniskillen en Irlande du Nord
 

Cette réunion, proposée par Washington et Moscou, vise à rassembler la communauté internationale autour de représentants de l'opposition et du régime en vue de parvenir à un règlement politique.

Les "Amis de la Syrie" doivent l'évoquer samedi à Doha, mais Moscou, allié indéfectible de Damas, a déjà prévenu que cette conférence ne devait pas signifier la "capitulation" du régime de M. Assad qui refuse catégoriquement de quitter le pouvoir.

"Nous sommes engagés à accepter toute solution politique (...) en vue de la chute du régime d'Assad", indique l'opposition dans un communiqué.

Et pour parvenir à cette fin, l'opposition "se réserve le droit d'utiliser tous les moyens (...) y compris l'action militaire", ajoute le texte.

Dans le Golan, après le départ des troupes canadiennes, japonaises, croates, et le début du retrait des Autrichiens, Manille a indiqué qu'elle maintiendrait ses 300 Casques bleus au sein de la Force de l'observation du désengagement sur le Golan (Fnuod) jusqu'au mois d'août au moins, alors que 25 d'entre eux ont été enlevés ces derniers mois.

La Fnuod est chargée de faire respecter un cessez-le-feu sur le plateau du Golan, région du sud-ouest de la Syrie occupée en grande partie par Israël.

 

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