Ukraine : reprise des recherches sur le site du crash du MH17 après des tirs

Un soldat ukrainien garde un barrage routier à Debaltsevo, dans la région de Donetsk, le 2 août 2014  [Anatolii Stepanov / AFP] Un soldat ukrainien garde un barrage routier à Debaltsevo, dans la région de Donetsk, le 2 août 2014 [Anatolii Stepanov / AFP]

Des dizaines d'experts doivent reprendre dimanche leurs recherches de restes humains et de débris sur le site du crash du vol MH17, secoué la veille par des tirs d'artillerie qui ont perturbé leur travail dans cette zone d'Ukraine contrôlée par les séparatistes prorusses.

 

A Grabové, où sont tombés les débris de l'avion le 17 juillet, des dizaines d'enquêteurs néerlandais, australiens et malaisiens ont passé plusieurs heures samedi à s'affairer dans les morceaux épars du Boeing sous la surveillance de rebelles armés, a constaté une journaliste de l'AFP.

Des chiens renifleurs étaient également sur place à la recherche des restes de victimes, qui constituent la priorité à ce stade plutôt que l'élucidation des causes de la catastrophe.

Un petit groupe d'experts qui s'était rendu sur une autre partie du site à la recherche de morceaux de fuselage a choisi en revanche de quitter les lieux alors que des explosions dues à des tirs d'artillerie se rapprochaient, a indiqué l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) qui encadre l'équipe d'experts.

"C'était suffisamment proche pour que nous décidions de partir, l'impact des tirs d'artillerie était très bruyant et le sol tremblait", a expliqué à la presse Alexander Hug, chef adjoint de la mission en Ukraine de l'OSCE.

En revanche, sur la partie du site où sont menées les recherches les plus actives, les travaux ont pu continuer malgré des tirs de mortiers entendus à distance et ont permis de mettre à jour de nouveaux restes humains, pour le deuxième jour consécutif, a indiqué la mission néerlandaise dans un communiqué.

Des membres de l'organisation Aids Fonds rendent hommage aux victimes du crash du vol MH17, dont six spécialistes du sida, lors de la gay pride d'Amsterdam, le 2 août 2014 [Bas Czerwinski / ANP/AFP]
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Des membres de l'organisation Aids Fonds rendent hommage aux victimes du crash du vol MH17, dont six spécialistes du sida, lors de la gay pride d'Amsterdam, le 2 août 2014

Les restes doivent être soumis à un premier examen médico-légal à Kharkiv, plus au nord, avant de rejoindre les Pays-Bas à des fins d'identification.

Les victimes de la catastrophe aérienne ont été honorées samedi à la célèbre Gay Pride sur les canaux d'Amsterdam. Des collègues des spécialistes du sida morts dans le crash brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: "A la mémoire de nos collègues du MH17".

Six spécialistes du sida, dont l'expert néerlandais Joep Lange, se trouvaient à bord de l'avion de Malaysia Airlines. Ils se rendaient à une conférence sur le sida à Melbourne, en Australie.

La chute du Boeing, abattu par un missile le 17 juillet avec 298 personnes à bord dont 193 Néerlandais, a provoqué un choc dans le monde entier et conduit à l'introduction de sanctions contre Moscou qui touchent les secteurs vitaux de l'économie.

 

Tirs meurtriers à Donetsk

Les combats font rage dans l'Est, où l'armée tente de couper les séparatistes des zones frontalières. Elle est parvenue ces dernières semaines à les repousser autour de leurs principaux bastions: Donetsk, Lougansk ou encore Gorlivka.

Les forces ukrainiennes ont repris en 24 heures aux insurgés deux localités situées à une vingtaine de kilomètres à l'est de Donetsk : Krasnogorivka et Staromykhaïlivka, selon un porte-parole militaire ukrainien.

A Donetsk, des tirs d'artillerie d'origine indéterminée ont détruit plusieurs immeubles et une école. Une correspondante de l'AFP a vu le corps sans vie d'une femme sur les lieux.

Lougansk, ville qui comptait 500.000 habitants avant le début des hostilités, se trouve "bloquée et isolée" et "au bord d'une catastrophe humanitaire", a averti samedi le maire Serguiï Kravtchenko dans un communiqué. Il n'y a pas de couloir humanitaire sécurisé pour permettre aux habitants de quitter la ville pourtant privée d'électricité, d'eau et de communications, a-t-il dénoncé.

 
 

 

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