Election présidentielle en Macédoine

Affiches électorales de  Nikola Gruevski candidat à la présidentielle, le 11 avril 2014 à Skopje [Robert Atanasovski  / AFP] Affiches électorales de Nikola Gruevski candidat à la présidentielle, le 11 avril 2014 à Skopje [Robert Atanasovski / AFP]

Les Macédoniens votaient dimanche au premier tour de l'élection présidentielle, un test pour le parti conservateur au pouvoir (VMRO-DPMNE), à deux semaines des législatives anticipées du 27 avril.

Quatre candidats, dont le président sortant Gjorge Ivanov du VMRO-DPMNE, briguent la magistrature suprême pour un mandat de cinq ans, un poste doté néanmoins de pouvoirs symboliques.

Selon les sondages, M. Ivanov, 53 ans, est crédité de 30% des intentions de votes face à Stevo Pendarovski (16,2%), candidat de l'opposition de gauche (SDSM). Une formation de la communauté albanaise présente son propre candidat.

Plus de 3.000 bureaux de vote ont ouvert à 05H00 GMT et fermeront à 17H00 GMT.

Si aucun candidat n'obtient plus de 50% de voix pour être élu dès le premier tour, un second tour de scrutin sera organisé le 27 avril, en même temps que les élections législatives anticipées.

Sonja Veskova, une entrepreneuse âgée de 35 ans, a dit avoir voté pour le candidat de l'opposition. "Il serait bien pour la Macédoine d'avoir un certain équilibre avec le président issu de l'opposition, car je m'attends à ce que le parti au pouvoir emporte de nouveau les élections parlementaires", a-t-elle dit.

Le vote est assombri par la grave situation économique que connaît ce pays des Balkans où le chômage frappe plus de 28% de ses deux millions d'habitants. La Macédoine a enregistré une chute de 0,4% de sa croissance économique en 2012 mais son PIB a rebondi de 3,1% en 2013 grâce au secteur du bâtiment et aux exportations. Les autorités tablent sur une croissance de 3% en 2014.

Des supporters de Stevo Pendarovski lors d'un meeting le 6 avril 2014 à Skopje [Robert Atanasovski  / AFP/Archives]
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Des supporters de Stevo Pendarovski lors d'un meeting le 6 avril 2014 à Skopje
 

L'opposition affirme que le principal obstacle sur la voie de l'intégration dans l'Union européenne et l'Otan est lié à la dispute avec la Grèce sur le nom même de cette ex-république yougoslave, indépendante depuis 1991.

Candidate à l'adhésion à l'UE depuis 2005, Skopje n'a pas enregistré de progrès significatifs justement à cause de la dispute avec Athènes.

La Grèce dénie à sa voisine le droit d'user du nom de Macédoine, portée par sa région nord et qu'elle juge historiquement grec, et propose une appellation comportant un déterminant géographique comme "Macédoine du Nord", mais refuse qu'elle ne s'applique qu'aux seules relations bilatérales, comme le souhaite Skopje.

L'opposition réclame la tenue d'élections législatives anticipées depuis environ un an, accusant la coalition au pouvoir de ne pas être en mesure de surmonter les difficultés économiques et politiques auxquelles le pays est confronté. Le leader du VMRO-DPMNE, le Premier ministre, Nikola Gruevski, est au pouvoir depuis 2011 en coalition avec une formation albanaise, l'Union démocratique pour l'intégration (DUI).

Selon un dernier sondage, lors du scrutin du 27 avril, le parti au pouvoir obtiendrait 59 des 123 sièges du Parlement, contre 36 sièges pour l'opposition.

Les relations entre Albanais et Macédoniens sont épisodiquement marquées par des tensions depuis un conflit de sept mois ayant opposé en 2001 les forces gouvernementales à la guérilla albanaise de Macédoine.

Le conflit s'était conclu par un accord de paix en août 2001, prévoyant des droits accrus pour la minorité albanaise qui représente environ 25% des deux millions d'habitants de la Macédoine.

 

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