Liban: retrait prévu des jihadistes d'Aarsal dans les 24 heures

Des blindés de l'armée libanaise dans la ville d'Arsal, dans le nord du Liban, à la frontière avec la Syrie le 6 août 2014  [ / AFP] Des blindés de l'armée libanaise dans la ville d'Arsal, dans le nord du Liban, à la frontière avec la Syrie le 6 août 2014 [ / AFP]

Deux cheikhs salafistes ont annoncé mercredi avoir obtenu le retrait dans les 24 heures de tous les jihadistes ayant pris le contrôle samedi de la ville libanaise d'Aarsal, et la libération des soldats et policiers aux mains des assaillants.

"Le cessez-le-feu a été prolongé jusqu'à jeudi 19H00 (16H00 GMT) à la suite d'un accord conclu entre le Premier ministre libanais, le commandement de l'armée et toutes les parties concernées. Les combattants présents à Aarsal ont commencé à se diriger au-delà de la frontière libanaise", a déclaré à la presse le négociateur cheikh Hossam al-Ghali, en quittant cette localité frontalière de la Syrie.

"Nous ne connaissons pas leur nombre et nous n'avons pas les moyens de vérifier mais le reste des hommes armés s'est engagé à se retirer totalement d'Aarsal dans les 24 heures. Ils ont demandé à ne pas être la cible de tirs durant leur retrait et si c'était le cas cela remettrait en cause toute la négociation", a ajouté l'autre négociateur Samih Ezzedine.

Une trêve humanitaire était en vigueur jusqu'à mercredi soir, ponctuée parfois de tirs d'armes automatiques, tandis que l'armée avait envoyé d'importants renforts autour de cette ville sunnite qui compte 35.000 habitants et 47.000 réfugiés syriens.

Les négociateurs ont par ailleurs annoncé que trois soldats avaient été relâchés mercredi par les jihadistes, qui retiennent encore 19 militaires et 17 policiers.

"Tous les prisonniers sont vivants et si les négociations sont difficiles, il y a des promesses claires et positives des groupes à Aarsal pour leur libération et j'espère que cela sera réglé jeudi", a précisé cheikh Ezzedine.

En contrepartie, aucune poursuite ne pourra viser "les civils syriens et libanais, nous nous engagés sur ce point auprès des combattants. C'est une ligne rouge", a expliqué cheikh Ghali.

Les combats dans la région d'Aarsal ont éclaté après l'arrestation samedi d'Imad Ahmad Jomaa, un chef du Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, selon une source militaire.

D'après l'armée, 17 soldats libanais et des dizaines de jihadistes sunnites ont été tués depuis dans les affrontements, et 86 militaires ont été blessés.

Selon le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), outre les militaires, 38 personnes ont péri et 268 ont été blessées dans les combats dans cette ville où sont recensés 35.000 habitants et 47.000 réfugiés.

"Les gens sont chez eux et ne peuvent se déplacer. La nourriture pour l'instant ne manque pas", a dit à l'AFP un édile joint par téléphone. Selon le moukhtar (agent municipal) Hassan Atrache, "les (jihadistes) du Front al-Nosra ont quitté la ville mais ceux de l’État islamique sont toujours présents".

Des blindés de l'armée libanaise dans la ville d'Arsal, dans le nord du Liban, à la frontière avec la Syrie le 6 août 2014  [ / AFP]
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Des blindés de l'armée libanaise dans la ville d'Arsal, dans le nord du Liban, à la frontière avec la Syrie le 6 août 2014

L'ex-Premier ministre libanais Saad Hariri, plus haut représentant politique de la communauté sunnite, a annoncé depuis Jeddah que le roi saoudien Abdallah fournirait à l'armée libanaise un milliard de dollars pour renforcer la sécurité du Liban.

Mercredi lors d'une conférence, il a précisé que l'argent serait disponible immédiatement et qu'il serait en contact avec le Premier ministre Tamam Salam, le gouvernement et l'appareil militaire et sécuritaire.

"Je vais examiner avec eux les programmes (...) pour pourvoir aux besoins urgents de l'armée et contribuer directement à l'approvisionnement pour lutter contre le terrorisme".

"Chaque fois que l'armée libanaise, les forces de sécurité intérieures (police) ou n'importe quelle force de sécurité légale au Liban feront connaître leurs besoins immédiats pour combattre le terrorisme, il y aura les fonds nécessaires", a-t-il assuré.

Fin décembre, Ryad s'était engagé à octroyer trois milliards de dollars à l'armée libanaise afin que celle-ci, faiblement équipée, puisse se procurer des armes françaises. Depuis, les discussions se sont enlisées sur l'établissement de la liste de matériel.

Le Liban a fait part mardi de son mécontentement devant le retard pris par la France alors qu'il a un besoin crucial de ces armes pour contrer les jihadistes dans l'est et se défendre dans le bastion islamiste du nord.

Le ministre libanais des Affaires Étrangères, Gebrane Bassil, est revenu mercredi à la charge. "Nous avons besoin d'une aide immédiate car nous sommes engagés dans la bataille".

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