Crash du vol AH5017 : les enquêteurs au travail

Débris du vol d'Air Algérie, le 26 juillet 2014 dans la région de Gossi [Sia Kambou / AFP] Débris du vol d'Air Algérie, le 26 juillet 2014 dans la région de Gossi [Sia Kambou / AFP]

Les experts enquêtant sur le crash d'un avion d'Air Algérie dans le nord du Mali poursuivaient dimanche leur travail dans une zone d'accès difficile où l'appareil s'est désintégré en s'écrasant, laissant aux familles des 118 morts peu d'espoir de récupérer le corps des leurs.

 

La seconde boîte noire de l'avion, retrouvée samedi par des experts de la mission de l'ONU au Mali (Minusma) sur le site de la catastrophe dans la zone de Gossi, est arrivée le même jour à Gao, la plus grande ville du nord du pays, a indiqué dimanche à l'AFP la porte-parole de la Minusma, Radia Achouri.

Gao est à environ 100 km au nord-est de Gossi.

La première des deux boîtes - qui enregistrent les paramètres de vol et les conversations dans la cabine de pilotage - avait été récupérée vendredi parmi les débris de l'appareil par des militaires français et acheminée à Gao, où est basé "le centre de gestion tactique des opérations" sur le crash, associant la France, le Mali et la Minusma.

La France est déployée militairement depuis janvier 2013 au Mali, où elle compte actuellement "environ 1.600 hommes" qui y "poursuivent une mission de lutte contre les groupes armés terroristes tout en appuyant" les forces maliennes et de la Minusma, selon le ministère français de la Défense.

Un homme représentant les Burkinabés décédés se recueille sur le site du crash de l'avion d'Air Algérie dans la région de Gossi, le 26 juillet 2014 [Sia Kambou / AFP]
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Un homme représentant les Burkinabés décédés se recueille sur le site du crash de l'avion d'Air Algérie dans la région de Gossi, le 26 juillet 2014

Dépêchés par Paris, une vingtaine de gendarmes et de policiers ainsi qu'une équipe Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) sont arrivés samedi à Gao, d'où ils se sont rendus sur le site du drame.

Sur place, "leur travail technique consiste à recueillir le maximum d'informations" sur l'avion et l'accident, ce qui devrait prendre "quelques jours", selon Rémi Jouty, directeur du BEA.

Ensuite, les enquêteurs se concentreront sur "l'exploitation des enregistreurs et la collecte d'autres données, de contrôle aérien, les données météo" notamment, a indiqué samedi M. Jouty, estimant qu'il était actuellement "trop tôt pour faire la moindre hypothèse" sur la cause de l'accident.

Plusieurs spécialistes ont évoqué les mauvaises conditions météorologiques.

L'avion d'Air Algérie, un McDonnell Douglas MD-83 loué auprès de la société espagnole SwiftAir, était parti de Ouagadougou pour Alger dans la nuit de mercredi à jeudi et s'est écrasé 50 minutes après avoir décollé.

Aucune des 118 personnes à son bord - 112 passagers (54 Français, 23 Burkinabè, huit Libanais, six Algériens et des ressortissants d'autres pays) et les six membres, espagnols, de l'équipage - n'a survécu.

 

- Des prières pour les disparus -

 

En France, où les drapeaux seront mis en berne pour trois jours à partir de lundi en signe de deuil, des familles des victimes françaises ont été reçues samedi par le président François Hollande.

Les débris de l'avion d'Air Algérie le 26 juillet 2014, deux jours après son crash dans la région de Gossi au Mali [Sia Kambou / AFP]
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Les débris de l'avion d'Air Algérie le 26 juillet 2014, deux jours après son crash dans la région de Gossi au Mali

"Lorsque ce sera possible, tous les corps seront ramenés en France. Je dis bien tous les corps de tous les passagers de ce vol", a déclaré M. Hollande.

Au Burkina Faso, des proches de victimes de diverses nationalités ont aussi été reçus samedi par le président Blaise Compaoré, qui a annoncé l'ouverture depuis jeudi par le procureur de Ouagadougou d'une enquête judiciaire pour rechercher les causes de la catastrophe.

En plus d'être en quête de la vérité sur le crash, les familles espèrent récupérer des corps ou restes de corps des leurs pour, selon une Burkinabè, Mme Alima Traoré, "pouvoir commencer à faire le deuil".

Le chef d'état-major particulier du président burkinabè, le général Gilbert Diendiéré, a affirmé que la récupération des dépouilles mortelles serait extrêmement difficile, voire quasiment impossible, l'avion s'étant désintégré en s'écrasant, avec des débris éparpillés sur une grande étendue.

"Je ne pense pas qu'on puisse reconstituer les corps (...), ils ont été éparpillés, dispersés. Je ne suis pas sûr qu'on puisse (en) retrouver certains", a-t-il prévenu. Selon lui, certaines familles ont souhaité "au moins (...) avoir les cendres" de leurs proches.

 
 

Dimanche, dans beaucoup d'églises au Burkina Faso, s'élevaient des prières pour les disparus. Samedi soir, l'archidiocèse de Ouagadougou avait dit une messe en leur mémoire, qui a rassemblé des ressortissants de diverses nationalités.

A l'aéroport de la capitale burkinabè, sur un tas de sable, des proches et anonymes ont déposé un ours en peluche, des fleurs et des bougies à côté de photos de certaines victimes de l'accident.

Au Mali, une délégation gouvernementale a rendu visite dimanche matin à Kati (près de Bamako) à la famille de l'unique ressortissant malien ayant péri dans le crash, le réalisateur Bakary Diallo.

 

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