Rejet d'un recours crucial de Berlusconi

L'ex-Premier ministre Silvio Berlusconi, le 11 mai 2013 à Brescia en Italie [Olivier Morin / AFP/Archives] L'ex-Premier ministre Silvio Berlusconi, le 11 mai 2013 à Brescia en Italie [Olivier Morin / AFP/Archives]

La Cour constitutionnelle italienne a rejeté mercredi un important recours déposé par l'ex-Premier ministre Silvio Berlusconi pour obtenir l'annulation d'une condamnation pour fraude fiscale qui risque de l'obliger à renoncer à tout mandat électoral.

Le Cavaliere avait soulevé un conflit d'attribution des pouvoirs entre le tribunal de Milan et la présidence du Conseil car la cour lui avait refusé en mars 2010 l'excuse de la tenue d'un conseil des ministres pour ne pas assister à une audience du procès Mediaset.

Dans ce procès qui concerne l'achat-revente de droits de séries télévisées américaines, où il est poursuivi pour fraude fiscale, M. Berlusconi a été condamné en première instance et en appel, le 8 mai dernier, à un an de prison (en réalité à quatre ans dont trois annulés pour cause d'amnistie) et surtout à l'interdiction d'exercer toute charge publique pendant cinq ans.

"choqués, amers et profondément inquiets"

Les avocats de M. Berlusconi se sont pourvus en Cassation -- leur plainte a été déposée ce mercredi -- et cette cour, la plus haute juridiction pénale en Italie devrait statuer au plus tôt à l'automne.

Le Premier ministre Enrico Letta lors du sommet du G8, le 18 juin 2013 à Enniskillen en Irlande du Nord [Kerim Okten / POOL/AFP]
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Le Premier ministre Enrico Letta lors du sommet du G8, le 18 juin 2013 à Enniskillen en Irlande du Nord
 

Si les magistrats siégeant à Rome devaient à ce moment-là confirmer la condamnation prononcée à Milan, le Cavaliere, entré en politique au centre droit il y a près de 20 ans, se retrouverait automatiquement privé de son mandat de sénateur, conquis lors des élections législatives de fin février.

"On tente de m'éliminer de la vie politique mais je vais de l'avant", a réagi M. Berlusconi, avant de réitérer son soutien "loyal" au gouvernement gauche-droite d'Enrico Letta.

Plusieurs ministres de son parti membres de cet exécutif se sont toutefois dits "choqués, amers et profondément inquiets", estimant dans un communiqué que la décision de la Cour constitutionnelle "décrète le caractère subalterne de la politique à l'égard de l'ordre judiciaire".

L'un de ses lieutenants Maurizio Gasparri a été jusqu'à affirmer que les parlementaires PDL pourraient quitter massivement le parlement, en cas d'interdiction de toute charge publique pour Berlusconi.

Mais il a été démenti par plusieurs proches du magnat des médias.

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