Ecosse: premier débat télévisé animé à six semaines du référendum sur l'indépendance

Débat entre les dirigeants des deux camps du référendum sur l'Ecosse mardi 5 aout 2014 à Glasgow: le Premier ministre ecossais, partisan de l'indépendance Alex Salmond (g) face à Alistair Darling (d), qui défend le maintien dans le Royamue Uni
 [Peter Devlin / Pool/AFP] Débat entre les dirigeants des deux camps du référendum sur l'Ecosse mardi 5 aout 2014 à Glasgow: le Premier ministre ecossais, partisan de l'indépendance Alex Salmond (g) face à Alistair Darling (d), qui défend le maintien dans le Royamue Uni [Peter Devlin / Pool/AFP]

Les dirigeants des deux camps du référendum sur l'indépendance de l'Ecosse se sont rendus coup sur coup mardi soir à Glasgow lors d'un débat télévisé animé à six semaines du vote, alors que les indépendantistes sont toujours très en retard dans les sondages.

Alex Salmond, le Premier ministre écossais partisan de l'indépendance, et Alistair Darling, président de la campagne "Better Together" qui défend le maintien de l'Ecosse au sein du Royaume-Uni, se sont affrontés pendant deux heures sur la scène du Conservatoire royal d'Ecosse devant un auditoire de 350 personnes et en direct sur la chaîne écossaise STV.

M. Salmond, qui avait exhorté en vain à plusieurs reprises le Premier ministre britannique David Cameron à descendre dans l'arène du débat télévisé, a tenté d'imposer son charisme et sa gouaille face à l'ancien ministre britannique des Finances, présenté comme un moins bon orateur.

Mais le dirigeant du camp du "non" s'est montré très offensif lors de ce face-à-face présenté par le modérateur Bernard Ponsonby comme "le plus important de l'histoire de la télévision écossaise".

Il a notamment marqué des points sur la question de la monnaie. Les indépendantistes désirent garder la livre Sterling mais ont été accusés par M. Darling de ne "pas avoir de plan B", alors que Londres ne cesse de mettre en avant les doutes pesant sur une telle union monétaire.

- 'Pas de deuxième chance' -

"Parfois il vaut mieux dire non, si l'Ecosse part, il n'y aura aucun retour en arrière possible, il n'y aura pas de deuxième chance. Dire non merci ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de changement", a ajouté M. Darling, renvoyant à la promesse de nouveaux transferts de pouvoir en cas de victoire du "non" lors du référendum du 18 septembre.

Quelques heures avant le débat, les dirigeants des trois principaux partis du Parlement de Westminster, les Conservateurs, les Libéraux-Démocrates et les Travaillistes, tous opposés à l'indépendance écossaise, ont de fait unifié leur engagement de fournir des pouvoirs accrus au Parlement écossais, en particulier dans le domaine de la fiscalité.

Cet engagement, résumé par le leitmotiv "dévolution plutôt que séparation", avait déjà été formulé ces derniers mois par les antennes écossaises des trois partis avant d'être opportunément mis en musique mardi.

"Je veux voir l'Ecosse prospérer et non de nouvelles barrières ou frontières", a encore dit le chantre du "non", s'inquiétant du vieillissement de la population écossaise et de l'épuisement à terme des ressources en hydrocarbures en Mer du Nord.

Costume sombre, cravate mauve, s'adressant souvent directement au public, Alex Salmond a, lui, insisté sur la volonté de créer une Ecosse à la fois "plus prospère et plus juste".

Mis en difficulté sur le terrain de la monnaie, il a contre-attaqué en sommant son adversaire de dire si, oui ou non, il pensait l'Ecosse "capable d'être un petit pays qui réussit". Malgré de multiples relances, M. Darling, flairant le piège, s'est refusé de répondre.

Cordiaux au départ, les échanges se sont progressivement échauffés au point de contraindre le modérateur à intervenir à plusieurs reprises.

M. Salmond a rappelé que l'Ecosse avait le plus souvent voté à gauche ces dernières décennies pour se retrouver au final avec un gouvernement conservateur à Londres.

Le dirigeant du parti nationaliste SNP a fait rire l'assistance en affirmant qu'il y avait plus de pandas au zoo d’Édimbourg (deux) que de conservateurs écossais à la chambre basse du Parlement de Westminster (un seul).

"En devenant indépendants, on aura le gouvernement pour lequel on aura voté", a-t-il résumé.

"Personne ne fera un meilleur boulot pour l'Ecosse que les gens qui y habitent", a-t-il martelé, conforté par un dernier sondage commandé pour le débat qui montre une progression du "Oui", même s'il reste, avec 40% des intentions de voix, très en retard sur le "non" (54%) avec 6% d'indécis.

Les données compilées par le Financial Times, qui fait la synthèse de tous les sondages, montraient de leur côté fin juillet que 48% des quatre millions d'électeurs voteraient pour rester sous pavillon de l'Union Jack, contre 36% qui seraient pour l'indépendance.

Un deuxième débat télévisé aura lieu le 25 août, retransmis cette fois par la BBC, alors que la STV s'excusait mardi soir des plantages à répétition de son site internet, sur lequel était également diffusé le premier face-à-face, en raison d'un "afflux sans précédent" de connexions.

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